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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Ven 2 Mai - 22:59


   
Même les paranoïaques ont des ennemis. C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus.


Le soleil perçait à travers les fenêtres de la chambre. Les oiseaux piaillaient de tous leurs saoul pour signifier qu’il faisait beau et qu’il était temps de se lever. La tête sous l’oreiller, ces gazouillait me percer les tympans. Ils ne pouvaient pas la fermer ces piafs ! Sérieusement j’essayer de dormir.  Mais c’était peine perdu. Plusieurs voix s’élevaient à l’extérieur. Les autres filles qui se levaient et commençait leurs remue ménages. Je m’étirai avant de me lever, encore dans la gaze. Ouvrant la fenêtre, je profitais de la brise matinale, avant de porter mon regard sanglant sur l’extérieur.

Je n’aimais pas cet endroit, tout me dégouter. Tous ces élevés qui faisait la lèche pour ne pas aller en prison ou que leurs parents soient fière en pensant les remettre sur le droit chemin. Les parents … A quel beau mensonge que l’amour parental, traitrise et mensonge oui. Je passai une main dans mes cheveux et me dirigea vers l’armoire. J’en sortis un slim noir, un débardeur noir lui aussi et une chemise à carreau rouge et noir. Déposant le tout sur le lit, direction la douche.

Les gouttes d’eau glissaient sur ma peau. L’eau chaude faisait de la buée et réchauffait l’ambiance de la salle de bain. Qu’est-ce que je foutais ici bon sang. La rue est bien plus accueillante que ce bâtiment remplis de délinquant. Qu’est ce qui se passerait si on se rebellait tous ? Je n’avais pas vu de police ou chose de ce genre ici.

L’eau s’arrêta et la serviette s’enroula autour de moi. Retournant dans ma chambre, je regardais les élèves déjà prêtent aller en cours. Un coup d’œil sur l’heure me signala que j’allai être en retard. Encore. Tant pis.

J’enflai mes affaires et me tourna vers mon bureau. Prenant une boite, je l’ouvris et entrepris de remettre les nombreux piercings sur moi en ajoutant la chaine qui relier ma lèvre et mon oreille. Je m’assis sur mon lit et enfila mes chaussures, tout en regardant mon emploi du temps. Ouai, cour avec une vielle mégère super.

Je pris mon sac, mon portable et sortis de la chambre. La sonnerie avait déjà sonné depuis quelques minutes et les couloirs se faisaient déserts. Trainant les pieds, je me dirigeai doucement vers ma classe que je crois n’avoir encore jamais vraiment rencontré.

j'arriva devant la porte, je ne pris pas la peine de frapper et entra. Alors que j’allais me diriger vers une place de libre, la prof m’arrêta.

« Stop mademoiselle … ? »

« Vous êtes prof ça serait la moindre des choses de connaitre le nom de ses élèves non ? »

« Ne prenais pas se ton avec moi.. » dit-elle en regardant ses papiers « Mademoiselle Missa Rosenwald »

Je ne répondis pas, plongeant mon regard dans le sien. Je ne sais si c’est la couleur de mes yeux qui la déconcerter le plus ou non mais elle poursuivit après quelques bafouillis.

« Etant donné vos quelques problèmes de comportements mais aussi d’intégration j’ai pris la liberté de vous prendre rendez-vous avec le professeur de sociologie tenez. »

Je pris la feuille dans les mains et la regarda en haussant les sourcils.

« Vous y aller et maintenant »

Chassé de la salle de classe je me retrouvai dans le couloir. Observant la feuille qu’elle m’avait donnée, je lus les pattes de mouches : Willi J. Hoffel, professeur de sociologie avec l’heure du rendez-vous et sa salle. Hoffel. Allemand non ? Je mémorisai le numéro de salle, mis le papier en boule dans mon sac et m’y dirigea.

Pourquoi est-ce qu’on m’envoyer là-haut ? Certes j’envoyais bouler tout le monde, je n’étais pas très causante et les cours je n’en parle pas. Mais je ne devais pas être la seule dans ce cas-là, et pourtant je pense être la première à aller vois un prof pour qu’il me serve de ‘’psy’’. C’était super. En tout cas je ne comptais pas m’éterniser, en plus j’avais envie de fumer, j’avais du sauter celle du matin.

J’arrivai devant la salle. Pareille que la première fois j’entrai sans frapper. Sans même regarder si le prof était là, je tirai une chaise, posa mon sac sur la table et m’assis. Je croisai alors le regard du prof. Après un long moment de silence je lançai.

« B’jour. »

Puis je détournais le regard, déjà ennuie d’être ici et essayant de trouver une occupation pour combler ce temps où j’allais devoir suivre un pseudo cœur seule. Je commençai à trifouiller dans mon sac ne me souciant absolument pas du prof comme si j’étais absolument seule.
   
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MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Dim 4 Mai - 13:32
« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine. » - Louis Aragon

Les premiers cours s'enchaînaient depuis maintenant quelques semaines. Ce n'était pas la routine, mais ça commençait à avoir de la forme. Sans doute un peu brouillon et avec quelques modifications à faire, mais son style de travail prenait forme. "Celui qui n'a pas enquêté n'a pas le droit à la parole". Un jour, il se le tatouera quelque part sur son corps, pour ne pas l'oublier. Ne pas oublier que malgré l'aversion pour son métier et pour ce qu'il représente comme autorité dite morale, il a un devoir. C'est peut-être la définition de l'enfer, avoir un ou des devoirs à accomplir. Celui qui est libre, est celui qui décide de vivre pleinement, parfois seul. Loin de là la volonté de prôner l'exclusion volontaire du monde, Willi songeait à toutes ces personnalités qui avaient choisi de vivre comme ça, pendant plusieurs années de leurs vie : Il pensait à Jack London ou encore à Thoreau, l'un comme un 'hobbo' allant de ville en ville, le second se retirant dans la forêt pour y vivre en homme libre. Mais cela ne lui permettrait pas de mettre du beurre dans ses épinards. C'est une obligation enfin de compte, quand il y pense.

La sociologie, c'est peut-être ça en fait. Faire de la sociologie dans un milieu rempli de détraqués, de tueurs, de voleurs, d'hypocrites notoires, de psychopathes, de schizophrènes...  Il était chez lui. Non pas que Willi soit lui-même un détraqué -quoi que cela serait à prendre avec des pincettes-, il avait la place dans le décor ou dans le déroulement de cette tranche de vie. Il n'avait pas le premier rôle, mais il était parfait pour le casting. Enseigner la sociologie à des sociopathes, c'est persuader un buveur de whisky de passer à la grenadine : C'est noble, mais ça reste lettre morte. Au-delà de tout ceci, Willi avait pris ses quartiers dans sa salle de classe, qui était devenu un peu son sanctuaire personnel : Il avait pris soin de redécorer les murs, d'agencer son espace personnel et de travail pour en faire son espace à lui. Provocant, il avait accroché un drapeau de la RDA sur le mur droit, juste au-dessus de son bureau. Sur le tableau, des citations diverses parsemaient l'espace, laissant quelques petits encarts pour écrire à l'intérieur, chose qu'il faisait rarement à part pour quelques schémas qui de toute façon, n'était pas recopié par les élèves.

La fin de la matinée approchait. Un creux horaire de deux heures, assez pour se reposer. Une pile de copies à corriger. Enfin des "copies", c'était vite dit : Bien que le système était stricte, Willi ne souhaitait pas noter de suite, préférant marquer des annotations ou en laissant des commentaires acerbes. Il fallait prendre le mal par la racine, c'est-à-dire être radical, soit aller au fond des choses. Alors qu'il était entrain de préparer sa pile de copie suivante, on frappe à sa porte. Il émit un son pour faire comprendre que l'on pouvait entrer. On déposa sur son bureau un dossier, en lui expliquant qu'il devait voir une élève à problème. Il haussa les épaules en prenant le dossier, qu'il ouvrit :

« Je ne suis pas un psychologue. Ce n'est pas à moi de faire ça, il faut... »

Il ne put finir sa phrase, la porte se claqua derrière lui. Il soupira, virant de son bureau les copies qu'il était entrain de corriger pour commencer à lire le dossier. Il était épais, retraçant un peu le profil psychologique de la dite personne, une jeune fille qui souffrait de... Willi referma le dossier, le laissant tomber sur son bureau, se prenant la tête à deux mains. Il se leva et ouvrit la fenêtre, sortant une cigarette. Il ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'on lui envoyait une élève, comme si il avait les compétences pour faire un condenser de règles de bonne conduite. Il tapota sa cigarette dans la paume de sa main, avant de la mettre entre ses lèvres. A ce moment là, le porte s'ouvre de nouveau. Il tourna la tête, voyant une ombre se faufiler et se glisser dans la salle et allant s'asseoir sans rien dire. Un silence, puis enfin des paroles. Il alluma sa cigarette, reprenant le dossier qu'il avait laissé sur le bureau pour feuilleter quelques pages. Puis, sans la regarder, il entra dans le vif du sujet :

« Missa Rosenwald. Allemande. Née à Francfort. Plusieurs délits majeur, a évité la prison. Jugé mentalement instable. Bref, t'es rien. »

Il n'attend même pas une une réaction, posa sa cigarette sur le rebord de la fenêtre, posa le dossier sur le bureau et se précipita vers elle, envoyant valdinguer son sac à l'autre bout de la pièce. Il remonta ses manches, laissant voir ses tatouages et tout l'reste, avant de poser ses mains à plat sur la table, la fixant.

« On t'as collé dans mes pattes. Tu as des problèmes d'intégration ? Des problèmes de comportements ? C'est quoi ta version de l'histoire ? Lances toi, j'ai rien d'autre à faire que de t'écouter de toute façon. »

Willi se redressa, croisant les bras, continuant de la regarder.

« A ta décharge, j'aime beaucoup tes piercings. Toi aussi t'as la petite chaînette qui donne un air de rebelle ? A défaut d'être à côté de tes pompes, t'as bon gout faut croire.»

Il fit quelques pas en direction de la fenêtre, reprenant la cigarette qu'il avait laissé sur le rebord de la fenêtre. Il était entrain de l'écouter parler, quand il se décida à l'interrompre brusquement :

« Cigarette ? »
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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Dim 4 Mai - 14:30


Même les paranoïaques ont des ennemis. C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus.


Une odeur de clope se rependit dans l’air. Le con il fumait. Mon envie de nicotine commençait à me marteler le crane, certes j’exagérai un peu mais bon. Je le regardai du coup de l’œil. Prenant un dossier sur son bureau, il le feuilleta avant de déclarer.

« Missa Rosenwald. Allemande. Née à Francfort. Plusieurs délits majeur, a évité la prison. Jugé mentalement instable. Bref, t'es rien. »

Je redressai légèrement la tête. Et regarda sa classe. Il devait vraiment bien kiffer l’Allemagne. J’en revins aux paroles qu’il avait prononcées. Bref, t’es rien. Je ne suis rien. A si seulement c’était vrai. Si je n’étais rien, si je n’étais personne, je mènerais ma vie pénarde en solitaire. Mais je suis quelqu’un étant donné que l’on m’a envoyé ici pour mon propre bien me disait-on. Conneries. Plutôt pour ce débarrasser de moi oui. A monsieur si vous saviez comme j’aimerais n’être rien.

Puis tout se passa très rapidement. Je vis juste le dossier se poser sur le bureau puis mon sac partir vers l’autre bout de la salle. Le prof se tenait face à moi, révélant les tatouages qu’il avait sur les bras. La vache, je ne pensais pas que c’était possible d’en avoir autant, il lui restait de la place au moins ? Fin bon après je n’avais pas envie de vérifier. Je tournai la tête vers mon sac, mes affaires éparpiller sur le sol. Mais quel con ce prof ! Mes yeux se plissèrent de colère, mes poings se serrèrent.

« Calme-toi »

Comme un baume, une chanson apaisante, la voix de mon frère me détendit. La colère partis presque entièrement.

« Pourquoi veux-tu que je me calme ? » dis-je intérieurement.

Pas de réponse. Très bien mais encore un truc de ce genre et je risquai de sortir de mes gons. Quand je revins sur terre, le prof me regardait droit dans les yeux, sans détourner le regard, je soutenais la confrontation visuelle.

« On t'as collé dans mes pattes. Tu as des problèmes d'intégration ? Des problèmes de comportements ? C'est quoi ta version de l'histoire ? Lances toi, j'ai rien d'autre à faire que de t'écouter de toute façon. »

Euh il lui prenait quoi là ? Moi aussi on me l’avait collé dans les pattes. Il voulait vraiment que je commence à lui déballer ça ? Il n’avait pas une tête de psy alors pourquoi on l’avait choisi lui ? Sérieux il avait plus une tête de fou furieux à ce moment précis.

« A ta décharge, j'aime beaucoup tes piercings. Toi aussi t'as la petite chaînette qui donne un air de rebelle ? A défaut d'être à côté de tes pompes, t'as bon gout faut croire.»

Cette fois, je fus surprise intérieurement. Ce prof envoyer mes affaires faire leur baptême de l’air, essayant de me mettre en coller et j’en passe et maintenant il me faisait … un compliment ? Bon je devais avoir que j’étais fière de mes nombreux piercings car ils avaient chacun une signification. Je me passai une main dans les cheveux et soupira légèrement. Je devais parler, même débiter des conneries si il fallait mais si je ne parlais pas on risquait tous deux de rester ici pendant un moment.

« Puisque vous le demander si gentiment … mais que vous dire ? Vous n’avez pas vraiment une tête de psychologue je trouve. Après moi je suis très bien comme ça, si je n’aime pas les autres c’est parce qu’ils me retardent, ils ne m’apportent rien. »

Oui pour moi, les autres n’étaient que des poids. On avançait mieux seul. J’avais Luis et cela me suffisait. Je n’avais pas besoin des autres.

« A et une chose.. »

« Cigarette ? » me coupa-t-il.

« Je veux bien, merci »

Je me levai et m’approcha de la fenêtre. Il avait l’air sympa ce prof, pourtant je restais sur mes gardes, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec lui. Je repris ma phrase.

« Je ne suis pas mentalement instable »

Je regardai le paysage par la fenêtre puis regarda les tatouages du profs et vit qu’il avait aussi des piercings. Tien, deux allemands accro du piercing dans la même pièce.

« Sympa vos tatouages et vos piercings, vous semblez vous aussi avec bon gout apparemment »

Soupirant je m’étirai. Je n’aimais pas vraiment être en compagnie d’autres personnes, cela me tendait. Les rapports que j’entretenais avec eux se constituer soit d’un simple bonjour, d’un regard ou alors de quelques coups dans la figure. L’odeur de la cigarette du prof venait me chatouiller le prof. Je ne savais pas si il avait vraiment m’en offrir une ou m’envoyer bouler mais bon.

« Attend de voir après on verra comment agir.. »

Très bien Luis je te fais confiance, comme toujours…


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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Dim 4 Mai - 22:47
« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine. » - Louis Aragon

On pourrait croire au début d'une mauvaise blague, un truc de mauvais goût. C'est l'histoire de deux allemands qui sont dans une salle de classe et... Vaudrait mieux ne pas imaginer la suite, parce que ça pourrait vraiment faire peur. Willi était distant, non seulement en tant que prof' mais surtout en tant que personne : Il faisait son boulot et ne voulait pas avoir d'emmerdes avec l'administration. Si on lui avait demandé de soigner un psychopathe qui se scarifiait, il aurait dit oui. Quelque part au fond de lui, il savait qu'il était un hypocrite de dernière instance... Car il se sentait concerné par tous ces ados qui avaient de gros, très gros problèmes. Non pas qu'il en est eu lui-même, il doit avouer qu'il y a toujours pire que sa propre petite vie, mais cela le touchait. Derrière cette apparence de colosse, il était sensible. Pas de la sensibilité à deux balles, c'était de l'empathie. Mais l'empathie ce n'est pas une qualité, quand l'on se retrouve avec des individus qui tuent, violent, frappent, massacrent des personnes juste parce qu'elles ont quelques petits problèmes... d'ordre psychologique. Mais c'était tout lui, il cherchait des réponses. Il devait résoudre des enigmes. Ce qu'il faisait plutôt très bien, sans se vanter.

« Je t'arrête tout de suite. Je ne suis pas psychologue, je suis professeur de sociologie. J'ai horreur des psychologues, des psychiatres et de toutes ces fumisteries qui vont avec. Dis moi quel est l'empaffé qui t'as envoyé ici en te disant que j'étais là comme assistante sociale. Moi aussi j'ai envie de faire chier les autres.»

Il sortit son paquet de sa poche, tapota légèrement dessus pour en sortir une cigarette et lui la tendit, avec son zippo. La sienne était entrain de de consumer depuis de longues minutes et il l'écrasa sur le rebord, en extirpant une autre de son paquet pour en profiter pleinement cette fois. Du moins il l'espère. Il la regardait du coin de l'oeil pendant qu'elle était entrain d'allumer sa cigarette : Oui c'était marrant cette passion soudainement allemande de vouloir se mettre des piercings et des tatouages partout. Vraiment une mauvaise blague, ou alors une chance incroyable de rencontrer deux personnes qui viennent du même pays, mais de générations différentes. Il repris son zippo, qu'il utilisa pour allumer sa cigarette, tirant dessus plusieurs fois.

« Sinon, ça fait combien de temps que t'es pas retourné en Allemagne. Je veux dire, ça fait combien de temps que tu n'es pas retourné chez toi ? Enfin si t'as un chez toi.»

Il quitta la fenêtre pour s'installer sur son bureau, laissant une de ses jambes branlante, l'autre lui servant d'appui. Il reprenait en main le dossier, feuillettant les pages à la volée, avant de la regarder avec insistance et replonger dans sa lecture semi-dilletante. La vie de Missa était un calvaire, non pas qu'il éprouvait de la compassion, mais qu'il essayait de comprendre les mécanismes qui l'avaient mené jusqu'ici. Mais comme il venait de le dire, il était avant tout prof' de sociologie et pas psychologue. C'était une grande différence pour lui, qu'il tenait à faire remarquer avec force.

« Oh, ces tatouages ? C'est un peu l'oeuvre de toute une vie. J'ai des tatouages depuis mes 19 ans. Après être allez en prison quoi... »

Il marqua un temps d'arrêt, la regardant avant de reprendre la lecture du dossier, faisant sortir des grandes trainées de fumées de ses narines. Il posa le dossier à côté de lui, remontant sa manche gauche pour lui montrer une petite inscription qu'il avait, coincés entre plusieurs autres tatouages. C'était écrit en caractère cyrillique assez fin :

« Cette inscription veut dire "Survivre". Parce qu'au final, c'est ça ta logique non ? Les autres sont des boulets et des obstacles, tu es dans une logique de survie et de sélection naturelle ? Si ils sont des boulets, il faut les éviter ou les tuer. »

Il fit redescendre sa manche avant de reprendre sa cigarette, fixant son bras en reboutonnant les boutons de sa chemise. Willi ne parlait que très rarement de son passé, non seulement parce qu'il n'en était pas vraiment fier, mais parce qu'il ne voulait pas passer pour un donneur de leçon.

« Sauf que cette logique va te mener à ton auto-destruction et crois moi que toucher le fond ne te mènera pas à la liberté : C'est illusoire comme manière de penser. Enfin bien évidemment, ce n'est pas à toi que je m'adresse, je m'adresse à... Comment il s'appelle déjà ? Ah oui, Luis.»

Il marqua un temps de pause, pour voir sa réaction, descendit du bureau pour faire face à l'étudiante, la cigarette au bout de ses lèvres, ses mains posés sur ses hanches en la fixant.

« Car si, tu est mentalement instable. Alors certes, la folie c'est une définition établi par la société vis à vis de certaines normes de comportements... Mais quand on entend la voix de quelqu'un dans sa tête, c'est de la schizophrénie. Cela dit, je ne t'en veux pas : Tout le monde fait comme toi, on se crée tous des images parfaites de nous-même, ou d'être que l'on aime. Sauf que certains poussent leurs délires jusqu'au bout et ont deux personnalités. T'en fais pas va, t'es peut-être une génie cachée quelque part.»

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MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Mar 6 Mai - 23:02


Même les paranoïaques ont des ennemis. C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus.


« Je t'arrête tout de suite. Je ne suis pas psychologue, je suis professeur de sociologie. J'ai horreur des psychologues, des psychiatres et de toutes ces fumisteries qui vont avec. Dis-moi quel est l'empaffé qui t'as envoyé ici en te disant que j'étais là comme assistante sociale. Moi aussi j'ai envie de faire chier les autres.»

Non mais il me prenait pour une conne ou quoi ? Franchement. Je savais pertinemment qu’il n’était pas psychologue mais prof de sociologie, je suis blonde pas conne quoi. Puis je devais dire que je fis un peu la sourde oreille à la suite de sa phrase, je n’entendais que des parcelles de mots, après tout je me fichais bien de savoir ce qu’il pouvait bien aimer, détester ou je ne sais quoi, je n’étais pas psychologue moi non plus ! J’entendis qu’il me demandait le nom de celui qui m’avait envoyé ici. Je ne m’en souvenais pas. Vu que les gens étaient des boulés pour moi, je ne prenais pas vraiment la peine de m’en rappeler, alors un prof, c’était le trou noir je devais dire !

« Je ne sais plus »

Coin de l’œil, je vis qu’il me tendait son paquet, dont une cigarette dépasser. Je la pris ainsi que le Zippo qu’il me tendait.

« Merci »


Je portai la cigarette à ma bouche et l’alluma puis je rendis le Zippo au prof. Regardant au loin, j’aspirai, sentent le fumé emplir ma bouche, la nicotine monter au cerveau. Dans un soupir, la fumée sortit de ma bouche et ce fut mon nez qui fut entouré de l’odeur du tabac. J’aimais cette odeur et l’effet placebo du tabac qui faisait croire que tout allait mieux, que l’on était détendit, zen. Pourtant je restais tendu a cote de cet homme.

« Sinon, ça fait combien de temps que t'es pas retourné en Allemagne. Je veux dire, ça fait combien de temps que tu n'es pas retourné chez toi ? Enfin si t'as un chez toi.»

Il se dirigea vers son bureau, le suivant du regard en tournant la tête, je le vis prendre à nouveau le dossier en main. Regardant les écrits puis me fixant et les regardants. Je reportai mon attention sur l’extérieur et tira sur la cigarette.

« Depuis que je suis ici sans doute une semaine mais réellement, je n’ai plus de chez moi depuis quatre ans »

Pour moi, la nuit où est mort Luis, mon chez moi a disparu, mes parents m’ont délaissés. Je ne venais chez moi que rarement, y cacher des armes ou autres, parfois venir prendre deux trois choses mais je dormais souvent ailleurs chez des gens de la mafia.

« Oh, ces tatouages ? C'est un peu l'œuvre de toute une vie. J'ai des tatouages depuis mes 19 ans. Après être allez en prison quoi... Cette inscription veut dire "Survivre". Parce qu'au final, c'est ça ta logique non ? Les autres sont des boulets et des obstacles, tu es dans une logique de survie et de sélection naturelle ? S’ils sont des boulets, il faut les éviter ou les tuer. »

Je me tournai totalement vers lui et aperçut le tatouage qu’il cacha par la suite. Qu’essayait-il de faire ? De me comprendre ? De me cerner afin de mieux me contrôler ? Mais il avait raison sur ce point, je sélectionner attentivement les gens qui restaient à coter de moi ainsi que comme dire leur durée d’utilisation.

« Oui, ainsi que leur durer d’utilisation »


C’était ainsi les autres pour moi sont des pantins, et je suis la marionnettiste de leur vie. Finissant ma cigarette, je la jetai par la fenêtre, suivant sa dégringolade vers le bas.

« Sauf que cette logique va te mener à ton autodestruction et crois-moi que toucher le fond ne te mènera pas à la liberté : C'est illusoire comme manière de penser. Enfin bien évidemment, ce n'est pas à toi que je m'adresse, je m'adresse à... Comment il s'appelle déjà ? Ah oui, Luis.»

Je me redressai comme une flèche. Mes mains sur le rebord de la fenêtre se crispèrent. J’avais bien entendu ce qu’il venait de dire ? Oui je n’avais pas rêvé. Il pensait être un model ce mec ? Je savais ce qui était bien pour moi mieux que personne. Mais ce que je venais surtout de comprendre, c’est que cet enfoiré pensait que Luis serait l’auteur de cette autodestruction, de cette illusion. Il se tromper totalement ce vieux.

« Luis, tu as entendu comme moi ? »

« Oui très bien Missa, je n’ai pas loupé une miette »

Je ne bougeai pas. Ce revirement de situation était inattendu. Mon sang bouillonnait. On ne parlait pas de luis dans ces termes.

« Car si, tu es mentalement instable. Alors certes, la folie c'est une définition établi par la société vis à vis de certaines normes de comportements... Mais quand on entend la voix de quelqu'un dans sa tête, c'est de la schizophrénie. Cela dit, je ne t'en veux pas : Tout le monde fait comme toi, on se crée tous des images parfaites de nous-même, ou d'être que l'on aime. Sauf que certains poussent leurs délires jusqu'au bout et ont deux personnalités. T'en fais pas va, t'es peut-être un génie cachée quelque part.»

Je me retourna, me retrouvant face a lui. Dans mon regard la haine avait pris place.

« Espèce d’enfoiré, pour qui tu te prend au juste ? Parce que tes prof tu te crois assez supérieur pour me donner une leçon, pour essayer de voir qui je suis vraiment ? Des con dans ton genre j’en ai vu et revu, ils disaient la meme chose que toi. Mais je sais qui je suis, ce qui est bon au mauvais pour moi. Mais ce que je sais surtout c’est que je ne suis pas folle. Tu auras beau debiter toute les conneries que tu veux de tes beaux manuels de profs cela ne changera pas mon opinion. »

Je m’approchai de lui. Il était bien plus grand que moi mais je m’en fichais. Je levai le visage vers lui.

« De plus la schizophrénie est caractérisée par des difficultés à partager une interprétation du réel avec les autres, ce qui entraîne des comportements et des discours bizarres, parfois délirants. De plus elle est souvent accompagné d'autres maladies psychiatriques : dépression, troubles anxieux, addictions. Hors tu sais quoi ? Je sais très bien distingué le réel du rêve et bizarrement je n’ai ni dépression, ni troubles ou addiction. Donc un dernier truc. Tu ne me connais pas donc n’essaye pas de discuter sur quelque chose que tu ne connais pas, que tu ne maitrise pas ! Luis n’est pas un mal, il est un bien. »

Je soutins son regard quelques secondes avant d’aller récupérer mon sac au fond de la salle. Pendant que je ramassais mes affaires, la voix de Luis se fit entendre.

« Ils essayent tous de nous séparer »


« Ils n’y arriveront pas, même ce taré de prof égocentrique »
dis-je sans me soucier de le dire a haute voix.



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MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Mer 7 Mai - 0:30
« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine. » - Louis Aragon

Un fil de rasoir, c'était sur quoi devait marcher constammant Willi quand il endossait son rôle de professeur de sociologie. C'est à dire qu'il lui fallait faire la part des choses entre un ressenti personnel et la pédagogie dont il devait faire preuve. Enfin, c'était plus un code d'ethique, mais il ne le respectait jamais, parce qu'il ne savait pas où et comment fixer la limite : Bien qu'il n'aimait pas son métier sous toutes ces facettes, il avait l'impression de changer le monde à sa façon, pierre par pierre, rencontre par rencontre... affrontement par affrontement. Ce n'était pas de la peur, ou du moins pas une peur dans le sens commun du terme. C'était plutôt une angoisse, de ne pas pouvoir agir totalement comme il le souhaitait. Fallait faire avec, accepter son sort. Willi était un peu résigné, sans doute parce qu'il perdait foi ne l'humanité. Il savait que c'était dangereux, mais qu'il ne pouvait pas lutter contre ce sentiment qui le prenait à bras le corps, continuellement.

Retour bref à la réalité. C'était long et chiant, il se forçait à maintenir une discussion qui n'allait que dans un sens. Il passait une fois de plus pour le vieux con moralisateur, celui qui donne son avis parce qu'il a de l'expérience et parce qu'il a un diplome qui lui permet de faire valoir son point de vue. Ce n'était pas lui malgré ce qu'elle pouvait bien en penser. Etre un professeur, être une autorité quelconque, c'est être un ennemi, rien que pour le rôle social et moral que l'on peut jouer au près des élèves. Willi en était conscient, mais c'était sa manière hypocrite à lui de dire "Mais je gagne ma vie comme je peux". La belle affaire.

« Ah ouais, quatre années ? Je pense que tu n'as pas trop de nostalgie. Tu n'es pas comme moi, t'as encore du temps devant toi.»

Remarque à l'emporte-pièce, comme si il allait être proche de la retraite. Il ne savait pas par quel côté attaqué, ni comment pouvoir la saisir complètement. Il se doutait bien qu'elle se fichait complètement de lui, de ce qu'il pouvait raconter : Même la cigarette offerte ne représentait rien, même pas un pacte de non-agression. Le conflit était inévitable, il le savait dès le moment où elle avait franchi la porte et avait choisi d'obter pour son attitude hautaine et nihiliste. Willi se pencha légèrement pour écraser la cigarette qu'il venait de terminer, quand une pluie de phrases courtes et souvent inaudibles se mirent à pleuvoir sur lui. Il resta de marbre, même quand la situation commençait à monter en pression.

« Je...»

Il essayait désespérement de pouvoir en placer une. Ce n'était pas comme si il faisait des monologues de 45 minutes à chaque fois. Mais voir un petit être nerveux faire deux têtes de moins que lui s'exciter devant lui, ne lui permettait pas de pouvoir avoir l'esprit serein et un minimum de concentration.

« Je... Je peux...»

Rien à faire, elle était partie dans son monologue. Essayer de l'arrêter ne servait à rien, vu qu'elle pensait être dans son plein droit. Il croisa les bras, ne la quittant pas du regard, avec un air amusé au début, puis moins sur la fin. Elle voulait faire peur et impressionner, mais c'est qu'il en avait vu avant et qu'il avait subi pire que ça. Il la laissait donc faire, attendant qu'elle finisse pour pouvoir en placer une. Quand son tour fut venu, il resta muet pendant une dizaine de seconde, fixant le sol, l'air pensif. Au fond, il pouvait comprendre sa position et même ce qu'elle disait, cela correspondait parfaitement à sa façon de penser et d'agir. Ce ne fut que sa dernière phrase qui fit un 'déclic', c'est à dire qui le fit sortir de ses gonds, pour être poli.

« Ta seule technique de défense est de te retrancher derrière le fait que je sois prof. C'est qui est d'une minable et prouve que tu n'as aucun argument valable pour contrer ce que je dis. Si tu étais capable de faire la différence entre le bien et le mal, tu ne serais pas ici, tu serais à l'extérieur et pas dans un internat avec des voleurs, des tueurs et tous les rebus de la société. Parce que c'est ce que t'es : T'es rien d'autre qu'une petite frappe à la recherche du grand frisson. »

Il pivota tout son corps pour foncer vers elle, envoyant la table en la retournant violemment. Alors qu'elle recula sous l'effet de la surprise, il fit plusieurs pas vers elle, pour la forcer à reculer, envoyant valdinguer les chaises et les tables dans tout les sens, continuant à la fixer, avec un air vraiment pas sympathique sur le visage. En fait, fallait pas le pousser à bout le père Willi, c'est un loukoum dans le fond, mais une brute de coffrage quand on le chatouille.

« Je te le redis, t'es rien du tout. Parce que ce que tu ne comprends pas là dedans, c'est que tu ne fais pas la différence entre le réel et l'abstrait : TU PARLES AVEC UNE VOIX DANS TA TETE ! Tu comprends ce qui va pas ? Quand on à un semblant d'emprise sur le réel, on accepte la mort d'un proche : On le laisse pas dans un coin de sa tête en pensant qu'il est toujours là. Tu peux appeler ça comme tu voudras, t'as le cerveau pourri. Enfin c'est pas de ta faute, c'est plutôt de celle de Luis. »

Tout en prenant le temps de dire ses paroles, il la poussait vers le fond de la classe, virant sur son passage les chaises et les tables, continuant d'avancer rapidement, la poussant à chaque fois qu'elle s'arrêtait pour voir si elle allait réagir.

« Là t'as pas de moyen de fuir, t'as personne qui va venir t'aider, t'attaque personne dans le dos pour le tuer ou pour le dépouiller : Y a d'un côté ton cerveau malade et de l'autre moi, un professeur complètement cramé. Tu tiendrais pas cinq minutes dans la vie réelle, ni même dans une prison. Ta petite définition académique de la schizophrènie ma grande, j'en ai rien à carrer : Quand on ne sait pas faire la différence entre une voix dans sa tête, une personne morte et l'impact qu'elle a sur notre vie et le réel, c'est être malade. Tu peux nommer ça comme tu veux, t'as un grain. C'est pas une insulte, c'est une réalité scientifique et bien réel. Mais vu que tu comprends rien au réel... »

Une autre chaise vole dans un coin, tandis que le mur se rapproche d'eux, ce qui ne l'arrête pas pour autant dans sa marche, ni dans sa volonté de la pousser jusqu'au dernier de ses retranchements.

« Parce que là tu peux te permettre de jouer la maligne entre ces quatre murs, mais si t'avais fini en prison hein ? Tu crois qu'avec ton charmant petit minois il te serait arrivé quoi ? T'aurais été maté par tes co-détenus, qui t'auraient d'abord tabassé, pour transformer en objet sexuel. Après ils t'auraient pété les dents pour éviter que tu les mordes et seraient à 5 pour te tenir tranquille si tu te rebellerais. Joue pas à la plus forte, c'est une réalité que tu ne connais pas. Alors un conseil : Joues pas au con avec moi.»

Le mur, enfin. Il l'avait acculé contre ce dernier, la poussant une dernière fois et se pressant face à elle toujours en la fixant, posant une de ses mains sur les murs, l'observant pendant un cours instant, sans rien dire. Puis il repris calmement.

« Dans ta petite logique mesquine de sélection naturelle, tu oublies un facteur important. Tu penses être le chasseur et les autres du gibier, sauf qu'il arrive toujours un moment où tu deviens du gibier et là... Là je peux te dire que tu commences à souffrir. Ta logique est nulle et non avenue, comme le cerveau malade que tu te trimballes. Mais tout ça, c'est uniquement de la faute de ce cher Luis... Ce squatteur parasiste.»

Willi fit quelques pas en arrière, écartant ce qui restait des chaises et des tables autour de lui, pour faire de la place. Il commença à déboutonner ses bras de chemises puis son col, retirant par la même occasion la cravate qu'il portait.

« Tu vois Missa enfin de compte je n'ai pas envie de t'en vouloir, c'est Luis qui te rend comme ça. Ce petite parasite qui t'utilise pour mettre à jour ses exhutoires. ALORS LUIS ? T'AS PRIS TON PIED A FAIRE LE CON HEIN ? SI TU VENAIS AFFRONTER QUELQU'UN DE TA TAILLE POUR UNE FOIS ? Montres toi si t'es vraiment un homme, j'ai tout mon temps pour t'apprendre la vie mon bonhomme.»

Il retira sa chemise qu'il posa juste à côté de lui et fit un signe de la main pour que Missa/Luis approche.

« Allez mon petit loup, c'est entre toi et moi maintenant. Je sais que je t'es enervé et j'attendais que ça. Si t'as du respect et de l'amour pour ta soeur, tu vas pas la laisser se faire insulter comme ça. Alors ramènes toi que je te fasse ta fête, ici et maintenant.»

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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Jeu 8 Mai - 17:05


Même les paranoïaques ont des ennemis. C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus.


Missa

Je ne comprenais pas. Pourquoi rejetais tous Luis ? Il n’était pas méchant, il était le seul qui avait été là pour moi, de son vivant et de sa mort…  Sans lui je ne serais peut-être plus là. C’est lui qui m’a donné la force pour vivre et avancé. Alors que j’avais perdu tout espoir, il était revenu vers moi, je n’avais pu refuser ce retour, c’était trop douloureux pour moi. Mes parents m’avaient délaissée. Ne m’offrant que des objets pour me consoler de la perte de mon frère, alors que ce dont j’avais besoin c’était de leur présence, de leurs amour. Ils n’avaient pas été là, peut être que si ils avaient été là, tout ce ne se serait pas passé. Je serais avec eux, et non ici à entendre tout le monde me dire que j’étais folle, que j’étais instable mentalement.

« Tu voudrais que je parte ? »

Je me figeai. Quand il était revenu, je m’étais dit que cela ne durerais sans doute qu’un moment qu’après je me ferai a sa disparition et qu’il partira pour toujours. Pourtant cela ne c’était pas produit. Pour moi, si Luis était revenu c’est que lui aussi voulait rester près de moi. Ne pas me laisser tomber comme le reste de mon entourage l’avais fait.

« Je ne t’abandonnerai jamais Missa »

« Moi non plus Luis.. »

J’aimais mon frère. Même si maintenant il n’était qu’une voix, une apparition, qu’il n’était pas en chair et en os avec moi, je l’aimais encore. Et je ne supportais pas les gens qui crachaient sur lui. Ils crachaient sur la tombe d’un mort, sur la mémoire de mon frère et je ne pouvais me le permettre. Ma confiance, revint. Je ne pouvais me laisser déstabiliser à chaque fois que l’on me parlait de Luis, perdre mes moyens, perdre le contrôle de mes émotions. Je devais croire en ce que je revendiquer. C’était la seule chose en quoi je croyais étant donné que j’avais arrêté de croire en l’espèce humaine.

Les autres pensaient peut être que ma vie était basé sur une illusion. Ma vie était un jeu dont je connaissais les règles et tant pis si ma destruction annonçait la fin du jeu. Je l’attendais.

Finissant de ramasser mes affaires et me releva quand j’entendis les dires.

« Ta seule technique de défense est de te retrancher derrière le fait que je sois prof. C'est qui est d'une minable et prouve que tu n'as aucun argument valable pour contrer ce que je dis. Si tu étais capable de faire la différence entre le bien et le mal, tu ne serais pas ici, tu serais à l'extérieur et pas dans un internat avec des voleurs, des tueurs et tous les rebus de la société. Parce que c'est ce que t'es : T'es rien d'autre qu'une petite frappe à la recherche du grand frisson. »

Je baissai la tête. Lâchant le sac sur le sol. Prof ou non c’était la même, personne ne pouvait comprendre. Le bien, le mal, y avait-il vraiment une différence ? L’un sans l’autre ils n’étaient rien. Pour exister ils avaient besoin de l’autre comme j’avais besoin de Luis. Étais ce cela ? Avais-je vraiment besoin d’adrénaline ? J’avais toujours été la plus casse-cou entre Luis et moi. Mais ce que je rechercher n’étais pas les frissons. Non c’était la vengeance, c’est pour cela que je ne tuer que des femmes. A part pour quelques exceptions.

Une table partis dire bonjour au mur. Le prof s’élança vers moi, me bousculant. Ne m’attendant pas à cela, je reculai, instinctivement, tout en gardant le regard baissé. Il continuait d’avancer, tout en poussant tout sur son passage. Mais aussi en parlant. Pour lui tout était de la faute de Luis. Pour lui Luis m’avait pourri le cerveau, c’était à cause de lui que j’étais ici et que j’étais ce que j’étais. Mais il ne savait pas, il ne savait rien, personne ne savait. J’allai répondre mais à quoi bon, il était lancé dans son idée. Je le laissai parler, pendant que je reculai car il me poussait vers le fond de la classe. J’étais comme une poupée de chiffon, avec laquelle on pouvait faire ce que l’on voulait. Je suivais la direction que le prof avait choisi, mon regard fixant le sol, sans rien ressentir.

« Parce que là tu peux te permettre de jouer la maligne entre ces quatre murs, mais si t'avais fini en prison hein ? Tu crois qu'avec ton charmant petit minois il te serait arrivé quoi ? T'aurais été maté par tes codétenus, qui t'auraient d'abord tabassé, pour transformer en objet sexuel. Après ils t'auraient pété les dents pour éviter que tu les mordes et seraient à 5 pour te tenir tranquille si tu te rebellerais. Ne joue pas à la plus forte, c'est une réalité que tu ne connais pas. Alors un conseil : Joues pas au con avec moi.»

La prison. J’avais voulu et y aller, et je le voulais encore parce que là-bas tout ce savait et que j’aurais peut-être pu la retrouver. Je me fichais de ce qui pouvait arriver à mon corps. Ce n’était qu’une enveloppe dans laquelle mon âme trouvait le refuge. Mon corps pouvait bien subir tout ce qu’on voulait, tant que mon âme, mon esprit ne se brisait pas, je serais toujours en vie.

Mon dos toucha quelque chose de froid et de dure. Le mur. Je sentais le corps de la perf près de moi, ses bras encadrant ma tête. Pendant un moment il y eu un silence. Un silence qui n’était pas embarrassé, c’était un de ces silences qui disaient beaucoup sans qu’aucune parole ne soit versée.

Proie, prédateur … les rôles s’inversaient à chaque fois, je le savais, il ne m‘apprenait pas grand-chose ce gars. Mais il traitait encore Luis de squatteur parasite. Je le sentis s’écarter, de moi. Toujours le regard baissé, je fermai les yeux. La suite des paroles furent brouillées.

« … je n'ai pas envie de t'en vouloir, c'est Luis qui te rend comme ça…petite parasite qui t'utilise…SI TU VENAIS AFFRONTER QUELQU'UN DE TA TAILLE POUR UNE FOIS ?... j'ai tout mon temps…entre toi et moi maintenant…Si t'as du respect et de l'amour pour ta sœur, tu vas pas la laisser se faire insulter comme ça… »

Mon dos se redressa. Que cherchait-il à la fin ?

« Laisse-moi faire Missa »

« Luis non, tu n’aies pas capable de … »

« Tait toi, comme il l’a dit, je t’aime Missa. Je n’ai pas envie que sa parte mal, je sais comment tu vas réagir et tu vas avoir cela sur la conscience. C’est en partie de ma faute que tu es là. »

« Non je l’ai choisi, c’est à cause de moi si … »

« Non tu n’as rien à te reprocher et puis tu serais morte toi aussi sinon. Même si il y a de forte chance que je ne sois pas de taille, je ne veux pas que tu te battre pour moi encore une fois et ne pas agir. »

L’emprise de Luis devint plus forte. A l’intérieur de moi, c’est comme si je me recroquevillais sur moi-même et qu’un autre prenais la place. Redressant le visage, la dernière chose que je vis, ce fut le prof, dévêtu de sa chemise. Mon regard croisa le sien. Je ne sus ce que mon regard transmis réellement puis je fus dans le noir.

Luis

Je n’avais jamais pris la possession entière de Missa. Je me l’étais toujours interdis et surtout parce que je n’en voyais pas l’utilité étant donné qu’elle se débrouillé très bien sans mon aide. Tant que j’étais là pour la soutenir tout allait parfaitement. Mais cette fois … Missa avait besoin de moi, je ne pouvais pas la laisser faire quelque chose qui tachera encore ses mains et cela à cause de moi.

Je savais que Missa faisait cela par acquis de conscience. Elle voulait se venger mais aussi s’enlever la culpabilité qu’elle avait sur les épaules. Qui sait peut être que quand Elle sera morte, je ne serais plus avec Missa ?

Le regard sanglant de ma sœur se posa sur le colosse qui faisait face.

« C’est comme ça que tu parles aux gens ? En les agressant ? »

Je le détaillai et rajouta

« Et en te mettant à moitié à poil ? Franchement tu aurais pu t’en passer. Tu n’étais pas obligé de te montrer ainsi à ma sœur meme si tu es bien conservé. »

Bien que c’était le corps de ma sœur, la façon de se tenir n’était pas la même. La voix était légèrement diffèrent aussi. Et les mimiques étaient bien différentes.

J’étais donc face à ce prof qui ressemblait plus au dernier film avec Godzilla. Je sentais encore la colère et la haine de Missa pourtant je ne pouvais me permettre que ce conflit parte mal. J’étais venu car j’en avais été forcé par l’autre singe, je n’aimais pas me montrer et prendre la personnalité de Missa, la changer ne serais ce pendant un temps. Mais je n’avais pas non plus envie de me battre, je ne voulais pas que le corps de Missa soit démoli.

Pourtant je devais avouer un truc qui me gênait assez. Entre ma sœur et moi, c’est elle qui savait frapper, ce défendre. Moi j’étais plus réfléchi. Mais on ne gagna pas tout le temps comme cela. Je m’avance vers le professeur puis m’arrêta dans une distance respectable entre nous deux.

« Que je veux-tu vraiment ? Tu n’as donc que cela faire de la mettre dans un état pareil ? Comme Missa l’a dit, tu ne sais rien, du pourquoi du comment. Tu ne sais pas comment nous fonctionnons, comme elle ou moi avançons. Comment pourrais-tu l’aider. Si tu as envie de l’aider. »


Je ne savais pas ce qu’il cherchait vraiment. Voulait-il guérir Missa ? Voulait-il que je parte ? Il y avait beaucoup de chance pour qu’il souhaite ma disparition de l’esprit de Missa. Mais pour le moment ce n’étais pas possible.


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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Mer 14 Mai - 20:29
« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine. » - Louis Aragon

La situation pouvait paraître comique, alors qu'elle ne l'était en aucune façon. D'un point de vue extérieur, on pourrait croire qu'il s'agit d'une partie de cache cache qui tourne mal, d'un règlement de compte sous haute tension, ou alors tout simplement d'un prof qui essaye de choper une élève. C'est vrai que ça n'avait pas franchi un instant l'esprit de Willi, que d'un point de vue purement extérieur, tout ceci pourrait ressembler ni plus ni moins qu'à une tentative... Enfin, tout était contre lui pour le coup. Peut-être n'avait-il pas assez réfléchi et pesé le pour et le contre, pourtant sur le moment, cela lui semblait être la meilleure des choses à faire pour essayer de faire bouger les choses. Heureusement, tout s'enchainait malgré sa gaffe, comme si c'était écrit et qu'il y avait un souffleur entrain de mettre en place le décor pour que cela fasse bien réel. Un ridicule ultime...

Willi devait se faire une raison, sur le fait qu'il était sortie totalement de son rôle de professeur sur le moment, puisqu'il était entrain d'essayer de provoquer un combat pour savoir qui arriverait à mettre l'autre à terre. Méthode peu orthodoxe, il faut bien le dire. Il avait l'air d'une brute comme ça, torse nu avec un regard noir, le regard des mauvais jours, le regard qui fait comprendre qu'il faut pas le chatouiller davantage. C'est à cause de ça qu'il avait été viré de partout, c'est qu'il refusait l'absurde et les solutions simples, préférant renverser ce qui était sur son passage, au sens propre et figuré. Faire table rase, avoir une vue d'ensemble pour prendre une décisions convenable. C'est ce qui s'était passé ici, il pouvait pas voir plus clair de là où il se trouvait. Il était au premier rang, tout le temps sur la brèche. C'était son problème, d'être constamment sur la brèche, tout ceci allait finir par lui attirer des ennuis et peut-être davantage... Nul n'est éternel.

« C'est pas marrant, je pensais que dans les transformations complètes de personnalités, il y avait une musique qui faisait peur, les pupilles qui changeaient... Quoi ? On est pas dans Yu-Gi-Oh ? Ah merde. »

Une petite touche d'humour grinçant, ça ne pouvait pas faire de mal dans cette situation. Il était détendu à l'extérieur, mais tendu à l'intérieur, il était entrain de se contenir. C'est là que toutes ces conneries sur chercher sa caverne intérieure, se réfugier dans un petit monde merveilleux, c'était juste bon pour fuir les problèmes et ne pas les affronter. Autant mettre les pieds dans le plat de suite et en affronter les conséquences. Willi Grosbaff, ça sonne allemand quand on s'y attarde d'un peu plus près. Puis ça rend bien, il y a pire. Petit monologue en face pour essayer de mettre de la pression, avec petite poussée vers l'avant, à quelques mètres. Willi croisa les bras, arcquant légèrement un sourcil : Si il y avait bien une chose qui le fera toujours rire jaune, c'est les petits branleurs qui ne sont même pas majeur qui racontent leur vie, comme si ils avaient vécu cent cinquante ans avant cela. Un réflexe de vieux, sans doute.

« J'ai une sainte horreur des intellectuels. Encore plus dans ce genre de situation. Tu crois que c'est ton intellect qui va te sauver de tout ça ? »

Willi haussa les épaules, détachant ses bras l'un de l'autre et regarda autour de lui, avec un sourire niais, montrant qu'il n'en avait rien à faire de ce qui pouvait être dit, ce qui comptait allait être les actions et pas simplement du vierbage pour tenter de justifer n'importe quoi. Au-delà de la stupidité, c'était sans aucun doute la chose qu'il détestait le plus, cette hypocrisie de croire que des mots valent mieux que quelques poings dans la tronche. Pour mettre tout le monde d'accord, il fallait équilibrer la balance, c'est donc lui qui fait le premier pas.

« Puis merde, tu me fatigues Arsène Lupin. »

Il fit deux pas en avant et décocha une droite rapide dans l'estomac de Luis/Missa, histoire de pas avoir à tangiverser pendant des heures. Avec ça, il était sûr qu'il/elle aurait le souffle coupé instantanément, ce qui lui laisserait un peu de temps pour définir quelques points qu'il n'avait pas pu aborder juste avant, dans sa furie. Il fit craquer les os de son coup puis se pencha légèrement sur sa 'victime', posant un genou à terre en la regardant se tordre de douleur. C'était pas jouissif, mais au moins il fermait sa grande gueule.

« C'est mieux, merci. J'vais allez droit au but, je me contre-fou de ton histoire, de la sienne et de ce que vous avez pu vivre. Tu connais rien de la vie, ni toi, ni elle. Alors ça impressionne peut-être le docteur X dans son fauteuil de cuir, mais moi je m'en tamponne les amygdales. T'es un poids et un boulet, ta soeur est persuadée qu'elle a besoin de toi pour vivre, alors que tu lui rends la vie impossible. »

Willi attrapa Missa/Luis par sa tignasse pour qu'il puisse les regarder, les secouant légèrement pour qu'ils se remettent de leurs émotions. Il fit un léger sourire, presque de manière sadique.

« Allez, la douleur va s'étomper dans pas longtemps, ça va aller t'en fais pas. Par contre, oublie pas une chose : Je t'ai à l'oeil, comme personne d'autre ici. Tu fais une seule connerie, tu fais un faux pas de travers, je m'occuperai de toi personellement. Je t'aime pas, t'es un parasite et tu dois être traité comme tel. Seulement... »

Il s'arrêta un court instant, relâchant la chevelure de Luis/Missa et se releva, faisant quelques pas en arrières pour reprendre sa chemise, qu'il était entrain d'enfiler de nouveau, commençant à fermer les boutons du bas, lentement, tout en les regardant :

« J'ai de la sympathie pour ta soeur. Elle a pas besoin d'un spécialiste ou d'un docteur en psychologie, mais de quelqu'un qui lui serve de cadre et qui lui fasse découvrir autre chose que ce monde merdique, rempli d'hypocrites qui ne veulent que la 'soigner' pour faire leur boulot. Vous aurez personne ici pour vous comprendre, moi si. »

Willi referma les derniers boutons de sa chemise, puis d'un coup de pied remis droit une chaise, posant son pied dessus et s'accoudant dessus, en regardant dehors.

« Tu peux considérer ça comme un service d'un compatriote à un autre et parce que j'en ai marre de la misère humaine. Ouais, c'est la complainte du vieux prof qui croit encore un peu en l'Humanité. »

Il fit pivoter sa tête puis les regarda de nouveau, attrapant sa chemise avec deux doigts de chaque côté avant de lâcher :

« ET ON NE SE BAT PAS AVEC UNE CHEMISE ! PUTAIN DE PETITE ECOLE ! »
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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Mer 21 Mai - 21:58


Même les paranoïaques ont des ennemis. C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus.


Luis

« C'est pas marrant, je pensais que dans les transformations complètes de personnalités, il y avait une musique qui faisait peur, les pupilles qui changeaient... Quoi ? On n’est pas dans Yue-Gi-Oh ? Ah merde. »

Une petite boutade, à ce moment-là ? Je secouai légèrement la tête et soupirant. Ce prof était vraiment étrange. En un sens Missa aurait peut-être fait pareille. Je ne comprends vraiment pas le besoin de faire de l’humour dans une situation pareille.

« J'ai une sainte horreur des intellectuels. Encore plus dans ce genre de situation. Tu crois que c'est ton intellect qui va te sauver de tout ça ? »

« Non, il ne servira à rien. Mais c’est à moi que tu en veux, c’est moi que tu veux frapper. »

Contrairement à Missa, je savais que je ne pourrais rien contre lui. C’était la deuxième fois que je prenais le corps de Missa pour mien, et j’avais pu me rendre compte qu’il perdait tous ses réflexes de combat quand je le contrôlais. Une droite rapide dans l'estomac fut la première frappe du professeur. Le souffle fut coupé pendant quelques instants. J’étais perdu et j’avais mal. Mais je n’avais pas envie de me défendre étant donné qu’en un sens je le méritais sans doute et puis, riposter ferait trop plaisir à cet homme. Je restai donc sur le sol, attendant que mon souffle revienne correctement.

« C'est mieux, merci. J'vais allez droit au but, je me contre-feu de ton histoire, de la sienne et de ce que vous avez pu vivre. Tu ne connais rien de la vie, ni toi, ni elle. Alors ça impressionne peut-être le docteur X dans son fauteuil de cuir, mais moi je m'en tamponne les amygdales. T'es un poids et un boulet, ta sœur est persuadée qu'elle a besoin de toi pour vivre, alors que tu lui rends la vie impossible. »

Je ne répondis rien. A quoi cela aurait il servit ? M’aurait-il seulement écouté ? Non, il m’aurait encore envoyé balader d’une claque dans la gueule. Je fermai un temps les yeux, quand je les rouvris j’étais face au professeur qui me tenait par les cheveux.

« Allez, la douleur va s'estomper dans pas longtemps, ça va aller t'en fais pas. Par contre, n’oublie pas une chose : Je t'ai à l'œil, comme personne d'autre ici. Tu fais une seule connerie, tu fais un faux pas de travers, je m'occuperai de toi personnellement. Je t'aime pas, t'es un parasite et tu dois être traité comme tel. Seulement... J'ai de la sympathie pour ta sœur. Elle a pas besoin d'un spécialiste ou d'un docteur en psychologie, mais de quelqu'un qui lui serve de cadre et qui lui fasse découvrir autre chose que ce monde merdique, rempli d'hypocrites qui ne veulent que la 'soigner' pour faire leur boulot. Vous aurez personne ici pour vous comprendre, moi si. »

Mon souffle revint correctement. Debout sur mes deux jambes, je le regardai. Il finit par parler de sa chemise …. A oui c’est vrai cette chemise. Me tenant le ventre, je m’approchai de lui m’arrêtant à une certaine distance de lui et le regarda.

« De compatriote a compatriote ? De Nombreux ‘’compatriotes’’ ont dit l’aider pour ensuite la faire dégringoler. Pourtant …. Aider là, si vous vous en sentez capables mais la tâche va être difficile, je ne risque pas de partir la sachant seule dans ce monde-là et elle ne voudra pas me laisser tomber. »

Une pulsion interne me secoua intérieurement sans que cela ce perçoive de l’extérieur.

« Aider la malgré tous les faux pas qu’elle va faire »


Missa

Je repris la possession de mon corps en un instant et tout ce passa très vite. Je n’avais pas perdu une seule miette de ce qui s’était passé. La douleur de mon estomac me saisit mais je passai au travers pour prendre légèrement de l’élan et envoya mon pied dans l’estomac du prof. Cette fois c’est lui qui reprenait sa respiration, j’avais sans doute frappé moins fort que lui, mais j’étais plus forte que je n’en avais l’air, surtout en colère. Je m’approchai de lui avant de poser mon dos contre le mur et regarda la salle. Luis voulait donc vraiment partir ?

« Pourquoi demander de l’aide à ce prof si tu dis ne pas vouloir partir », dis je en criant

Je fis de grandes enjambées et m’assit sur le prof encore allongé sur le sol. Je le saisis de mes deux mains par le col de sa chemise. Le forçant à me regarder dans les yeux.

« Pourquoi avoir de la sympathie pour moi alors que je vous ai traité sans aucun respect ? Pourquoi vouloir m’aider, seulement par patriotisme, parce que l’on ait allemand tout deux ? »

La colère, la confusion et des larmes naissantes ce lisait dans mes yeux. Je détestais perdre mon calme, c’était perdre tout contrôle. Je le lâchai et me relava. Une table vola puis un coup de poing partis dans le mur. Une douleur me lançait mais qu’importe. Je ne devais pas pleurer. Les larmes disparurent avant d’avoir coulé. Je fixai le mur toujours le poing dans le mur.

Je finis par baisser le bras et posa mon front contre le mur, fermant les yeux. J’en oubliai la douleur de ma main, de mon estomac mais aussi la présence du prof pourtant je déclarai.

"Si vous voulez vraiment aider, comment aller vous vous y prendre ?

Je ne savais si je devais apprécier ou non ce prof. Je le détestais pour avoir osé frapper pendant que je n’étais pas vraiment consciente mais aussi parce qu’il m’avait vu perdre le contrôle, entrer dans une colère, une confusion que je ne voulais montrer à personne. Mais je l’appréciais pour dire qu’il voulait m’aider. Mais je devais rester sur mes gardes bon nombres avaient dit cela et finalement non rien ait pour cela et avait simplement voulus m’envoyer derrière les barreaux.


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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Dim 1 Juin - 16:47
« Certains jours, j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine. » - Louis Aragon

La position du penseur de Rodin, en moins classe. Voilà comment il était à ce moment précis, après avoir passé ses nerfs un court instant. Calme et détendu, c'est ce qu'il faisait voir de l'extérieur, bien qu'il était en plein bouillonnement à l'intérieur. La main posé sur le plat de sa main, il regardait dehors, vers un point imaginaire. Il faisait abstraction de ce qui se passait, des mots qui volaient autour de lui, de l'agressivité qui se dégageait de Missa/Luis, de tout. La méditation servait enfin à quelque chose, trouver son soi intérieur avec sa petite caverne et ses secrets pour fuir... De la thérapie pour personne qui font de la fuite en avant. La fuite en avant, ça le connaissait.

Les explications continuaient, mais il n'écoutait plus. Il restait dans sa position, un pied posé sur la chaise, le coude sur le genou et la main posé sur sa main, entrain de regarder dehors. Rien, le vide et le néant. Il soupira lourdement, comme pour montrer qu'il était profondément en dehors de tout ça pour le moment et que discuter avec un mur, ne servait à rien et ne menait à rien de concret. Ses yeux tournèrent rapidement vers Missa/luis, quand le changement de personnalité se fit jour. il la fixa pendant un court instant, avant de détourner le regard, se concentrant de nouveau sur son point imaginaire. Il ne bougeait plus, tel un colossa il restait là, insensible au monde externe. La brutalité le rattrapa quand Missa lui décocha un coup de pied en plein dans le ventre, qui lui fit perdre l'équilibre : Il tomba lourdement sur le sol en même temps que la chaise, désarçonné par le coup. Il devait s'y attendre, mais n'y avait pas prêté attention. Encore légèrement sonné, le choc au sol lui fit réveiller son mal de tête et alors qu'il était entrain d'essayer de se relever, il se fit secouer comme un chiffon sur le sol pendant quelques instants, le regard hagard vers une Missa en rage. Quand elle le lâcha, il retomba de nouveau la tête la première, ce qui accentua davantage son mal de tête.

« Merde. Merde, merde, merde, merde, merde. »

Il porta sa main droite au niveau de ses sinus et ferma les yeux, pour tenter de contenir la douleur. Il lui fallut bien quelques instants pour se relever et secouer la tête de droite à gauche, se baculant légèrement en avant pour retrouver son souffle. Il sortit de sa poche de jean un tube d'aspirine et le tapota pour faire sortir un minuscule cachet. Il soupira, cela n'allait pas l'aider à faire passer son mal de tête. Tant pis, il l'avala et se releva doucement, faisant de même avec la chaise juste à côté de lui. Elle venait de briser son petit cercle, la zone de non-agression qui les séparait. Il donnaun léger coup dans la chaise à côté de lui et marcha rapidement vers Missa, la tirant en arrière violemment pour qu'elle se retrouve sur le ol, posant ensuite son genou au niveau de sa gorge, appuyant avec force, attrapant ses mains pour qu'elle arrête de se débattre. Il la regarda pendant un moment, armant son poig puis... Se ravisa. Il la fixait pendant encore un moment, puis se releva aussi sec, remettant son col de chemise correctement.

« Tu poses trop de questions. Risque d'y avoir des réponses à la con. »

Il commença à remettre un peu d'ordre dans sa salle de classe, remettant à l'endroit certaines tables et certaines chaises, comme si rien ne s'était produit depuis une demi-heure entre eux deux.

« Il y a un adage qui dit que "celui qui prend à l'impression qu'il donne". Arranges toi avec ça, si tu peux. »

Il la regarda rapidement, essayant de sourire, comme si son visage s'illuminait... Mais se fut d'une micro-seconde, car il redevint sérieux. C'est tout ce qu'il devait savoir pour le moment, pensait-il.
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Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel

MessageSujet: Re: Entre allemands on se comprend ! ...Ou pas. - Willi J. Hoffel Dim 8 Juin - 14:38


Même les paranoïaques ont des ennemis. C'est vrai, mais les paranoïaques schizophrènes en ont deux fois plus.


Il failli me frapper mais s’arrêta au dernier moment. Je le regardai dans les vagues pendant qu’il remettait de l’ordre dans la classe. Je restai contre le mur, l’observant sans vraiment le regarder. Physiquement je n’étais plus là. Je n’étais présente que par mon esprit qui bouillonnait. J’étais divisée entre plusieurs sentiments et cela me faisait perdre pied.

Je me demandais si les gens qui voulaient ou disaient vouloir m’aider était encore sincère maintenant. J’en avais tellement rencontré que certain devait juste dire cela pour faire plaisir à mes parents, leurs faire croire qu’une guérison était encore possible. Mais l’on ne pouvait guérir une personne que si cette personne était d’accord pour guérir, or je ne l’étais pas, je n’étais pas encore prête pour cela.

Et si je n’étais pas prête même une personne sincère ne pourrait rien n’y faire, j’étais perdu dans mon univers et cela me suffisait parfaitement pour le moment, alors pourquoi demander à d’autres gens de l’aide alors que je ne serais qu’un poids inutile, ne voulant pas guérir. Si je le voulais peut être que les autres thérapies auraient réussi, n’aurait pas duré si longtemps ….

Et puis ce prof, il voulait peut être soit disant m’aider car la direction le lui avait demandé, comment pourrais-je me confier à quelqu’un dont je ne sais pas les intentions. Mais il pouvait aussi bien être sincère … mais comment pouvais-je faire confiance à quelqu’un qui a bien failli me battre à mort ? Après je devais avouer que je n’avais pas été très coopérative mais tout de même …

« Il y a un adage qui dit que "celui qui prend à l'impression qu'il donne". Arranges toi avec ça, si tu peux. »

Il me regarda. Nos regards se croisèrent. Des sentiments contrèrent se déchirèrent en moi. Je me baissai et récupéra mon sac. Sans un mot, je sortie de la salle comme si rien ne c’était passé, comme si aucunes questions n’avaient fleuri dans mon esprit.

Je partis me demandant dans quelles circonstances je reverrais ce professeur …

END


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