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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Lun 7 Juil - 19:06

Salutations, collègue !




Voilà, c'était officiel. J'allais quitter mon Canada natal pour aller en France. J'avais postulé pour un poste d'urgence en tant qu'éducatrice dans un institut pour jeunes délinquants, et j'avais été prise. Mes années d'études de la langue française allaient enfin me servir on dirait … J'étais plutôt enthousiaste de pouvoir pratiquer le métier pour lequel j'avais étudié. Après tout, j'avais presque la trentaine maintenant ...Il était temps que je me trouve un boulot qui me plaisait entièrement. L'armée, ça avait été plutôt sympa, mais pas ce que je recherchais. J'écoutais plutôt les militaires se plaindre, je dressais leur profil psychologique et j'aidais à décider s'il fallait les rapatrier pour les soigner ou non. Là, j'allais être au contact, aider les jeunes à trouver des solutions pour retourner sur le droit chemin, les soutenir … Et pouvoir les examiner. J'avais délibérément choisi de postuler ici, parce que tous les internes étaient « cassés », comme je préférais le dire. Et ça, ça me fascinait. On m'avait prévenu d'ailleurs qu'il pouvait y avoir des risques de danger, mais ça … Je m'étais faite poignarder l'épaule, et tirer sur le flanc, je pense que ça ne pouvait pas être pire … Et de toute façon, maintenant, je savais me défendre.


Je me demandais comment ça se passait là-bas … J'allais rencontrer dès mon arrivée mon unique collègue éducateur. Apparemment, l'administration l'avait chargé de s'occuper de m'expliquer le déroulement de la vie à Kyrie, et de m'apprendre les règles à connaître pour que tout se passe pour le mieux. Une sorte de guide, quoi. J'espérais que cela le ne dérangerait pas trop. En tout cas, j'avais hâte de rencontrer les jeunes dont je serai responsable dès demain. Allais-je avoir droit à un schizophrène ? Un bipolaire ? Ou bien un … Bon, je devais calmer mon engouement … Après tout, j'étais encore dans l'avion, même s'il était en train d'atterrir … Je devais patienter encore vingt-quatre heures avant de les voir. Mon dieu, ça allait être long. Le voyage avait été plutôt fatiguant, et c'était plutôt positif pour moi. Je dormirai plus facilement et plus tôt cette nuit, ce qui raccourcirait le délai. Cette pensée me fit sourire, alors que l'avion venait de terminer entièrement son trajet. Eh bien voilà, ma nouvelle vie en France débutait.


Un taxi m'attendait à la sortie de l'aéroport de Marseille. Il était censé m'emmener au port de cette même ville, ce qu'il fit d'ailleurs. Là, je devais prendre un bateau spécialement affrété pour Kyrie. On m'avait dit de montrer ma carte d'identité, et le contrat de travail au poste de garde à l'entrée du souterrain. Une sorte de tunnel sous la manche, mais pour Kyrie ? Eh bien, pourquoi pas … La sécurité semblait vraiment impressionnante. Je ne connaissais pas l'histoire de l'institut, à part qu'il a été fondé sur une île artificielle au large de Marseille pour contrer la recrudescence de la violence chez les jeunes, et permettre ainsi aux habitants de se rassurer un minimum. C'était louable. Mais toute cette installation avait dû coûter une sacrée fortune. Plus que ce que je ne pourrais gagner en une vie en tout cas.


Effectivement, l'intérieur du tunnel était une vraie forteresse … C'était oppressant. J'étais un peu mal à l'aise, il fallait l'avouer. Ce n'est pas tous les jours qu'on se retrouve dans un tunnel sous l'eau, à moins de prendre l'Eurostar matin et soir pour aller bosser, et l'ambiance ferait un excellent décor pour un film d'horreur. Et puis, la moindre fissure, aussi minuscule soit-elle, pouvait avoir des répercussions apocalyptiques … Je regardais les murs à la recherche d'éventuelles faiblesses de la structure. Mais à ma grande surprise, c'était admirablement bien tenu. Tout était lisse et parfait … Cela créait d'ailleurs un étrange contraste. Je supposais que personne n'a réussi à s'échapper à ce jour. Ce n'était pas si mal, compte tenu de la nature de Kyrie. M'enfin, ce tunnel était à présent derrière moi, le trajet s'étant achevé, dans le calme et le silence le plus absolu. Ca ne plaisantait pas à la sécurité … C'était une autre ambiance qui s'offrait à moi à présent. Je ne saurai pas la décrire exactement, mais je dirais que c'est un peu le calme avant la tempête. Je m'y étais préparée de toute façon en postulant. Un grand bâtiment me faisait face. Le vigile qui m'avait accompagnée m'expliqua que c'était là que je devais me rendre. Le remerciant, je m'engageai à l'intérieur. Allez Eirin, c'est l'heure …


Quelques internes traînaient par-là. Ils ne m'accordèrent aucun regard, contrairement à moi. Je sentais l'impatience me gagner, essayant de deviner qui ils étaient, et me demandant si j'allais les avoir sous ma responsabilité. Apparemment, je n'aurai que trois jeunes sous ma responsabilité, ce qui quelque part était à mon sens à la fois dommage et pratique. Je pourrais davantage me rapprocher d'eux, mais ma curiosité sera probablement frustrée. Comme je papillonnais un peu, je n'avais pas vu la personne devant moi, et la percutai. C'était un homme plus grand d'au moins une tête que moi. Il avait les cheveux noirs et c'est tout ce que j'ai pu apercevoir, vu qu'il était de dos.



« Oups, excusez-moi, je n'ai pas fait attention. Vraiment désolée, je suis un peu pressée ... »


Sans m'attarder plus que ça, je continuai mon chemin, me sentant un peu gênée tout de même. J'allais devoir calmer mon excitation urgemment, sinon, je n'étais pas sortie de l'auberge, et d'autres situations comme celle-là pourraient voir le jour. J'atteignis finalement la porte du bureau des éducateurs … Là où j'allais travailler. Mon bureau. Enfin ! Je passai la porte : personne. Je devais être en avance, ou mon collègue en retard … Je pus faire le tour un peu de la salle. Il y avait même une plaquette à mon nom sur un bureau ! Et quelques papiers entreposés dessus, aussi. Probablement de la paperasse administrative, et quelques dossiers sur mes futurs internes … Fébrilement, un grand sourire sur le visage, je les ramassai, mais une voix dans mon dos m'empêcha de prendre connaissance de ces documents. Je me retournai pour faire face à mon interlocuteur. Merde, c'était l'homme que j'avais bousculé.


« Oui ? Oh c'est vous … Excusez-moi encore pour tout à l'heure. J'étais dans mes pensées, et je croyais être un peu en retard. Vous devez être mon nouveau collègue je suppose … Eirin Stegalkin, enchantée ! »


Je m'approchai de lui en souriant, lui tendant la main afin de le saluer. J'avais une poigne plutôt vigoureuse. Je pus voir son visage de face cette fois, et il avait vraiment l'air d'être l'archétype du bourreau du travail, à se surmener. Ou bien de celui qui se laisse dépasser par le travail et qui se fait malmener par les internes. Au choix, je ne savais rien de lui encore, je ne pouvais donc pas trancher. Il semblait avoir quelques cernes également. Je devais peut-être en avoir aussi, comme je n'avais presque pas dormi la veille et que le voyage m'avait relativement épuisée … Mais ma bonne humeur du moment masquait en grande partie ses effets négatifs.


« J'ai vraiment hâte de commencer à travailler ici, en tout cas. Je suppose qu'on va commencer par la paperasse administrative ? »


J'espérai ne pas trop le bousculer, mais actuellement, j'étais une vraie pile électrique, et je préférais d'abord régler les choses officielles avant d'apprendre à le connaître davantage. Au moins, ce sera fait comme ça !

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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Mer 9 Juil - 16:48



C’est une nouvelle journée qui commence à l’internat Kyrie et aujourd’hui j’avais vraiment hâte de commencer. Pourquoi d’ailleurs ?... Ah oui ! On m’avait annoncé hier que j’allais avoir un autre éducateur à mes côtés. J’allais enfin avoir un véritable collègue avec qui je pourrai partager nos expériences, nos méthodes de travail et j’en passe.  On ne m’avait rien dit de plus sur cette personne, ce qui avait pour effet de piquer au vif ma curiosité et de redoubler mon impatience. En tant que seul éducateur de l’internat, je me sentirai moins seul.

Sans attendre plus longtemps, je sors de mon lit et commence à me préparer. Deux heures d’avance ? Qu’importe ! Je voulais arriver le plus tôt possible. Je pars ainsi à la douche, me rase de près, revêtit un de mes costumes si classiques : chemise blanche avec un pantalon et une veste noire. Je parfais le tout d’une cravate assortit à mes yeux. En jetant un coup d’œil à la glace, je suis content de moi. J’ai plutôt bonne allure comme ça et comme on dit, la première impression est la bonne ! Je voulais vraiment que mon futur collègue m’apprécie. Des tensions entre nous pourraient vite nous rendre la vie impossible au travail. Je n’avais vraiment pas envie de ça.


« Portefeuille, téléphone, clés, thermos café,… Je pense que tout est bon. »


C’est muni de ma fidèle mallette en cuir noir et de ma paire de lunette que  je quitte mon lieu de résidence et me dirige à pas pressés vers la station de bus non loin de là. L’air est froid et humide, il est encore tôt. Je ressers mon manteau et saute dans le premier bus vers l’internat de Kyrie. Le trajet ne m’a jamais paru aussi long. Néanmoins je ne devais pas paraitre aussi excité face à mon collègue, il va me prendre pour un fou sinon. Non, je devais avoir l’air comme d’habitude : Plein de sang-froid et souriant. Pour les sourires aucuns soucis mais pour mon calme… Il va vraiment falloir que je fasse des efforts.

Enfin, le bus arrive à destination. Je descends rapidement et me dépêche de regagner mon bureau pour préparer l’arrivée du nouveau venu. J’espère que le bureau en face du mien a été nettoyé et débarrassé de ses anciens dossiers, sinon je m’en occuperai personnellement. Pas question qu’il arrive dans notre bureau avec son espace de travail encombré ! Une fois dans la salle des éducateurs je regarde le deuxième bureau de la pièce. A mon grand soulagement, il a été nettoyé et arbore fièrement une plaque avec un nom.


« Eirin Stegalkin… » Lis-je à mi-voix.


Alors ainsi il s’agissait d’une fille ? Eirin c’est féminin non ? Je me demande de quelle origine elle est. Je remarque également une pile de papiers administratifs sur un coin de son bureau. Ce doit-être ces fiches d’emplois. Je lui demanderai plus tard si elle veut de l’aide pour les remplir. En attendant, je dépose mes affaires : veste sur le dossier de chaise, mallette au pied du bureau et café à la main. D’ailleurs… Pourquoi mon thermos est vide ?! Ne me dites pas que j’ai oublié de le remplir ce matin…


« Crap… »


Je quitte alors la pièce et pars à la salle des professeurs pour me faire du café. Pas de café, pas de survie. D’ailleurs pourquoi il y avait une machine là-bas et pas dans mon bureau ? Depuis que je suis ici, l’achat de café à facilement doublé voir triplé ! Il est normal que j'en possède une aussi. Je verrai si je peux avoir la machine… En attendant je dois remplir mon thermos ailleurs que dans la salle des éducateurs. Sur le chemin du retour, je m’autorise à me boire une tasse. Mais alors que j’avance avec mon café aux lèvres, je me fais soudainement bousculer. Je renverse ainsi le thermos par terre et ma tasse sur ma chemise blanche.


« Oups, excusez-moi, je n'ai pas fait attention. Vraiment désolée, je suis un peu pressée ... »


L’individu maladroit part aussi vite qu’il est venu me laissant seul, hébété et surtout trempé. Je regarde mon précieux graal s’enfuir sur le carrelage blanc. Il… Je… L’autre n’a pas… Des envies de meurtres me vinrent inexplicablement. Mon café ! Quel gâchis. Et ma chemise ! Super la première impression, un gros crasseux et un porc.  Malheureusement je n’avais pas de vêtement de rechange. Je suppose que c’est le destin et sa fatalité… Il en résulte tout de même qui si je retrouve schtroumf maladroit, il va passer un sale quart d’heure ! C’est ainsi que j’aide la femme de ménage à nettoyer tout en m’excusant du dégât et que je repars me servir du café.

J’arrive enfin devant mon bureau et sans tasse de café cette fois, c’est plus prudent.  Comment allais-je faire pour me présenter avec ma grosse tâche ? La première impression risque d’être… entachée… Avec ma chemise anciennement immaculée, j’étais loin d’avoir fière allure. Je la cacherai avec ma veste avant que ma futur collègue d’arrive. Je veux faire bonne figure ! Mais alors que je pousse la porte du bureau, je l’aperçois ! C’est lui ! C’est lui qui m’a bousculé ! Enfin elle… Puis qu’est-ce qu’elle fait dans mon bureau ? Attendez, ne me dites pas que…


« Oui ? Oh c'est vous … Excusez-moi encore pour tout à l'heure. J'étais dans mes pensées, et je croyais être un peu en retard. Vous devez être mon nouveau collègue je suppose … Eirin Stegalkin, enchantée ! »


Plus aucun doute, la personne que j’avais envie de tuer y'a cinq minutes est la collègue que je voulais fièrement accueillir. Du coup je suis… partagé. Bah, elle ne l’a pas fait exprès, puis elle s’est excusée non ? Je devrais lui pardonner, même s’il s’agissait quand même de café ! Voyant sa main tendue vers moi, je la saisis et la serre pour la saluer, faisant ainsi une trêve muette.


« Warren Connor, je suis ravi de vous accueillir ici Stegalkin. Bienvenue à l’Internat Kyrie. » Annonçais-je en souriant.


Maintenant que nous nous sommes officiellement présentés, j’en profite pour l’observer. J’avais en face de moi une jeune femme au  physique plaisant et aux étranges cheveux roses. Ça avait l’air d’être quelqu’un original. J’avais hâte de la connaitre. Peut-être deviendrons-nous amis ? Pour l'instant de devais avoir l'air sympathique... et cacher cette tâche!


« J'ai vraiment hâte de commencer à travailler ici, en tout cas. Je suppose qu'on va commencer par la paperasse administrative ? »


« Oui, j’ai vu que vous aviez des papiers sur votre bureau en arrivant ce matin. Si vous voulez je peux vous aider à les remplir. Après je vous montrerai le secrétariat. C’est là où vous devez rendre vos papiers. J’ai aussi une carte de l’établissement pour vous si vous voulez y aller seule. Je vous en donne une ? » Demandais-je avec mon léger accent anglo-saxon.


Sans même attendre qu’elle me réponde, je pars ouvrir ma mallette à deux pas d’ici et fouille dedans à la recherche de la dite carte. Une fois que je l’ai, je me retourne vers la photocopieuse et commence à en faire une copie avant de la tendre à ma collègue.


« Voilà. Si vous avez le moindre problème ou la moindre question. N’hésitez pas, je serai heureux de pouvoir vous aidez. »




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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Jeu 10 Juil - 7:10

Where do you come from, sir ?




Avoir un nouveau collègue, ce n'était jamais facile, surtout quand il était le seul que vous pouviez avoir. Si vous étiez fondamentalement différent de lui, Cela pouvait mal se passer, et l'ambiance risquait d'être particulièrement exécrable. Ce n'était pas vraiment la meilleure atmosphère possible, surtout lorsque vous devez travailler en équipe. Et là, c'était à moitié le cas. Le rôle d'un éducateur ne se cantonnait pas à interagir avec ses « patients » si on pouvait les appeler comme ça. Derrière, il y avait tout un travail d'organisation, de préparation, de dialogue entre éducateurs, de la planification pour un encadrement personnalisé, de l'analyse … Et l'aide d'un collègue était toujours appréciée, pour avoir son avis par exemple, pour partager des méthodes de travail, ou par moments dépanner, en cas d'absence urgente. J'espérai que le mien soit du genre plutôt aimable et ouvert. Au pire, je m'adapterai, et j'essaierai de faire en sorte que la coexistence dans ce bureau se fasse le mieux du monde. Après tout, je n'étais pas difficile à vivre … Excepté les mauvais jours. Là, je pouvais avoir un sale caractère, quelque chose de bien. Mais aujourd'hui, il faisait beau, les oiseaux faisaient cui-cui, les abeilles bizz bizz, les chats miaou et le lama rrrRRRH PTOU ! J'étais dans un excellent jour.


Pour le moment, je me plaisais plutôt bien ici. Evidemment, je n'avais pas encore tâté l'ambiance entre le corps enseignant, ni même avec les internes, mais ça allait venir. J'étais plutôt confiante sur ce point. Je m'adaptais facilement à toutes les situations, c'était une de mes qualités. Et puis, qui vivra verra de toute façon ! En attendant, Kyrie était bien plus propre que ce dont à quoi je m'attendais au départ. Propre, et sécurisé. Il y avait pas mal de vigiles, qui assuraient la sécurité de tous. Il ne fallait quand même pas oublier que la plupart des internes ici sont des meurtriers ou ce genre de choses, prudence était de mise. Curieusement, ce danger, bien plus élevé qu'à l'armée, m'attirait en quelque sorte. Je me disais, plutôt innocemment et naïvement je l'avoue, que je pouvais aider ces jeunes à se remettre sur le droit chemin, et recommencer leur vie, loin de tous leurs soucis d'avant. Mon travail n'était pas de les faire se sentir mieux, mais plutôt de convertir leur mauvaise énergie en quelque chose de bon. Il y avait bien sur une part de psychologie là-dedans, et je me devais d'être là pour les écouter, mais il y a aussi la pratique. Des exercices, des activités … Tout un tas de choses. C'était long, et souvent fastidieux. Il n'y avait pas de méthode universelle, car chaque personne prise en charge était différente. Là était toute la beauté du métier. Nous étions au service de chaque individu qui en avait besoin. Nous étions pour la plupart leur seul et unique soutien. Et ce que l'on retire comme sentiment lorsqu'on voit que notre travail a porté ses fruits, ça n'a pas de prix. Et pour tout le reste, il y a Eurocard Mastercard, oui oui, humour.


Mes pensées furent interrompues lorsque j'avais bousculé l'homme, qui se révéla être Warren. Ce que je n'avais vu que trop tard, c'était qu'en le poussant involontairement, j'avais renversé quelque chose qu'il tenait en main. Du liquide. Je l'avais remarqué du coup en entrant dans la salle des éducateurs, car j'avais une petite tâche sombre sur un coin de ma botte. Oups. Quant à Warren, les dégâts étaient un peu plus … conséquents. J'avais ruiné sa chemine. S'il était venu sans en changer, je supposais que c'était car il n'en avait plus. D'un coup, je me sentais coupable et je culpabilisais un peu.



« Je suis vraiment désolée, encore une fois, pour votre chemise … J'aurais dû faire plus attention. Pour me faire pardonner, je vous paierai un autre café tout à l'heure. »


C'était la moindre des choses, et tout ce que je pouvais faire de toute façon. Il n'avait pas l'air de m'en vouloir en fin de compte, c'était plutôt positif. Il avait l'air appréciable en tout cas, et très gentil. Je lui rendis son sourire en hochant la tête lorsqu'il me souhaita la bienvenue. Je pus le détailler un peu plus. Il avait de très jolis yeux verts en tout cas. J'aimais beaucoup les yeux verts, surtout sur une femme. Mais c'était une bonne chose qu'il soit un homme, cela faisait de la variété dans le métier ! Et puis, c'était toujours amusant de voir que la parité était respectée. Un éducateur, une éducatrice. Ca allait peut-être jaser chez les adultes et chez les internes, mais je m'en fichais. La situation avait de quoi s'y prêter. Cela me faisait penser à certains scénarios de séries ou de films, où la nouvelle collègue vivait une histoire d'amour avec celui qui l'a accueillie. Dommage pour Warren, je n'étais pas intéressée par les hommes. C'était comme ça, depuis la primaire, j'ai toujours aimé les filles. M'enfin, cela n'allait pas m'empêcher de me rapprocher de lui tout de même, il avait l'air d'être un type bien, autant s'en faire un ami, non ? Il m'expliqua d'ailleurs que les papiers sur mon bureau étaient effectivement de la paperasse administrative, et il me proposa son aider pour les remplir. Ma foi, fort galant de sa part ! Oh, et une chose amusante, j'avais cru entendre un brin d'accent anglais dans sa voix. Alors lui aussi était originaire d'un autre pays que la France ? Intéressant.


« Eh bien je ne dis pas non pour votre aide, c'est très gentil, merci. Je veux bien un plan, il me sera utile en effet. Je pourrais l'apprendre par cœur comme ça ! »


Je souriais chaleureusement, et pris la carte qu'il m'offrit. Toute chaude, sortie de la photocopieuse. Ah, j'aimais bien cette douce chaleur des documents qui venaient de sortir … Mais je m'égare. En l'étudiant un peu, je vis que Kyrie n'était au final pas très compliquée à saisir dans son mode de fonctionnement. Tout était rangé par « compartiments », et il était plutôt aisé de s'y repérer, une fois qu'on en a fait le tour une ou deux fois. Tout en examinant attentivement le plan, je lui adressai la parole de nouveau.


« Dites … Vous ne viendriez pas d'Angleterre par hasard ? J'ai cru entendre un léger accent british quand vous parliez … Ca serait sympa comme coïncidence ! »


Je vis sur le plan les zones résidentielles. Tiens ? Il ne m'avait pas semblé apercevoir de maisons, alors que pourtant, j'aurais dû les voir …


« Euh, j'ai une question … Les logements, ça se passe comment ? Je n'ai pas aperçu de maison en arrivant, à l'endroit indiqué par le plan … J'ai raté quelque chose ? Ou je me suis peut-être trompée dans mon sens de l'orientation ... »


Je continuais d'approfondir mon apprentissage du plan, écoutant mon collègue. Puis, je le rangeai, direction les papiers administratifs. Je m'installai à mon bureau. La chaise était confortable, en faux cuir, réglable en hauteur, tournante, et à roulette. Parfaite. Eh bien ma foi, mon travail ici s'annonçait fort plaisant après tout !


« Alooors, ces papiers … Un exemplaire du contrat de travail … Les papiers pour la carte du réfectoire … Les infos et pièces à fournir pour le salaire … Je pourrais me débrouiller pour ceux-là. Par contre, j'accepte volontiers un coup de main pour le reste, si ça ne vous dérange pas. J'avoue que j'ai un peu de mal avec l'administration française, c'est mon tout premier jour dans ce pays ... »


Je le regardais un peu. Oui, il avait vraiment l'air du bourreau du travail, avec sa mallette impeccablement rangée, ses feuilles triées avec minutie, ses dossiers classés avec parcimonie … Même ses lunettes lui donnaient l'air un peu « premier de la classe ».


« Ca n'a pas été trop dur sinon pour vous votre arrivée à Kyrie ? Pas d'éducateur sur place, alors je suppose que vous avez dû vous débrouiller tout seul … Et d'ailleurs, pourquoi vous avez choisi de venir travailler ici ? Vous habitiez déjà en France ?  Désolée si je suis un peu indiscrète, mais puisque nous allons être collègues pour un bout de temps, autant profiter de notre rencontre pour discuter, non ? D'ailleurs, ce café, vous le préférez maintenant ou plus tard ? »


Oui, ma méthode était assez directe, mais je n'avais jamais réussi à l'être moins. Et puis, quel mal y avait-il à apprendre à connaître les gens, de toute façon ? Faire de la paperasse, c'était chiant et pénible. Tous les moyens pour rendre l'expérience plus agréable était bonne à prendre. Je remplissais mes papiers « personnels », ceux qui requéraient des informations que Warren ne pouvait pas connaître quoi, tout en le regardant de temps en temps, par politesse, un sourire chaleureux dessiné sur mes traits. En tout cas, sa compagnie était agréable, jusqu'ici. Heureusement qu'il était là pour m'accueillir, je me serais sentie bien seule et perdue sinon ...

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MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Lun 14 Juil - 21:28




La jeune maladroite face à moi remarqua les dégâts sur ma chemise. Il faut dire que l’énorme tâche sombre était loin de passer inaperçue sur ma chemise anciennement blanche immaculée. Et moi qui voulais la cacher à temps sous ma veste c’est loupé. Maintenant ma collègue semble vraiment culpabiliser. Certes pour moi le café était précieux mais pas au point d’accabler la jeune femme. Je m’en referai d’autre. Ce n’était qu’un accident.


« Je suis vraiment désolée, encore une fois, pour votre chemise … J'aurais dû faire plus attention. Pour me faire pardonner, je vous paierai un autre café tout à l'heure. »


« Ne vous inquiétez pas je ne vous en veux pas et… Qu’est-ce que vous avez dit ? »


Elle voulait m’offrir un café, mon pêché mignon. Comment détester cette femme ? Je sens que nous allons bien nous entendre tous les deux. Si elle me fournit mon précieux graal, nous serons les meilleurs collègues du monde sans problèmes. Remontant les lunettes sur le haut de mon nez, j’essaye de contenir ma joie et mon sourire fanatique. Je devais garder mon sang froid sinon elle me prendrait pour un fou mais c’était plus fort que moi cette addiction au café.

Je me souviens, lorsque j’avais 6 ans, mon père travaillait dans son bureau. Il se penchait sans relâche sur des stratégies économiques  pour l’entreprise et en bon petit fils à son papa, je le regardais faire. Il me disait souvent : « Tu vois Warry, un jour c’est toi qui fera ça », ce à quoi je répondais : « Mais papa, ça a l’air ennuyeux tous ces chiffres. Ce n’est pas amusant et tu as l’air fatigué». Là il rit et me prit sur ses genoux avant de me désigner une tasse fumante d’un étrange liquide noir.  « Si j’arrive à tenir c’est grâce à ça. »; « Qu’est-ce que c’est ? Je peux goûter ? »;  « C’est du café et je crains que tu n’apprécies pas vraiment son gout amer… »
Comme pour lui montrer mon courage, le petit garçon que j’étais se mit à boire à grandes gorgées… Juste avant de lâcher la tasse dans une grimace. Et oui, comme tout le monde je n’aimais pas cette fameuse boisson la première fois. Le rire de mon père à ce moment-là est encore gravé dans ma mémoire. J’ai recommencé à en boire quand je suis rentrée à l’université d’Oxford et comme promis, cela m’a permis de tenir de longues nuits de révisions.


« Un café ? Avec grand plaisir. Celui de la salle des professeurs n’est pas fameux mais j’ai vu qu’en ville il y avait un bar plutôt sympa qui propose une formule café-viennoiserie pour pas grand-chose. Si vous êtes d’accord, j’aimerai en prendre un là-bas un de ces quatre en espérant que le café soit meilleurs que l’instantané que je consomme habituellement. »


J’étais heureux, c’était une bonne opportunité pour me rapprocher de ma collègue afin de faire connaissance et de pouvoir éventuellement être amis. Je ne pouvais rêver mieux comme relation au travail, si on s’entendait bien c’était parfait. Une bonne ambiance au travail était réputé bénéfique pour ce dernier et j’étais persuadé que c’était vrai. J’avais tellement hâte d’être épaulé dans mon métier avec quelqu’un de surement plus expérimenté. Je suis sûr que je pourrai en apprendre encore plus sur ce métier qui me passionnait tant. La jeune femme me ramena sur terre lorsqu’elle m’adressa de nouveau la parole.


« Dites … Vous ne viendriez pas d'Angleterre par hasard ? J'ai cru entendre un léger accent british quand vous parliez … Ca serait sympa comme coïncidence ! »


Il s’entendait tant que ça alors ? Je souris. Mon séjour en Angleterre avait laissé des traces. C’était amusant. Pour ma part, il m’avait aussi semblé déceler un léger accent venant des contrées froides du Canada.


« J’en reviens d’il y a maintenant plusieurs années. Mes parents sont français et anglais ce qui fait que je suis entièrement bilingue à présent. Je ne savais pas que mon accent m’avait suivi en français après ces quelques années… Pour ma part j’ai aussi remarqué le vôtre, Canada non ? »


En attendant sa réponse, je vis que ma collègue fronçait les sourcils en parcourant le plan : un problème ? Je m’approche lentement d’elle et fixe la carte dans l’espoir de trouver l’objet de son trouble. Je ne voyais pourtant rien d’anormal. Elle me coupa dans ma réflexion et me donna la réponse à ma question.


« Euh, j'ai une question … Les logements, ça se passe comment ? Je n'ai pas aperçu de maison en arrivant, à l'endroit indiqué par le plan … J'ai raté quelque chose ? Ou je me suis peut-être trompée dans mon sens de l'orientation ... »


C’était donc ça ? Je souris. J’avais eu la même réaction en arrivant ici. Je lui désigne alors l’emplacement de la « zone pensionnaire » de l’école sur le papier.


« Vous n’avez rien raté, ici les logements sont en réalité des bungalows divisés en trois sortes de quartiers : les bungalows or pour les filles étudiantes, les bungalows argent pour les garçons étudiants et les bungalows diamant pour tout ce qui est personnel, prof, etc. Il y a aussi des maisons et autres appartements en ville si vous le souhaitez. Ils sont certes un peu plus loin et un peu plus chers mais le confort y est bien meilleur et vous n’avez pas de couvre-feu au moins. J’ai opté pour l’une d’elles d’ailleurs.»



Après avoir écouté mes explications, la jeune femme aux yeux bleus s’avance vers son bureau et part ranger son plan de l’internat dans ses affaires avant de s’installer sur son fauteuil. Elle semblait commencer à se familiariser avec la pièce. Ça me rappelle mon premier jour quand je suis venu ici pour la première fois : j’étais comme un enfant dans un magasin de jouet. A l’évocation de cette réminiscence, je ne pus m’empêcher de sourire.


« Alooors, ces papiers … Un exemplaire du contrat de travail … Les papiers pour la carte du réfectoire … Les infos et pièces à fournir pour le salaire … Je pourrais me débrouiller pour ceux-là. Par contre, j'accepte volontiers un coup de main pour le reste, si ça ne vous dérange pas. J'avoue que j'ai un peu de mal avec l'administration française, c'est mon tout premier jour dans ce pays ... »


Comme je la comprenais, même pour moi qui possédais la double-nationalité c’était la pagaille tous ces papiers sans âmes et qui, je suis prêt à le parier, veulent tous votre peau ! Tous ces renseignements qu’on vous demande en double, triple, quadruple,… autant qu’il y a de feuille. J’étais passé par là aussi et j’en avais bavé. Mon aide ne sera pas de trop à ma collègue. Je m’y replongeais à contrecœur mais elle allait avoir besoin de mon aide, c’était certain.


« Ca n'a pas été trop dur sinon pour vous votre arrivée à Kyrie ? Pas d'éducateur sur place, alors je suppose que vous avez dû vous débrouiller tout seul … Et d'ailleurs, pourquoi vous avez choisi de venir travailler ici ? Vous habitiez déjà en France ?  Désolée si je suis un peu indiscrète, mais puisque nous allons être collègues pour un bout de temps, autant profiter de notre rencontre pour discuter, non ? D'ailleurs, ce café, vous le préférez maintenant ou plus tard ? »


« Eh bien, quel interrogatoire. Ne vous inquiétez pas, ça ne me dérange pas car je risque de vous questionner également. Donc mon arrivée ici ? Et ben… Disons que j’ai été seul aussi bien chez moi qu’ici donc bon, c’est triste mais pas dur je suppose. C’est certain qu’avoir été le seul éducateur de l’internat dès mon arrivée n’a pas été simple. C’est la première fois que j’exerce et j’aurai aimé avoir une sorte de… de mentor pour m’aider à débuter correctement. A la place j’ai appris à travailler seul, je m’en suis plutôt bien sorti et je ne vais pas vous cachez que j’en suis même assez fier.

Ensuite si je suis venu ici c’est parce que c’est tout simplement le seul établissement qui m’a proposé le poste et que j’ai accepté. De plus il faut dire que le cadre est paradisiaque ici. J’ai bonheur de venir travailler tous les jours. Et oui j’ai déjà vécu en France : toute mon enfance jusqu’à mes 10 ans et je suis revenu il y a quelques années, environs 3 ans je crois. 3 ans où j’ai effectué mes études pour ce métier.

Et enfin pour le café, il est bientôt 12h. Si vous le souhaitez, nous pouvons fausser la cantine et aller à ce fameux bar y chercher à manger. Je vous invite. Je payerai le repas que nous mangerons ici ou dans le parc d’à côté. Par contre le café c’est de votre poche. »
Lui dis-je avec un sourire malicieux Un café gratuit ça ne se refuse pas, Ô grand jamais !


Le temps de la laisser réfléchir, je me dirige à mon tour vers mon bureau pour reprendre la veste sur mon dossier de chaise. Il fait un peu chaud mais qu’importe, je ne pouvais pas sortir avec cette énorme tâche. Je la reboutonne avec attention et souris.


« Voilà, tout beau tout propre. Il ne s’est rien passé ;   plaisantais-je en ajustant ma cravate verte rayé de noir et de légères bandes dorées ; Bon et vous ? Racontez-moi : Comment êtes-vous venue ici ? Pourquoi l’internat Kyrie ? Pourquoi cette vocation d’éducateur ? Vous avez des frères et sœurs ? Un animal peut être ? »


Selon une étude psychologique, imiter son interlocuteur est un moyen de pouvoir se rapprocher de lui. De plus ce jeu des questions était vraiment amusant. Comme elle l’a si bien dit, quitte à passer du temps ensemble, autant se connaitre et s’apprécier. D’ailleurs je me demande si…


« Est-ce que ça vous direz que l’on se tutoie ? Ça serait peut-être plus approprié à présent ? »




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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Jeu 17 Juil - 15:56

Et ce fameux café ? On le prend ?




J'espérais de tout cœur que mon interrogatoire ne dérangerait pas Warren. Je pouvais faire preuve d'une grande loquacité quand je m'y mettais, je devais l'avouer. Il ne m'en voulait pas pour le café, et je soupirai de soulagement à ces mots. Ouf ! Je n'avais pas flanqué en l'air ma première impression. En revanche, ma proposition de lui offrir un café en guise de pardon sembla fortement l'intéresser. J'hésitai entre le fait que ce soit qu'une femme, en l'occurrence moi, l'invite ou parce que j'avais parlé de café qu'il semblait être si … Enthousiaste ? Je préférerai la deuxième solution, ça m'embêterait qu'il se sente attiré par moi. Je détestai devoir repousser les avances de quelqu'un, homme ou femme. Sauf si c'était un gros lourd, mais là, ce n'était visiblement pas le cas de prime abord. Il n'en avait ni l'apparence, ni l'attitude. Cela lui ferait d'autant plus mal au cœur qu'il me verrait tous les jours presque … Bon, on va dire que c'est le café qui l'intéresse, hein … C'est plus joyeux. Dans un certain sens. Parce que c'est quand même triste de préférer une boisson amère à une femme … M'enfin, chacun son truc … Il semblait être un peu dans la Lune aussi, perdu dans ses pensées suite à mon invitation à lui payer un café. C'était un peu bizarre vu de l'extérieur. J'aurais même presque juré le voir saliver !


Finalement, il reprit ses esprits et accepta – évidemment – mon offre. Il semblait fortement s'y connaître, en café … Ce qui me confirma qu'il semblait en être obsédé. Tiens donc, un point commun ça. Tous les deux obsédés par quelque chose … J'en souriais. En tout cas, mon idée lui plaisait, c'était une très bonne chose. On pourrait apprendre davantage à se connaître en tant que personnes, et non en tant que collègues. Et puis, bien s'entendre avec ses partenaires de travail en dehors était un très bon moyen de garder une super ambiance, il fallait en profiter pour sauter sur l'occasion ! Je lui fis un beau sourire et acquiesçai en un hochement de tête.



« Eh bien, puisque vous semblez être l'expert café … Va pour l'invitation au bar ! »


Warren semblait heureux de voir que j'avais accepté sa proposition. Il devait être dans la même optique de travail que moi, à savoir garder la meilleure ambiance possible au bureau. Pas forcément copiner avec tout le monde, mais faire des concessions s'il le fallait, garder son calme, dialoguer, plaisanter un peu … Des trucs normaux quoi ! Il fut légèrement surpris également lorsque je lui fit remarquer son accent anglais. Effectivement, il avait une part de sang d'outre-Manche qui coulait dans ses veines. Lui aussi semblait avoir l'oreille fine, car il avait décelé mon accent canadien. J'émis un petit rire bref avant de lui répondre.


« Exactement. Le pays des caribous, des ratons laveurs, de la politesse et du sirop d'érable ! Plus précisément de Toronto, mais j'ai vécu aussi au Québec lorsque j'ai eu mon premier travail. C'est pour ça que je sais parler et comprendre le français. Comme je devais beaucoup parler, j'ai eu l'occasion de pratiquer mon accent, mais je garderai toujours une petite pointe de chez moi … D'ailleurs, comment avez-vous su ? D'habitude, les gens se trompent ... »


Il était perspicace. Beaucoup de gens confondent l'accent canadien avec celui des Etats-Unis frontaliers. Cela me fit plaisir qu'il le reconnaisse, il devait être cultivé. C'est une bonne chose, et ça me plaisait. Je préférais avoir une conversation stimulante plutôt que stupide du genre « Tiens, tu as regardé le dernier épisode de cette télé-réalité ? Ouais moi j'ai adoré ! ». Enfin … Il m'expliqua suite à mes interrogations sur les logements qu'effectivement, si je m'attendais à voir des maisons proches de Kyrie, j'allais pouvoir attendre longtemps ...Elles se situant dans la ville, pus loin. Ville que je n'avais pas vue. Et savoir qu'elle existait me surprit beaucoup.


« Euh … Une ville !? Ici ? Comment ça se fait ? Je croyais que l'île avait été construite uniquement pour l'internat ... »


Pour le coup, c'était une sacrée surprise. Est-ce que cette ville était réservée aux membres du personnel et aux criminels ? Non, quand même pas … Une ville de hors-la-loi, s elle existait, ce serait l'Enfer sur Terre, l'anarchie totale … Et ça m'étonnerait qu'on laisse ceci se produire près d'un internat. Warren me détailla le fonctionnement des bungalows. Il semblerait donc que j'allais avoir une colocataire, puisque les logements ne sont pas mixtes. Tant mieux, en un sens. Ou bien est-ce que je serais seule ? Ce serait la surprise ce soir … Mon collègue m'informa que lui avait préféré prendre une maison dans la ville. Ah bon, on avait le choix !? Oh … J'ai dû remplir trop vite, sans prendre la peine de lire … Eh bien, tant pis ! Cela me changerait de mon confort canadien ! La surprise de la prise de connaissance de l'existence d'une ville près d'ici dissipée, j'étais donc retournée à mon bureau. L'adulte qui me tenait compagnie semblait me regarder, un peu nostalgique. Peut-être se rappelait-il de ses premiers pas ici, tout comme moi aujourd'hui ? Ou bien lui rappelais-je quelqu'un de son passé ? Quoi qu'il en soit, il m'aida volontiers à faire mes papiers administratifs. C'était gentil, j'appréciais.


Il semblait y avoir beaucoup de paperasse qui se répétait. Ca me rappelait un peu un vieux dessin animé que j'avais bien aimé : Les Douze Travaux d'Astérix, et la maison de fous. Ici, il fallait presque un papier recto verso pour une toute petite chose infime et insignifiante. Beaucoup de blabla pour pas grand-chose, au final. C'était une vraie perte de temps, mais je devais m'y plier. Je n'aimais pas vraiment pas ça … Heureusement que Warren était là pour m'aider, sinon, je crois que j'aurais abandonné et que je serais allée me coucher sur-le-champ. La fatigue reprenait un peu le dessus sur moi d'ailleurs. Je laissai échapper un petit bâillement masqué derrière le revers de ma main. C'est pour me réveiller principalement que je me suis mise à poser autant de question à mon collègue. Bien sûr, c'était aussi pour apprendre un peu à mieux le connaître, mais j'allais calmer mon flot de questions, puisque nous allions avoir tout le loisir de discuter plus personnellement autour d'un café au bar qu'il m'indiquera. En répondant à mes questions, il m'apprit donc qu'effectivement, lui n'avait pas eu la chance de recevoir de l'aide à son arrivée. La malchance d'être le premier éducateur … C'était aussi, semble-t-il, sa première expérience dans ce travail. Je me demandais s'il était jeune diplômé, ou qu'il venait seulement de trouver son premier travail. Je pourrais le lui demander, tiens, ça pouvait être intéressant.


Warren me confia avoir vécu une bonne partie de sa vie en France, ce qui pouvait expliquer le fait qu'il s'exprime de manière fluide, avec un aussi léger accent. Ce devait être pratique, tout de même. Moi, j'ai eu la chance que ma responsable à l'armée était d'origine française, sinon, non seulement j'aurais parlé le français comme une québécoise, mais en plus avec un accent anglophone … L'horreur pour se faire comprendre, quoi … En plus, je n'aurais probablement pas pu faire mon travail correctement, les Français ont tendance à ne pas prendre aux sérieux un Québécois en colère qui parle et gesticule … Oui, je n'écartais pas la possibilité que je m'énerve face à mes internes. Après tout, s'ils étaient ici, c'est bien qu'il y avait une raison, non ? Certains devaient avoir un caractère plutôt brutal et agaçant. Mais je m'y étais préparée. Enfin, mon nouveau collègue aux yeux verts me proposa de m'inviter à manger au fameux bar plutôt que d'aller au réfectoire ce midi. Seul le café serait à mes frais, comme promis. Je lui souris amicalement, toujours en continuant de remplir ces foutus papiers administratifs.



« Pas de souci Warren, faisons-donc ça ! Vous le repas, et moi le café, ça marche. »


J'écrivais pour la je-ne-sais combientième de fois mon nom, puis mon prénom, puis ma date de naissance sur ces maudites feuilles. Je n'en voyais pas le bout. Heureusement que j'avais de la compagnie, sinon, j'aurais déjà tout envoyer bouler. J'avais beaucoup de patience, mais pas forcément pour les tâches aussi répétitives et rébarbatives que celle-là. Mon dieu, que ça se finisse vite … Je voulais me reposer un peu … Un deuxième bâillement s'échappa de mes lèvres. Plus gros cette fois, que je masquai une nouvelle fois avec le revers de ma main. Pendant ce temps, l'adulte était allé mettre sa veste pour cacher la tâche de café. Il allait certainement mourir de chaud, mais après tout, c'était un peu de ma faute. Je souris un peu à sa remarque, avant de lui répondre à mon tour à ses interrogations.


« Au pire, nous pourrions passer devant chez vous, si le bar est en ville. Vous aurez tout le loisir de vous changer comme ça … Sinon, comment je suis arrivée ici … Ben … A pieds. »


J'émis un petit rire bref. Oui, mon humour était d'un niveau très bas, et j'arrivais à me faire rire toute seule très souvent. C'était d'ailleurs ce fait-là qui faisait plutôt rire les autres que ma vanne, mais qu'importe.


« Désolée, je devais la faire. Plus sérieusement, en avion et en taxi. Ca a été long et fatiguant, désolée d'ailleurs d'avoir baillé, ce n'est pas parce que vous êtes ennuyeux, loin de là. Pourquoi Kyrie … Eh bien, avant de travailler ici, j'étais employée par l'armée canadienne dans une section psychiatrique. J'étais une aide pour ma responsable, qui était d'origine Française d'ailleurs. J'ai décidé de changer d'air, car à la base, j'ai un diplôme d'éducatrice spécialisée, et je n'avais pas eu l'occasion de correctement exercer ce métier à l'armée. Ma responsable m'avait donné quelques pistes, et l'une d'elles m'a menée à Kyrie. J'ai postulé et j'ai été prise.

Ensuite, pourquoi éducatrice … Eh bien, j'ai toujours été fascinée par les déviances psychologiques. Maladies en tout genres, de l'autisme jusqu'à la schizophrénie, c'est une passion. J'aime les étudier et les aider. Ca doit être un côté scientifique humanitaire que j'ai … J'ai envie de les aider à aller mieux, à trouver le chemin de la guérison, ou si c'est impossible, leur rendre la vie un peu meilleure. Pour la famille, oui … Enfin plus maintenant. J'avais une sœur, elle est décédée récemment. C'est à cause de cet événement que j'ai démissionné de l'armée et que j'ai cherché un autre travail. J'anticipe, pas la peine d'être désolé, vraiment. Je vais bien, et vous ne pouviez pas savoir. Pas d'animal non plus, mais je comptais m'en prendre un, si la solitude est trop grande et que j'en ai le droit. Et toi, de la famille ? »



Oups, le tutoiement était venu naturellement. Visiblement, ça n'a pas l'air de le déranger, car il me proposa que l'on se tutoie. Très bien, ça m'allait, nous étions sur la même longueur d'ondes pour l'instant ! Parfait, parfait ! Je lui souris grandement en donna mon approbation d'un hochement de tête.


« Je pense que mon lapsus révélateur est suffisant pour te dire que ça me convient, Warren. »


Raconter un petit peu, en surface, ma vie m'avait permis de m'écrire en mode automatique. J'avais bien avancé, il ne restait plus que les papiers dont mon collègue se chargeait. Les regroupant dans la feuille plastifiée prévue pour le dossier, j'attendis qu'il me donne sa part pour la ranger avec ma moitié du dossier. Bien, on pouvait dire que j'étais officiellement en règle ! M'étirant un peu, je pris l'ensemble sous le bras, et vérifia l'heure. Effectivement, dans moins d'un quart d'heure, midi sonnerait l'heure du repas. Je me retournai vers l'homme aux cheveux de jais et lui proposai de partir.


« Bien, c'est une bonne chose de faite … On va pouvoir y aller, qu'est-ce que tu en dis ? Secrétariat pour que je pose le dossier, chez toi pour que tu te changes, et ton fameux bar ? »


Lorsqu'il fut prêt à partir, nous allâmes vers le secrétariat où j'y déposai comme prévu les papiers. Nous étions maintenant dehors, en marche vers la ville. Je me demandais si elle était grande, ou si elle ressemblait davantage à un petit village, quelle était son architecture, qui y vivait, ce genre de choses … Je me posais trop de questions. Je sentais la fatigue me gagner de plus en plus. D'habitude, je n'aimais pas le café, mais là, j'allais faire une exception je pense. J'avais besoin de caféine pour survivre à la journée. Mais comment Warren faisait-il pour en déguster autant, apparemment ? Il aurait peut-être dû se lancer dans une entreprise spécialisée dans le café …


« Dis, j'ai cru comprendre que tu adorais vraiment le café … Ca te vient d'où cette passion pour cette boisson ? Tu n'as jamais envisagé de créer une entreprise spécialisée là-dedans, au lieu de devenir éducateur ? Et pourquoi d’ailleurs tu as choisis cette voie, toi ? »


Des questions, encore et toujours des questions … Parfois, je me disais que ma curiosité et mon esprit scientifique étaient un vrai fardeau. Ca m'épuisait de réfléchir autant, mais bon, on ne se refait pas ...

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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Lun 28 Juil - 6:36





« Eh bien, puisque vous semblez être l'expert café … Va pour l'invitation au bar ! »


L’expert ? C’était peu dire. Depuis que je connaissais ce magnifique breuvage, j’en avais appris toutes les ficelles. Il n’avait plus aucun secret pour moi, je le connaissais par cœur. J’espère que le bar nous offrira un café de qualité. S’il est trop bas de gamme je râlerai, j’en fais la promesse ! C’est déjà assez cher comme ça. Remarquant mon large sourire qui devait être plus que dérangeant, je détourne le regard, mine de rien.  Il ne manquerait plus que je la traumatise avec ma passion tient. Remontant mes lunettes par réflexe, ma collègue m’avoua son pays d’origine.


« Exactement. Le pays des caribous, des ratons laveurs, de la politesse et du sirop d'érable ! Plus précisément de Toronto, mais j'ai vécu aussi au Québec lorsque j'ai eu mon premier travail. C'est pour ça que je sais parler et comprendre le français. Comme je devais beaucoup parler, j'ai eu l'occasion de pratiquer mon accent, mais je garderai toujours une petite pointe de chez moi … D'ailleurs, comment avez-vous su ? D'habitude, les gens se trompent ... »


« J’ai été à Oxford pour mes études : l’école est peuplée de diverses nationalités dont Canadienne. L’accent m’était déjà familier. » lui expliquais-je en souriant.


J’étais devenu tout nostalgique à ce souvenir. Les années passées là-bas étaient les plus belles de ma vie. L’ambiance du campus, les cours, les repas du midi avec ma petite sœur, les repas du soir avec ma famille… ma famille… Maintenant que j’y pense je ne leur ai pas reparlé depuis mon départ. Ils me manquent, je dois bien l’avouer. Pourquoi ne pouvaient-ils pas accepter mon choix ? Ils se sont montrés très rudes. Renier leur fils parce qu’il ne voulait pas reprendre l’entreprise familiale… Peut-on réellement oublier son enfant pour une telle chose ?


« Euh … Une ville !? Ici ? Comment ça se fait ? Je croyais que l'île avait été construite uniquement pour l'internat ... »


Je reprends mes esprits et cherche quelques secondes le sens des mots de la jeune femme avant d’acquiescer et de me détourner des papiers que je triais sur mon bureau par instinct.


« Une ville s’est développée ici au fur des années. Il fallait bien un minimum de service pour les élèves et le personnel. Puis des familles se sont créées, ont voulu habiter ici et ainsi de suite. Kyrie est ville magnifique. Vous verrez. »


Et j’étais loin de mentir, cette île était tout simplement paradisiaque. Son centre-ville était moderne et comportait tous les équipements désirés et inimaginables. La banlieue était plutôt rurale et très paisible, ma maison s’y trouvait. Enfin, le littoral était tout simplement à couper le souffle. Cette mer qui n’en finissait pas, ce sable fin, cette végétation luxuriante. Tout simplement un paradis.


« Au pire, nous pourrions passer devant chez vous, si le bar est en ville. Vous aurez tout le loisir de vous changer comme ça … Sinon, comment je suis arrivée ici … Ben … A pieds. »


Même si elle était enfantine, la petite blague me fit quand même ricaner. J’ai peut-être l’air très sérieux mais je sais rire des petites choses. Mais je reprends vite mes esprits et baisse le regard sur ma chemise marron. Je l’avais presque oublié celle-là. Il faut dire que la conversation est tellement agréable avec ma nouvelle collègue. Je suis certain que nous nous entendrons à merveille par la suite et c’était tant mieux.


« Ah oui la tâche. Pourquoi pas mais nous allons faire un grand détour. Bah, ne vous inquiétez pas. La veste est suffisante pour la cacher et, malheureusement nous n’aurons pas une pause assez longue pour avoir le temps de me changer. La prochaine fois je prendrai des chemises de rechange. Je serai prêt la prochaine fois que vous me bousculerez par inadvertance »
plaisantais-je à mon tour


Suite à cela, la jeune femme s’excusa pour son humour, ce que je lui pardonnais aisément car j’avais apprécié sa blague. Après ça, elle me conta son arrivée ici : son voyage qui semblait ma foi fort épuisant, son passif militaire (Ça aussi c’était amusant, je ne la voyais pas la dedans au premier abord), sa passion pour les déviances psychologiques et enfin sa famille dont le sort tragique de sa petite sœur. Je ne pouvais m’empêcher de ressentir de la compassion. Je ne sais pas ce que je ferai si Kaitlyn mourrait. Elle aussi ça fait longtemps que je ne l’ai pas revu. J’espère pouvoir reprendre contact prochainement. D’ailleurs Eirin me demandait si j’avais de la famille.


« J’ai un papa, une maman et une petite sœur que je n’ai pas vue depuis très longtemps… Depuis mon départ d’Oxford pour être exact. »


Je ne m’étale pas plus pour le sujet, je ne voulais pas descendre l’ambiance encore un peu plus. C’était son premier jour ici, je ne voulais pas le gâcher ! Nous commencions à peine de nous tutoyer à présent, je ne voulais pas qu'elle le regrette.


« Bien, c'est une bonne chose de faite … On va pouvoir y aller, qu'est-ce que tu en dis ? Secrétariat pour que je pose le dossier, chez toi pour que tu te changes, et ton fameux bar ? »


« Bon si on a le temps, je passerai chez moi. Je pense que je vais devoir courir. J’y irai après le café je pense.»


Je ne la fis attendre plus longtemps et glisse mes derniers papiers dans ma mallette de cuir noir avant de la suivre vers la sortie. Elle fit un rapide aller-retour au secrétariat puis nous partîmes enfin du bâtiment scolaire pour une pause bien méritée, enfin je crois. Bref, direction ce bar que j’avais vu en ville qui semblait très sympathique. En chemin, ma collègue semblait pensive. Je la dévisage un moment et alors que j’allais prendre l’initiative de lui demander ce qu’il se passe, elle me coupe dans mon élan et parle d’elle-même.


« Dis, j'ai cru comprendre que tu adorais vraiment le café … Ça te vient d'où cette passion pour cette boisson ? Tu n'as jamais envisagé de créer une entreprise spécialisée là-dedans, au lieu de devenir éducateur ? Et pourquoi d’ailleurs tu as choisis cette voie, toi ? »


Étais-ce réellement ça qui la préoccupait ? Quelque part ça me touchait qu’elle s’intéresse ainsi à moi. Je voyais bien qu’elle ne me faisait pas la conversation par ennuis mais juste parce que ça l’intéressait vraiment. Voilà qui était prometteur pour notre amitié à venir. Je ne pouvais dissimuler mon sourire.


« C’est mon père qui m’y a initié quand j’étais petit. C’était juste une tasse toute bête et… avec le temps j’ai commencé à apprécier cette boisson : elle me rend nostalgique et me permet de tenir durant mes heures de travail. Et, même si j’apprécie énormément le café, je ne compte pas me lancer dedans. Je pense que travailler comme éducateur est bien plus amusant, intéressant et stimulant qu’un simple commerce. Je devais pourtant reprendre l’entreprise familiale : une firme d’import-export de produits français en Angleterre et anglais en France. Mais l’évidence même a fait que je ne voulais pas de ce poste et devenir éducateur pour aider tous ces enfants. Mes parents ne l’ont jamais compris et m’ont mis à la porte. Ma sœur doit avoir repris les rênes depuis le temps… Elle me manque. »


C’est ainsi, sans m’en rendre compte, j’avais abordé les thèmes dont je ne voulais pas parler et j’en avais peut-être un peu trop dit sur moi. Zut, moi qui ne voulais pas être rasoir c’était raté. Maintenant elle allait surement me trouver ennuyant et éviter de me parler. Mais bon, je n’y pouvais rien. Même si elle m’avait abandonné, ma famille me manquait. Je m’inquiétais surtout pour ma sœur Kaitlyn, qu’était-elle devenue aujourd’hui ? Elle devait avoir un peu grandi et mûri comme moi. J’aimerais tellement tous les revoir. Mon regard se voila un moment mais je stoppe les larmes en prétextant une poussière dans l’œil. Ce n’était ni le lieu ni le moment après tout ! Là j’allais prendre un café, je devrais être heureux.


« Le bar est juste en face de nous : le Nautilus. C’est un endroit génial et juste en face de la mer en plus. Il propose trois formules de sandwich pour le menu à 10 euros : poulet-crudité, thon ou kebab. Pour un menu tu as le sandwich, la boisson de ton choix et un petit dessert. La part de tarte aux pommes est excellente. »


J’étais déjà venu ici lors de mon premier jour sur Kyrie. Je finissais de déménager et je me suis autorisé à visiter la ville en fin de soirée. Le coup de foudre avec ce lieu a été immédiat. C’était pourtant un petit bar. Une bâtisse hybride entre une maison de pierre et un cabanon sur pilotis. Son intérieur aussi m’avait séduit : des meubles en bambou et en bois flotté, un soupçon de verdure tropicale et cette odeur de smoothie à la mangue. Oui, il s’agissait bien là d’un lieu atypique aux inspirations tropicales et ce n’était pas pour me déplaire. Ici je sentais que je pouvais abandonner mes soucis et mes tracas pour passer une heure ou deux dans la sérénité la plus totale. J’invite ma collègue à y entrer et je fais signe au barman qui me reconnait derechef. Je le salue en souriant et lui soumets ma commande.


« Je vais vous reprendre le menu de la dernière fois : sandwich au thon, votre smoothie à la mangue et la tarde aux pommes. Je prendrais également le menu de la demoiselle à côté de moi. J’invite pour le repas mais c’est elle qui invite pour le café. » Taquinais-je en espérant alléger l’ambiance et lui faire oublier mes histoires de famille.


Le barman, un homme à la trentaine coiffé d’un bandana aux motifs paisley et aux lunettes aux verres teintés, dévisageait la nouvelle venue dans l’attente de recevoir sa commande tout en nettoyant un de ses verres à l’aide d’un torchon. Je prends place sur le tabouret haut en attendant nos commandes.


« Si tu veux prendre autre chose que le menu à 10 euros, ne te prive pas. J’invite donc ne te soucis pas du prix. » la rassurais-je


Il y avait tellement de spécialité ici que je m’en voudrais de la résoudre à un simple sandwich. Entre les poissons à l’ananas, les fruits de mer tout juste pêchés à côté et ce smoothie à la mangue, elle avait le choix. Je voulais lui faire profiter d’un bon repas avant de retourner à Kyrie. En parlant de ça, je vais vraiment devoir courir pour pouvoir changer ma chemise. Il nous restait moins d’une heure et j’avais une réputation à tenir. J’étais toujours très ponctuel car, comme on le dit : « L’exactitude est la politesse des rois ».




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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Mar 29 Juil - 23:52

Diplomatie familiale




Mon collègue, que je pouvais désormais qualifier d'ami, m'avait raconté un peu son passé. Diplômé d'Oxford, rien que ça ! C'est une chance qui n'est pas donnée à tout le monde d'étudier là-bas, où la diversité culturelle règne en maîtresse. Il avait eu l'air un peu perdu dans ses pensées, des souvenirs de cette époque lui remontant en mémoire sûrement. Il tait nostalgique de cette époque ? Mes années d'études supérieures ne m'ont pas spécialement marquées pour ma part. J'avais déjà à l'époque l'esprit ailleurs, oscillant entre ma sœur et mon futur. Je ne m'étais pas vraiment amusée, ni vécu pleinement ma jeunesse comme d'autres l'ont fait. Je n'avais as multiplié les soirées, les aventures. Je préférais rester au calme chez moi, à me reposer, étudier, lire et faire quelques parties de jeux divers et variés. Bien sûr, je sortais de temps en temps, mais jamais en soirée. C'était une époque pas si loin que cela, et pourtant … Elle me semblait à des milliers d'années derrière moi. La mort de Roxanne devait y être pour quelque chose. Depuis, le temps s'était comme ralenti. J'avais l'impression que les journées étaient de plus en plus longues. Oui, elle me manquait … Mais la vie continue.


Warren m'expliqua d'où venait la présence assez hallucinante d'une ville ici. C'est vrai que je n'avais pas pensé au fait que les internes n'étaient pas fournis par Kyrie. Dans ma tête, il y avait déjà tout d'offert par la direction aux jeunes … Je me demandais si les habitants avaient peur de l'institut, et de ce qu'il y gardait. Après tout, c'est normal de se méfier lorsqu'un bâtiment abritant de jeunes criminels, pour la plupart meurtriers, cambrioleurs et compagnie, se tenait juste à côté de votre maison … Ou bien ils avaient un grain. Je ne savais pas, et puis au final, je n'avais pas envie de savoir. S'ils étaient là, c'est qu'ils avaient confiance … Après une réflexion plus mûre, c'était vrai que l'île semblait vraiment grande, et que ce que j'avais vu de Kyrie était plutôt petit pour compenser cette surface. Warren m'assura que la ville était très belle, et je n'allais pas remettre sa parole en doute. Je verrais par moi-même de toute façon ! Ma tentative d'humour le fit sourire … Etrange, mais plaisant ! Quelqu'un qui avait enfin le même humour à deux centimes que moi ? Ca serait vraiment génial ça ! Mon collègue m'expliqua ensuite, répondant à ma question sur sa famille, qu'il avait encore ses deux parents et une petite sœur. Mais il ne s'étala pas plus sur le sujet, me laissant sur ma faim. Lui aussi avait une sœur … Drôle de coïncidence. Je voulais en savoir plus, moi … J'allais le relancer sur le sujet, quand on serait posés au café.


Nous finîmes nos petites affaires respectives avant de partir en direction du lieu de notre pause déjeuner. J'avais faim, j'avais sommeil, mais c'était la première qui remportait le monopole de mon activité cérébrale. J'avais demandé à Warren d'où lui venait cette passion de la caféine, et il me répondit que c'était son père qui en était responsable. Il semblait beaucoup aimer son paternel, ainsi que sa sœur, qui lui manquait. Lui aussi aimait aider les autres ... L'altruisme se perdait de nos jours. Il fallait bien représenter les derniers survivants avec cette valeur, lui et moi …



« Je vois … Tu n'as pas essayé de recontacter ta sœur ? Ni même ton père ? Si elle te manque, tu devrais peut-être essayer, tu ne crois pas ? Profite que tu l'aies encore pour lui dire que tu l'aimes. Sinon, tu risques de t'en vouloir toute ta vie … Ce serait dommage. Tu n'as rien à perdre en plus … Au pire, elle te dit qu'elle ne veut plus jamais te voir ,et au moins tu seras fixée et tu ne regretteras pas ou peu de choses, alors que si elle attendait un signe de ta part, non seulement tu t'en voudras, mais cela lui causerait de la peine ... »


J'aurais aimé pouvoir profiter de Roxanne plus longtemps que ce qu'il m'avait été permis d'avoir. J'aurais voulu la serrer contre moi encore un peu plus. Je regrettais de ne pas avoir pu la sauver de sa folie à temps, sans qu'elle le paie de sa vie. Mais il ne fallait pas que je m'apitoie sur mon sort, ou que je tombe dans le piège du regret. Elle était partie heureuse, c'était tout ce qui comptait. Je devais sourire pour elle, c'est ce qu'elle voudrait. Mon nouvel ami me tira de mes pensées déprimantes pour m'annoncer que nous étions en face du Nautilus, son fameux bar. Il m'expliqua les différentes formules repas. Un bon petit sandwich poulet-crudités m'irait très bien. Même si j'avais faim, je n'allais quand même pas lui faire dilapider son salaire … Au pire, je reprendrais un sandwich seul, si j'avais encore faim. Je lui souris, alors qu'il me conseillait de la tarte aux pommes en dessert … Eh bien pourquoi pas ! Je n'avais qu'à prendre deux desserts au pire … Vous avez dit gourmande ? Tout à fait. Je ne m'en cachais pas. Le tenancier du bar semblait reconnaître tout de suite mon collègue. Il devait être un habitué à présent … Au moins, il s'était plutôt bien intégré. C'était une bonne chose, j'étais content pour lui. Il commanda son menu apparemment habituel, et signala que je payais le café. Je souris à Warren, et passa commande moi aussi, faisant fi de ce qu'il venait de me dire pour le prix.


« Je prendrais une formule à dix euros moi aussi, avec un sandwich poulet-crudités, un jus de pomme, et en dessert je vais écouter ce bon monsieur : un morceau de tarte aux pommes. Et je prendrai aussi à côté des profiteroles, s'il vous plaît ... »


La politesse canadienne, plus qu'une légende, une réalité. Je mettais un point d'honneur à ne rien commander de plus cher que ce que mon hôte avait pris, même si je m'accordais un extra avec les profiteroles, je comptais les payer moi-même. Je sortis mon porte monnaie de ma sacoche accrochée à ma cuisse, comme à son habitude, et paya mon deuxième dessert ainsi que le café de Warren. Nous repartîmes ensuite vers Kyrie, puisqu'il devait travailler cette après-midi.


« Ne t'en fais pas pour moi, je ne mange jamais beaucoup de toute façon. Même quand j'ai très faim. Au fait … Tu m'as dit que tu n'avais pas revu ta sœur depuis Oxford. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Raconte-moi ça, si tu veux bien, ça m'intéresse ... »


Je n'avais pas envie de tourner autour du pot. J'étais curieuse, et il avait frustré mon envie d'en savoir plus tout à l'heure, alors je voulais le relancer là-dessus.


« Mais bien sûr, si tu ne veux pas m'en parler, je ne te force à rien, on trouvera d'autres sujets de conversation … C'est juste que je me demande pourquoi tu ne veux pas trop parler de ta famille … Ca m'intrigue. Désolée d'être aussi curieuse ... »


Je me demandais vraiment quelles raisons le poussaient à ne pas m'en dire plus sur ses relations familiales. Avait-il quelque chose à cacher ? Ne voulait-il pas m'ennuyer avec ça ? Dommage, parce que ça m'intéressait de savoir ...

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MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Jeu 31 Juil - 4:50



Durant notre déplacement, Eirin m’avait posé bon nombre de questions sur ma famille et moi. Je n’ai pas de suite su quoi lui répondre. Devais-je réellement lui parler de tous mes problèmes de famille juste comme ça ? Ça faisait quand même moins d’un jour que je la connaissais mais elle avait raison en me disant que je devrais les recontacter. C’est vrai, comme elle dit je n’ai rien à perdre. Je n’ai plus rien à perdre. J’ai toujours trouvé leur réaction disproportionnée et j’espère qu’avec le temps ils y auront réfléchit. Ce qui m’inquiétais surtout c’était Kaitlyn, comment réagirait-elle en me voyant après toutes ces années ? Mais surtout, pour moi qui était son modèle, a-t-elle suivit mon exemple et choisis sa propre voie ?

J’espère qu’elle a suivi les vœux de nos parents. Ce n’est pas par pur égoïsme que je dis ça. Je me dis juste que j’ai eu beaucoup de mal à réussir ce que je voulais faire alors elle… Rien que l’idée de la savoir dehors livrée à elle-même me terrifiait. Elle était intelligente mais je sais que s’il lui arrivait quoique ce soit, je ne pardonnerai jamais à nos parents. Autant je pouvais comprendre qu’ils m’en veuillent, moi le fruit de toutes leurs attentes et espoirs, autant pour ma petite sœur je ne pourrais pas laisser passer. Si je pouvais revenir à ce fameux jour je ne sais pas si je recommencerais ou changerais. C’était bien égoïste d’avoir condamner ma petite sœur à être « enfant unique » mais il faut dire que je ne pensais pas que ça aurait de telles conséquences.


« Je prendrais une formule à dix euros moi aussi, avec un sandwich poulet-crudités, un jus de pomme, et en dessert je vais écouter ce bon monsieur : un morceau de tarte aux pommes. Et je prendrai aussi à côté des profiteroles, s'il vous plaît ... »


Retour au présent. Je devrais vraiment arrêter de me perdre ainsi dans mes pensées. Mes anciens amis de l’université ne tarissaient pas d’éloges à mon égard quand ça arrivait : un véritable « zombi penseur » d’après leurs dires. J’esquisse un sourire. C’était la belle époque. Cependant je ne pense pas que regretter ces moments soit une bonne chose. Je devrais plutôt faire en sorte d’en vivre d’autre auxquels j’aurai plaisir à ressasser lors de mes vieilles années. Ainsi je voulais payer le supplément de ma nouvelle amie mais elle fut plus rapide que moi pour payer et je dus ranger mon portefeuille à contre cœur


« Ne t'en fais pas pour moi, je ne mange jamais beaucoup de toute façon. Même quand j'ai très faim. Au fait … Tu m'as dit que tu n'avais pas revu ta sœur depuis Oxford. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Raconte-moi ça, si tu veux bien, ça m'intéresse ... Mais bien sûr, si tu ne veux pas m'en parler, je ne te force à rien, on trouvera d'autres sujets de conversation … C'est juste que je me demande pourquoi tu ne veux pas trop parler de ta famille … Ca m'intrigue. Désolée d'être aussi curieuse ... »


Nous y voici. Devais-je dire la vérité ou lui raconter un joli mensonge ? Si je devais construire mon amitié sur le mensonge, ce n’était pas la peine.


« Si tu insistes. En vérité je ne devrais pas être éducateur mais PDG d’une grande firme qu’on créés mes parents à leur rencontre. Seulement, un soir, j’ai refusé cet avenir tout tracé et annoncé que je voulais me réorienter vers le social. Face à ma détermination, ils m’en ont tellement voulu et m’ont mis à la porte, coupant ainsi tout contact. Ils ont même empêché ma sœur de me voir soit disant que j’avais une mauvaise influence. Je ne les ai jamais revus depuis ce soir-là. »


En conclusion, je pousse un soupir de tristesse et fixe la machine à café face à nous. Le gérant comprit et me donna mon gobelet encore fumant. Il s’était permis de nous écouter mais je ne lui en voulais pas. Je descends quelques gorgées et plonge mon regard péridot dans celui turquoise de mon interlocutrice. J’essayais de deviner à quoi elle pensait en cet instant. Ce n’était pas une jolie histoire, loin d’être dramatique elle était plutôt triste et je ne voulais pas descendre l’ambiance. L’homme au bandana nous déposa deux sachets plastiques chauds sur le comptoir en m’adressant un sourire.


« Bonne journée. Revenez quand vous voulez. »


Je lui adresse à mon tour un sourire poli et prends les deux sacs. Je me tourne vers ma collègue en me dirigeant vers la sortie, prêt à repartir.


« Allons y Stegalkin, je dois encore aller me changer. » lui dis-je en lui adressant un clin d’œil.


Je ne voulais pas qu’elle s’apitoie pour moi. Je l’avais peut être mérité après tout. J’avais gâché une chance inouïe d’être riche et célèbre pour poursuivre un rêve qui avait aujourd’hui un gout de caprice.  Pourtant aider les jeunes étaient toujours mon souhait seulement aujourd’hui je paye mon égoïsme par la perte de ma famille. Je ne pouvais pas me mentir, je m’en voulais pour ça. Finalement je pense que si je pouvais retourner en arrière, j’aurais renoncé à mon rêve au moins pour Kaitlyn qui doit assurer mon rôle à présent. J’espère au moins qu’aujourd’hui elle est heureuse et qu’elle ne m’en veut pas. Nous étions à présent devant chez moi, un petit loft entouré d’arbre dans un quartier tranquille. Il s’agissait anciennement d’un local industriel rénové récemment.


« C’est ici. Entre, j’en ai pour quelques minutes seulement. »


Ça pouvait être bizarre comme annonce. Les plus imaginatifs pourraient y comprendre certaines choses derrière une telle invitation mais ce n’était pas du tout mon but. Elle était la première à venir chez moi depuis mon déménagement. Il y avait encore quelques cartons d’ailleurs mais l’intérieur était propre et en grande partie rangé. J’invite la jeune femme à s’asseoir sur le canapé du salon en attendant mon retour. Le salon était la pièce que je préférais : spacieuse, lumineuse et très fonctionnelle. Elle comportait beaucoup de meubles : il y avait bien évidement le sofa, mais également un petit meuble portant une télévision que je ne regardais que très rarement, une importante bibliothèque comportant au moins plusieurs centaines d’ouvrages que j’ai pu dévorer de nombreuses fois.

Dans un coin, oublié, se trouvait également une commode sur laquelle trainait un cadre photo. Dessus se trouvait quatre visages souriants. Il s’agissait de deux adultes, une femme aux cheveux ébène et aux yeux gris et un homme blond aux yeux verts luisant. Ils étaient tous deux accompagnés de deux jeunes enfants se ressemblant comme deux gouttes d’eau si ce n’est la longueur de leurs cheveux. La dernière photo de famille qu’il me reste. Je la fixe un moment avant de me retourner vers mon invitée temporaire.


« Si tu veux un peu plus à manger, tu peux te servir dans le frigo. Il n’y a pas de soucis. »


Sans plus attendre, je me dirige vers la chambre juste à côté et commence à me déshabiller rapidement, troquant ma chemise tâchée contre une toute propre. Par précaution je saisis deux cintres sur lesquels se trouvaient deux chemises supplémentaires. Je ressors rapidement et pars rejoindre Eirin. Je prends en plus les sacs de nourriture et lui sourit.


« C’est bon, nous pouvons y aller. »


Les sachets dans une main, les chemises sur mon épaule, je repars pour l’internat Kyrie avec ma collègue. Nous sommes tout juste en temps, j’espère que nous ne serons pas en retard. Ce ne serait pas tolérable. A présent une question me brûlait les lèvres. Après tout j’avais le droit de savoir moi aussi.


« Dis-moi, tu ne m’as pas parlé de tes parents. Tu les vois souvent ? » Demandais-je, espérant ne pas me montrer trop indiscret.





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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Lun 4 Aoû - 4:51

Fatigue et rencontre donnent de
drôles de mélanges parfois ...





Warren était vraiment préoccupé par sa situation familiale, apparemment. Dès que j'abordais le sujet, je sentais qu'il partait loin dans ses pensées. Je me demandais vraiment ce qu'il avait pour être nostalgique et triste comme ça. Je voulais en avoir le cœur net, et c'est pour cela que j'ai laissé parler ma curiosité. C'était intrusif de ma part, mais je préférais savoir pour éviter de mettre les pieds dans le plat plus tard, si c'était quelque chose d'assez grave. Tout en baillant de plus en plus, me retenant de moins en moins facilement, je l'écoutais me répondre. J'espérais vraiment qu'il ne prendrait pas ça pour de l'ennui … C'était ma fatigue du voyage qui me travaillait. Ainsi donc, ses parents l'avaient renié parce qu'il ne voulait pas suivre leurs traces ? C'était dur.


J'avais eu la chance d'avoir des parents compréhensifs, qui m'avaient encouragés du début à la fin. Même s'ils avaient eu peur pour moi et qu'ils avaient essayé de me dissuader de m'enfoncer dans mon obsession maladive des déviances psychologiques, ils avaient toujours été là pour moi, et je ne leur ait rendu qu'assez mal en fin de compte. Certes, j'avais atteint mon but, j'étais devenue éducatrice, mais j'étais passée à côté de beaucoup de choses avec eux. Nous avons une relation stable et positive mais je ne me sentais pas totalement accrochée à eux. Si je ne leur parlais que rarement, cela ne me dérangeait pas. C'était déjà le cas alors que je n'étais qu'à quelques centaines de kilomètres d'eux, quand j'étais dans l'armée. Et pourtant, on devait s'appeler une fois ou deux tous les deux mois ? En plus de cela, nous ne restions pas trop longtemps au téléphone, peut-être trois quarts d'heure au maximum … Je m'en voulais un petit peu par rapport à mon nouvel ami, car il n'avait pas eu la même chance que moi, et je ne l'utilisais pas à fond. Peut-être que je devrais rectifier ça … Après tout, mes parents n'avaient plus que moi maintenant, et se dire que leur fille restante, bien qu'elle ait presque la trentaine, s'en allait vraiment loin d'eux, cela ne devait certainement pas les rassurer.


Quelque chose dans son histoire me perturba un peu. Pourquoi n'avait-il pas tenté de recontacter sa sœur avant, si ce sont ses parents qui l'ont empêchée de lui parler ? Si elle partageait l'opinion de leurs parents, elle n'aurait pas eu besoin de cette interdiction, après tout, si ? Warren soupira, l'air triste. Je mis ma main sur son épaule et la lui serra un peu. Une maigre consolation pour le réconforter.



« Je vois. Allez, courage. Après tout, tu es en vie, et je doute que ta sœur ne t'en veuille … Tu devrais vraiment reprendre contact avec elle. Je suis certaine qu'elle te cherche elle aussi, sinon, elle n'aurait pas eu besoin que vos parents lui disent de ne plus te parler, n'est-ce pas ? »


Je lui souris chaleureusement. Il y avait fort à parier qu'elle était en train d'essayer de retrouver sa trace. Je ne la connaissais pas, mais c'est ce qu'il me semblait en tout cas, d'après ce qu'il m'avait peint d'elle. Le tenancier de l'établissement nous remit nos repas en nous saluant. Je fis de même, poliment, avant de suivre Warren qui allait vers la sortie. Mon sourire s'agrandit lorsqu'il me lança sa phrase. Effectivement, il valait mieux qu'il n'oublie pas de se changer ! Nous étions aussi partis de Kyrie pour ça tout de même. Ce serait bête qu'au final, il garde sa chemise tâchée de café par ma faute. Nous n'avions marché que peu de temps, en silence chacun dans nos pensées respectives. Il me fit entrer chez lui d'une invitation verbale, que j'acceptai volontiers d'un hochement de tête. Visiblement, j'étais la première à visiter sa maison depuis qu'il avait emménagé. Il y avait encore des cartons çà et là. Avait-il eu la flemme de les ranger ou bien venait-il d'arriver assez récemment ? En tout cas, l'intérieur avait l'air neuf. Et plutôt bien rangé, si on omettait les cartons encore présents. C'était propre et sobre à la fois, à l'image de mon collègue et ami. Il me montra le canapé, sur lequel j'allai m'asseoir en patientant. J'ouvris mon sac repas, lorgnant sur le sandwich qui me faisait de l’œil. C'était limite si je l'entendais m'appeler, me disant « Allez Eirin, je sais que tu veux me manger … Bouffe-moi, allez, cède ! », mais je risquais de passer pour une folle, et en plus j'allais mettre des miettes de partout. Ce ne serait pas correct vis-à-vis de mon collègue qu'il ait du ménage à faire en rentrant chez lui ce soir par ma faute. Son canapé était plutôt confortable … Trop d'ailleurs. Je somnolais dedans, et je crus même m'être endormie l'espace d'une minute ou deux avant qu'il ne vienne me rejoindre, changé. Je n'avais même pas entendu sa proposition de me servir dans son frigo, c'est vous dire ...


« Oui, excuse-moi, je commence à sacrément accuser le coup du voyage. J'arrive. »


Je me levai et m'étira un peu, avant de reprendre mon sachet repas et de rejoindre Warren. Mais avant de passer le pas de la porte, une photo attira mon regard. Je la fixai quelques secondes avant de m'en approcher, et de l'examiner. La famille de mon nouvel ami, je suppose, alors qu'il n'était encore qu'un enfant …Lui, je le reconnaissais, c'est pour cela que je pus l'affirmer. Et donc la jeune fille à côté de lui devait être sa sœur … Elle était plutôt mignonne à cet âge-là. Aujourd'hui, elle devait être une belle jeune femme. J'espérais de tout cœur que Warren reprendrait contact avec elle, et que tout se passerait bien entre eux. Il avait l'air d'être seul. Sans petite femme à s'occuper. Ou petit monsieur. Tiens d'ailleurs …


« Dis, ça n'a rien à voir mais … Est-ce que tu es … hum … Comment dire … Homosexuel ? Je n'ai pas l'impression que tu t'intéresses à la gent féminine … Désolée d'être indiscrète, hein, mais je me posais la question ... »


J'étais un peu gênée de lui avoir posé cette question. En temps normal, je ne l'aurais pas fait maintenant. Mais là, la fatigue, ajoutée à mes divagations … Voilà ce que l'on obtenait. Sur le chemin du retour vers l'institut, il me posa la question que j'attendais, sur ma famille. Lui souriant, je répondis volontiers.


« Non, je ne les vois pas trop souvent … J'ai de bonnes relations avec eux, mais … Je n'en ai jamais profité comme je le voudrais. Et ça me fait un peu culpabiliser par rapport à toi. Ils m'ont toujours encouragée dans les voies que j'ai voulu suivre, ils ont essayé d'être là le plus possible pour moi et pour ma sœur, malgré ses problèmes. Mais je leur parle de temps en temps … Je rattraperai le temps perdu si je dois rentrer au pays. Là, ça risque d'être compromis, vu la distance, et le fait que je travaille ici à présent ... »


Nous atteignîmes Kyrie assez vite. Regagnant enfin le bureau que nous allions partager tous les deux pour le moment, je m'installai derrière le mien, déballant avec avidité mon sachet, fixant la bave aux lèvres mon sandwich. Enfin, ENFIN ! Retirant le film plastique, je lançai un regard enjoué à Warren, avant de lui dire tout aussi joyeusement :


« Bon appétit ! Et que notre collaboration et amitié naissante prospère ! »


Je dévorais mon repas relativement vite. Si j'allais pouvoir me reposer cette après-midi, mon ami lui devait travailler. Je me demandais d'ailleurs de qui il s'occupait …


« Au fait, tu vas devoir faire quoi tout à l'heure ? Vu que c'est presque temps pour toi d'y aller … Tu t'occupes de beaucoup d'internes ? »

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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Jeu 7 Aoû - 15:26



Pendant tout mon récit, j’avais bien remarqué que la jeune femme baillait. J’étais ennuyeux n’est-ce pas ? C’est que j’en culpabilisais presque… avant de remarquer les valises sous ses yeux. Il est vrai qu’Eirin m’avait parlé de son long voyage éreintant. J’en connais une qui va bien dormir ce soir. J’aurai dû faire le lien plus tôt et puis, même si elle se décrochait la mâchoire sans cesse, je voyais bien que ses yeux témoignaient de son attention.


« Je vois. Allez, courage. Après tout, tu es en vie, et je doute que ta sœur ne t'en veuille … Tu devrais vraiment reprendre contact avec elle. Je suis certaine qu'elle te cherche elle aussi, sinon, elle n'aurait pas eu besoin que vos parents lui disent de ne plus te parler, n'est-ce pas ? »


« Si ça pouvait être aussi facile, tu penses bien que je l’aurais fait depuis longtemps seulement… »


Je m’interrompis, elle allait s’endormir si ça continuait et vu l’heure, il était plus sage de rentrer. Nous avions donc fait une halte chez moi comme prévue pour me changer. En allant rejoindre mon invitée dans le salon, je remarque qu’elle fixe le cadre photo. Au moins elle saura à quoi ressemble ma petite sœur. Mais soudain, elle retourna brusquement vers moi et semblait vouloir me demander quelque chose. Elle mit quelques secondes à réfléchir à ses mots et se lança.


« Dis, ça n'a rien à voir mais … Est-ce que tu es … hum … Comment dire … Homosexuel ? Je n'ai pas l'impression que tu t'intéresses à la gent féminine … Désolée d'être indiscrète, hein, mais je me posais la question ... »


Je mis un petit moment à réaliser ce qu’elle me demandait avec des yeux ronds avant de rire à gorge déployée. Je riais tellement que j’avais les larmes aux yeux et mes côtes commençaient à me faire souffrir.


« C’est réellement l’image que je renvoie ? Si mon orientation sexuelle te préoccupe autant, laisse-moi te rassurer. Je ne sais pas ce que je suis. Hétéro, homo ou bi, je n’en ai aucune idée. Je n’ai jamais rencontré l’amour mais je sais que quand il se présentera, ce sera la bonne personne et qu’importe qui elle est, je l’aimerai passionnément. Pour l’instant je ne l’ai pas rencontré alors je me concentre sur mon travail. »


Elle n’était pas la première à me poser cette question et ça m’amusais. Il est vrai que je n’ai jamais été amoureux. Peut-être était-ce à cause du fait que j’ai le nez un peu trop dans mes bouquins ou mon esprit tourné vers mon travail, allez savoir. Maintenant pourquoi je renvoyais cette image d’homosexuel secret ? Je me le demandais bien. En avais-je l’allure ? Les manières ? Correspondais-je à un stéréotype ? Finalement je ne voulais pas vraiment le savoir. Je risquerai de changer inconsciemment ce détail si je savais de quoi il s’agissait or c’était plutôt amusant et instructif : je pouvais aisément reconnaitre ceux qui étaient sincères avec moi, de vrais amis. Ceux qui ne disaient rien mais n’en pensaient pas moins. Et enfin ceux qui en parlaient dans mon dos.

Qu’importent les rumeurs, seuls les gens que j’apprécie et qui me connaissent réellement savent la vérité et ça me suffisait amplement.  J’adresse un sourire rassurant à la somnolente curieuse, lui montrant bien que je ne lui en voulais pas du tout. J’aimais les gens francs. En chemin vers Kyrie ce fut à son tour de se confier sur ses parents et je l’écoutais à mon avec beaucoup d’attention.


« Non, je ne les vois pas trop souvent … J'ai de bonnes relations avec eux, mais … Je n'en ai jamais profité comme je le voudrais. Et ça me fait un peu culpabiliser par rapport à toi. Ils m'ont toujours encouragée dans les voies que j'ai voulu suivre, ils ont essayé d'être là le plus possible pour moi et pour ma sœur, malgré ses problèmes. Mais je leur parle de temps en temps … Je rattraperai le temps perdu si je dois rentrer au pays. Là, ça risque d'être compromis, vu la distance, et le fait que je travaille ici à présent ... »


« Ne culpabilise pas pour moi, nous avons des familles différentes et ce n’est en rien ta faute. Si toi tu ne peux pas aller les voir, pourquoi eux ne viendraient pas ici ? Je suis sûr que l’internat te laisserait les inviter dans ton bungalow ou si besoin je pourrais te prêter mon loft. Je sais plus que quiconque que les relations familiales sont importantes et ça ne me dérangerai pas de te prêter mon logement afin que tu puisses revoir tes parents. » lui assurais-je en souriant de plus belle.


Comme on dit, ce sont ceux qui ont le moins qui donne le plus et je voulais qu’elle ait ce que je n’ai pas : une famille aimante et présente. Nous arrivâmes bien vite à notre bureau, le chemin du retour était vite passé avec toutes nos discussions. Une fois assis sur ma chaise en face de mon bureau, je ne tenais plus. L’odeur du sachet était réellement alléchante et ne pas manger depuis tout ce temps commençait à être un supplice. J’accroche mes chemises au porte-manteau et ouvre le sachet.  Je vois que ma collègue a été plus rapide que moi et commençait déjà à déballer son sandwich avec envie.


« Bon appétit ! Et que notre collaboration et amitié naissante prospère ! »


« Enjoy your meal ! Puisse notre travail être enrichissant et notre relation jamais altérée. » repris-je sur un air solennel avant de mordre dans mon repas avec appétit.


Le Nautilus est sans conteste un très bon restaurant. Même de simples sandwichs sont succulents là-bas. Je pense que j’étais affamé car je finis l’ensemble de mon repas en moins d’un quart d’heure. Par souci de propreté, je rassemble les miettes sur mon bureau dans ma main et les jette à la poubelle.


« Au fait, tu vas devoir faire quoi tout à l'heure ? Vu que c'est presque temps pour toi d'y aller … Tu t'occupes de beaucoup d'internes ? »


En effet il me restait peu de temps, 15 minutes d’après ma montre. De plus sa question était une colle. J’avais rendez-vous à la direction pour y chercher quelques dossiers mais je ne savais pas de quoi ils traitaient : des cas sérieux ou encore des petits délinquants qu’il fallait recadrer légèrement ? Je n’avais eu que ce genre de cas depuis mon arrivée. Même si ce n’était pas correct de dire ça, il s’agissait seulement de cas « insignifiants ». J’avais en effet plus le rôle d’une nounou que d’un éducateur. Étais-je réellement payé pour dire aux ados que la drogue c’est mal que les toilettes ne servent qu’à leur utilisation première ? J’espère que j’aurai bientôt mon premier vrai cas.


« Je n’en sais pas plus mais j’ai un dossier à aller chercher. J’espère que ce sera un cas intéressant. Il me semble que tu pars pour cet après-midi ? Bon alors je te dis à demain et reposes toi bien. Tu as vraiment l’air crevé. » lui confiais-je avant de reprendre ma veste et de me diriger vers la sortie.


Avant de passer le pas de la porte, je me retourne et saisis un bloc de post-it jaune fluo sur lequel j’inscris à la va-vite 10 chiffres. Je vérifie rapidement qu’il s’agit des bons et que mon écriture est lisible avant de le tendre à la jeune femme aux yeux bleus.


« Si tu as le moindre soucis ou la moindre question n’hésite pas à me contacter. Tu ne me dérangeras pas. Tu vois bien que le célibataire endurci que je suis à tout son temps avant de trouver son homme. » plaisantais-je en quittant pour de bon le bureau, le sourire aux lèvres.


Je n’étais plus seul à présent.





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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

MessageSujet: Re: Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren] Lun 25 Aoû - 20:52

Bon courage et à notre collaboration et amitié !




Surtout, ne pas m'endormir … J'avais les paupières vraiment lourdes depuis un bon moment. En plus, je baillais alors que Warren me parlait d'un sujet qui lui tenait à cœur et qui était important .. Le pauvre. E devais lui donner l'impression qu'il était ennuyeux. Il m'avait l'air d'être un brave type, mais qui prenait les choses trop à cœur ou trop personnellement. Et je n'avais pas envie de le faire se sentir mal, alors Eirin, reste debout au moins jusqu'à ce qu'il s'en aille travailler, il en va de ton honneur ! D'ailleurs, je lui avait donné mon avis sur sa sœur. J'étais déçue un peu qu'il me serve l'excuse du « si ça pouvait être aussi simple ». Il n'y avait pas grand-chose de compliqué à prendre un téléphone et composer un numéro que je sache … A moins … A moins qu'il ait oublié le numéro de sa propre sœur. Ou qu'il l'a effacé. Quoi que, cette option ne semblait pas vraiment coller au personnage … Il avait peur alors ? C'était l'option la plus probable. Il avait peur de faire son come-back peut-être ? Enfin, s'il était homosexuel s'entend … Il avait déjà été renié parce qu'il ne voulait pas reprendre la société familiale, alors si en plus il annonçait qu'il aimait les hommes … Ca pouvait ne pas passer. Cependant, sa réponse me laissa à moitié perplexe. Il venait de me dire qu'il n'avait jamais rencontré l'amour, cela voudrait-il dire que … ? Non Eirin, tu deviens trop curieuse, c'est mal. Arrête de t'intéresser à la vie sexuelle de ton nouveau collègue, c'est déplacé. Merci.


« D'accord, je vois. Eh oui, l'amour nous tombe dessus comme ça, sans qu'on ne s'y attende vraiment la plupart du temps. Je te souhaite de trouver cette personne. Je suis certaine qu'elle arrivera bientôt, ne t'en fais pas. »


Ah, l'amour, ce sentiment si détesté et apprécié à la fois, recherché et fui … Le Yin et le Yang. Cela faisait longtemps que moi-même j'étais seule. Je n'avais eu que deux petites amies dans toute ma vie. A bien y penser, c'est vrai que c'était quelque chose qui me manquait quand même pas mal. Sentir cette douce chaleur près du cœur, et qui pourrait réchauffer n'importe quel corps gelé, cette impression d'être constamment heureux, sourire à tout-va, se sentir bien, être motivé pour tout, déplacer des montagnes, et surtout recevoir des marques d'affection en quantité … Oui, ça me manquait. Mais bon, on ne commande pas ce sentiment. On ne force pas les gens à tomber amoureux de vous. Si je devais trouver mon âme sœur ici, à Kyrie … Eh bien, pourquoi pas. Je ne m'attends pas à grand-chose cependant … Il ne manquerait plus que ce soit une interne. Si c'était le cas … Je ne saurai pas ce que je ferais. Mais ça n'allait pas arriver, hein ? N'est-ce pas ? Je n'avais pas forcément très envie d'être catégorisée comme une pédophile. J'avais environ dix ans, si ce n'est plus, d'avance sur tous les internes ici. Je pouvais m'attirer de graves problèmes si jamais cela m'arriverait. Enfin, nous verrons bien ce que l'avenir nous réserve …


Finalement, le sujet de mes parents vint sur la table. Je lui répondis avec honnêteté, le plus franchement du monde. Avec ce qui s'est produit dans mon passé, j'avais préféré mettre une certaine distance entre moi et ma famille. Ce lien n'était plus aussi fort et significatif qu'avant pour moi. J'avais mes raisons, mais étaient-elles réellement justifiées au final ? Parler de ça avec Warren m'avait fait comme prendre conscience que j'avais tort. Ou bien n'était-ce que la culpabilité qui me faisait ressentir les choses comme ça ? Possible également … En tout cas, sa réponse me mit encore plus dans le doute. Certes nous n'avions pas les mêmes familles, mais tout de même. Les faire venir ici ? Non, impossible. Je souris un peu à mon ami avant de décliner poliment son offre.



« Désolée, mais ça ne sera pas possible. Mes parents ont la phobie des avions, et un trajet en bateau serait beaucoup trop fatiguant pour eux. Et puis ils sont très casaniers et attachés à la maison, je doute qu'ils acceptent de la laisser autant de temps que le voyage leur coûterait. Mais merci quand même de la proposition, c'est gentil. »


Je savais que si j'avais besoin, je pouvais compter sur mes parents. Mais la situation actuelle me convenait. Je n'avais pas spécialement besoin de les voir tout le temps, et puis j'étais adulte, j'avais besoin d'indépendance. J'étais satisfaite d'être ici et de recevoir de temps en temps des appels de mes parents. Et puis au moins, je pouvais faire ce que je voulais sans devoir me plier à quelque contrainte que ce soit. Ou bien écouter les inquiétudes infondées et incessantes de ma mère … Ah, qu'es-ce qu'elle me faisait manger … Heureusement que je faisais du sport à côté, sinon je ne serai pas aussi fine qu'aujourd'hui ! En parlant de manger, nous dévorions plus ou moins rapidement notre repas du midi, trinquant à notre collaboration et amitié nouvelle. J'étais contente de m'être fait un proche dès mon premier jour.Cela me donnait confiance pour attaquer mon travail le plus tôt possible, je l'espérais.


Je comatais de plus en plus, malgré mon appétit vorace du moment. Allez Eirin, courage, plus que quelques minutes à tenir éveillée … Après, tu pourras t'affaler comme une baleine échouée sur ton lit, à condition de trouver ton bungalow … Ca, c'est la partie facile. Là où ça devient compliqué, c'est de ne pas s'effondrer sur le chemin. C'était déjà beaucoup plus dur, ça. J'avais interrogé Warren sur son travail à faire cette après-midi, ce à quoi il m'avait répondu qu'il avait un dossier à aller chercher. Un premier interne à s'occuper, enfin ? Ce serait bien pour lui. A force de n'enchaîner que des petites tâches ingrates, il allait se démoraliser le pauvre … Il me répondit qu'effectivement, i lavait un dossier à aller chercher. Je souris grandement à cette phrase. Enfin le bulot lui souriait. J'étais contente pour lui, vraiment.



« Hé hé, tu vois ! Fallait pas désespérer ! Oui, je vais rentrer à mon bungalow quand tu t'en iras. Je confirme, je suis totalement crevée de chez crevée. Merci, et toi je te souhaite de bien travailler ! Bon courage, j'espère que ton interne ne sera pas trop ingérable. On se voit demain de toute façon. »


Je lui fis un petit signe de la main en souriant, alors qu'il semblait se diriger vers la sortie. Sa première vraie journée de boulot donc, le reste étant du travail que je qualifierais de facile et au final peu intéressant. Il faisait le travail des surveillants et du CPE jusque-là. Rien à voir avec notre travail d'éducateurs. Warren sembla prendre quelque chose et écrivit quelque chose dessus. Visiblement, c'était son numéro, d'après ses paroles. Oui, ça pourrait être pratique pour notre collaboration, et puis même pour s'organiser de petites sorties qui sait ? J'avais hâte de voir ce que le futur nous réserverait.


« Pas de problème. Je t'enverrai un message quand je serai rentrée, alors. Allez, file, tu vas être en retard. Bon courage ! »


Une fois qu'il fut parti, j'allai récupérer le morceau de papier et le rangea dans ma poche. Eh bien, premier jour, première belle rencontre. Je savais à présent que moi non plus, je ne serai pas seule ici, à Kyrie.

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Paperasse, visité guidée et collègue [PV Warren]

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