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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Ven 25 Juil - 3:16

Awkward ...




Cela faisait six jours depuis que j'avais ramené Reika à son bungalow après notre première entrevue, mais notre séparation ce soir-là m'avait marquée. Je me la ressassais chaque nuit, avant de m'endormir, où à chaque fois que je posais les yeux sur son bungalow. Ses pleurs m'avaient profondément touchés. Deadly n'avait pas fait son apparition. En revanche, quelque chose d'autre avait pointé le bout de son nez à sa place : l'espoir. J'avais offert l'espoir à Reika, car elle m'avait confié le lendemain que c'était la première fois qu'elle l'avait empêchée d'apparaître. J'avais réussi à lui apporter une chose essentielle pour elle, pile au bon moment. Ce simple fait m'avait fait ressentir un bonheur intense. J'avoue que le câlin que je lui avais donné avait été plus instinctif qu'autre chose, comme si un éventuel instinct maternel avait prit le dessus. Et au final … C'est peut-être ce qui l'avait « sauvée ». J'avais senti en cet instant qu'elle revivait, même si ce n'avait été qu'une poignée de secondes. Et j'en avais retiré une fierté immense. Je me suis dit que j'étais utile à cette petite, que j'avais réussi à lui faire apercevoir un futur brillant … Mais en contrepartie, je m'étais rajouté un énorme poids sur les épaules. Je devais faire en sorte que ses espoirs n'étaient pas des faux. Je devais encore plus me donner à fond pour elle. Et je le ferais, je le jure.


Reika ne m'avait envoyé aucun message, jusqu'à aujourd'hui. Cela m'avait d'ailleurs assez surpris, mais j'étais contente. Un peu moins cela dit en voyant le contenu de son message … Sécher les cours, c'était une mauvaise idée. Mais bon, je la connaissais bien maintenant, ça ne servirait à rien que je lui dise d'y aller : elle ne m'écouterait pas. Peut-être que je pourrais l'aider un peu dans cette matière ? Je lui proposerai tiens. Quoi qu'il en soit, elle m'avait proposé de venir la voir pour l'accompagner à faire ses courses. J'y décelai à mon avis une envie de me voir. Cette pensée me faisait chaud au cœur. A mon avis, elle cachait ce désir derrière son fameux « je ne te garantis pas que je ne te taxerai pas d'argent ». Ou peut-être que je me trompais, mais j'étais plutôt confiante dans mon point de vue. C'était un peu moins d'une heure et demie de l'après-midi, et elle voulait y aller pour quatorze heures. Je fis une petite toilette rapide, pris mes affaires et mes papiers, puis rejoignis le bungalow de ma petite rousse préférée en lui envoyant un message sur son téléphone, lui indiquant que j'arrivais dans trois ou quatre minutes.


Le trajet n'était pas long, mais durant les quelques centaines de mètres qui séparaient nos deux bungalows, j'avais eu le temps de me demander ce qu'elle comptait acheter. Elle n'avait pas besoin de mon argent pour ne s'acheter que de l'alimentaire, les étudiants semblaient avoir droit à une petite réduction, du fait de leur condition … Comptait-elle s'acheter des vêtements ? Des sous-vêtements peut-être ? Elle voulait mon avis ? Eh bien … Pourquoi pas, si c'était ce qu'elle voulait effectivement. Je n'en savais rien après tout. J'arrivai devant son bungalow, prête, et l'appela.



« Reika ? Je suis là, c'est Eirin ! »


Pas de réponse. Je la rappelai une ou deux fois, sans succès. Bizarre … Je me permis d'ouvrir la porte et d'entrer. Missa n'était pas là, elle devait probablement être allée en cours, elle au moins. Ma protégée devrait prendre exemple sur elle, pour ce cas précis. Je ne connaissais pas trop sa colocataire, je n'en avais qu'entendu parler. Elle semblait vivre très bien et en plus ou moins harmonie avec sa double personnalité. Une chance pour Reika, elle pouvait avoir une vraie amie qui la comprenait entièrement. Je n'avais pas cette prétention, car je n'étais pas schizophrène, mais sur le reste, je pense que je connaissais ma rousse plutôt bien. Je la cherchai du regard. Je savais qu'elle avait eu cours ce matin, donc j'espérai quand même la trouver habillée et j'espérais qu'elle n'avait pas séché. Etant donné mon âge et le sien, si quelqu'un passait par là et nous voyait, elle nue ou presque, et moi, dans son bungalow … Je risquais probablement gros, même si je n'avais aucune intention de ce genre avec elle.


« Reika ? Tu es là ? Je t'ai appelée et ... »


Oh, non. Pile ce que je ne voulais pas qu'il se produise. Elle était près de l'armoire, juste en culotte, en train d'enfiler son débardeur. Je ne pus détourner mon regard de son corps, pendant un instant. Elle avait tellement de cicatrices, la pauvre … Mais je ne trouvais pas ça repoussant. Cela lui donnait un air différent, unique, à part. Mais qu'est-ce que j'étais en train de dire moi !? Je me retournai vivement, confuse.


« Excuse-moi, comme tu ne me répondais pas … Enfin, voilà … Je … Je vais t'attendre dehors, d'accord ? »


Un frisson parcourra mon échine, et je sortis du bungalow en secouant la tête. Mais pourquoi étais-je autant gênée comme ça ? D'habitude, voir d'autres personnes en sous-vêtements ne me dérangeait pas. Mais là, c'était différent. C'était Reika … Il y avait la différence d'âge, et il y avait son corps. Corps sur lequel je n'avais pas pu détourner les yeux pendant quelques instants, tout de même. Ce n'était pas un regard surpris, mais plutôt un regard … Je ne sais pas … Attiré ? Après tout, je ne l'avais pas détourné tout de suite … Curieux … Mais bon, passons, oublions cet instant, et attendons Reika. Elle ne mit pas longtemps à sortir sa frimousse, entièrement habillée cette fois. Je lui souris, encore un peu gênée.


« Encore désolée pour … l'incident. Tu es prête ? »


J'attendis sa réponse, avant de nous mettre en chemin. Après quelques instants silencieux, je repris la parole, pour faire la discussion.


« Je suppose que tu t'attends à ce que je te dise que sécher c'est mal. Donc voilà, on va dire que c'est fait, je n'ai pas envie de m'attarder dessus … Je ne suis peut-être pas la meilleure en maths non plus, mais si jamais tu as besoin d'un coup de main et que Missa ne peut pas t'aider, tu as mon numéro. Bref … Tu as passé une bonne matinée quand même ? Et tu comptes me dire ce que tu voulais acheter ? De toute façon, je serai obligée de le savoir, alors tu ne penses pas qu'on gagnera du temps si tu me le disais ? »


Je gardais un petit sourire très énigmatique volontairement. J'aimais bien la taquiner un petit peu, et elle ne semblait pas spécialement détester ça. Cela faisait déjà deux ou trois jours que je me le permettais, et cela se passait bien. Elle me le rendait un petit peu, elle aussi. Je voulais voir si elle allait avoir la curiosité de me demander pourquoi je souris comme ça. J'allais m'amuser un petit peu, en guise de punition pour le fait qu'elle ait séché les mathématiques. Si elle me posait la question, je la ferais tourner en bourrique avec ma théorie sur son texto ...

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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Lun 28 Juil - 21:51


 
Deuxième semaine, septième jour





Depuis notre première et dernière rencontre avec Eirin, je me sentais perdue. C’était bien la première fois que je m’ouvrais à quelqu’un de la sorte. Avec elle je ne me cachais pas derrière un masque comme je le faisais souvent. Mes paroles et mes actes étaient bien réels. Il n’y avait pas à dire soit cette femme était la bonne, soit elle était très forte.  Je ne savais pas vraiment quoi penser d’elle et ça me perturbait.

Cela faisait maintenant moins d’une semaine que je ne l’avais pas vue. M’avait-elle oubliée ? Voulait-elle m’oublier ? Et pourquoi je me sentais trahie de cet abandon ? Je devrais arrêter de psychoter et faire le premier pas pour une fois. Elle voulait surement me laisser le temps de me remettre. En attendant je voulais la revoir. Mais juste pour la tester ! Je ne pouvais pas m’attacher à elle. Je devais me préparer à toute éventualité : apparition de Deadly ou trahison de l’éducatrice.

Bon je devais trouver un prétexte pour la voir sans qu’elle ne se fasse de faux espoirs. Le papier avec son numéro qui trainait sur ma table de chevet me parut une évidence : j’allais lui envoyer un message. Mais que lui dire ? « Hey ! Qu’est-ce que tu fais ? » ; « Tu as toujours des cookies avec toi ? » ; « Pourquoi tu ne viens plus ? T’as eu peur ? ». Non je ne pouvais rien écrire de tout ça. Comment pouvais-je l’interpeller ? J’y réfléchis tout ce matin. Il faut dire qu’entre l’art plastique et l’histoire géographie j’avais largement le temps.

Finalement l’idée de génie m’apparut lorsque je regardais mon emploi du temps. Deux heures de maths ? Hors de question ! Je ne tiendrais jamais. Je déteste déjà assez les cours alors comment sécher tranquillement ? En embarquant Eirin avec moi ! Ça c’était une bonne idée. Seulement nous ne pourrions pas rester ici, je me ferais vite ramener à l’ordre par les surveillants. La ville de Kyrie me parut une bonne alternative. De plus j’avais besoin d’aller au supermarché, la dernière apparition de Deadly en face de Missa avait tâché mes vêtements de sang indélébile et m’avait causé de nouvelles cicatrices que je devais continuer de soigner des semaines après. Elle y était allée fort cette fois-là.

C’était décidé ! Après le repas, je saisis mon portable et lui envoie le message, me montrant distante et désagréable. Elle laissa tomber l’espoir de me faire changer d’avis pour les maths et elle avait bien raison. Je ne pus m’empêcher de sourire, elle allait enfin venir me voir après tout ce temps. Je me suis alors précipitée à mon bungalow pour m’y changer et me prendre une tenue plus agréable. Mon sac ne me quittera pas, c’est certain. Il ne me restait plus qu’à choisir ma tenue. J’optais finalement pour un baggy en jean foncé et un débardeur noir mais avant de m’habiller je devais retirer mes vieux bandages. Ils avaient pris une teinte cramoisie par endroits et ça n’avait pas l’air sain. Je retire donc mes vêtements du jour  ainsi que mes bandages. Finalement mes blessures semblaient avoir plutôt bien cicatrisé, c’était bon signe.

Je jette ainsi les vieux bandages et commence à enfiler mon débardeur lorsque j’entends la porte s’ouvrir. Pensant que c’est Missa, je ne prends pas la peine de me retourner jusqu’à ce que…


« Reika ? Tu es là ? Je t'ai appelée et ... »


Je reconnaissais cette voix. Mais oui. Ce n’était pas Missa mais…


« Excuse-moi, comme tu ne me répondais pas … Enfin, voilà … Je … Je vais t'attendre dehors, d'accord ? »


Eirin repartit après avoir bloqué un moment sur mon corps en sous-vêtement. Mes cicatrices avaient dû l’effrayer, zut. Au moins elle savait à quoi s’attendre à présent. Enfilant rapidement mon baggy et une paire de baskets hautes, j’attrape mon sac à la volée et pars rejoindre l’éducatrice sur le palier qui balbutiait quelques excuses. J’essaye de la déculpabiliser.


« Tu ne m’as vue qu’en sous-vêtements, c’est comme un maillot de bain. Et puis dis-toi que mes « anciens clients » m’ont vu bien plus dénudée encore… Mais ça c’est une autre histoire. Je suis prête allons y. »


Descendant le petit escalier de deux marches, je pars en ville avec l’éducatrice à mes côtés. J’avais déjà eu l’occasion de repérer le supermarché. Il était assez voyant avec toutes ses affiches publicitaires. J’avais hâte de le visiter. J’y entre la première, des étoiles dans les yeux. Il y a tellement de monde ici, c’est si… plein de vie. Je me tourne vers la femme en souriant.


« Ok, il me faut un nécessaire complet à pharmacie puis de nouveaux vêtements, je n’ai plus que 3 tee-shirts et deux pantalons à cause de Deadly. » expliquais-je avant de m’enfoncer dans les galeries marchandes.


Nous trouvâmes très facilement la pharmacie. Je détaillais rapidement les rayons. Il me fallait au minimum des bandages et du désinfectant. La pommade cicatrisante sera un plus. Je préférais acheter mon propre matériel par sécurité. L’infirmerie était ouverte bien évidemment mais les apparitions de Deadly étaient si soudaines que je n’avais pas toujours l’occasion d’aller là-bas en temps et en heures. On ne savait jamais et puis si mon sac ne me quittait jamais, c’était bien pour ça.


« Je ne sais pas si c’est parce que nous sommes sur une île mais tout est si cher. Peut-être que c’est moi qui n’ai pas la notion des prix. J’espère que j’aurai assez. Au fait si tu veux me poser des questions ou autres c’est le moment. Sinon j’achète mes trucs et je repars. » Déclarais-je dans l’espoir de faire naître une conversation.


Ce que j’espérais surtout, c’est qu’elle me pose des questions que je pourrais lui poser en retour. Je ne voulais pas me rapprocher d’elle mais au moins en savoir plus sur l’éducatrice. Après tout elle n’était pas venue me voir pendant six jours. D’ailleurs pourquoi revenir maintenant comme une fleur et sans explications ? Ça me blessait un peu mais je ne voyais pas vraiment pourquoi.


« Pourquoi tu n’es pas venue me voir depuis notre rencontre ? Je n’étais pas censée t’avoir sur le dos tous les jours ? » Lançais-je innocemment, essayant de me montrer froide.





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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Mar 29 Juil - 18:05

Espièglerie salvatrice.




J'étais de bonne humeur depuis que j'avais reçu ce petit message de la part de ma rousse. De bonne humeur, certes, mais je sentais que Reika jouait la carte de la distance. Cela se voyait déjà dans son texto, mais j'avais mis ça sur le compte du masque pour cacher ce qu'elle ressentait vraiment. Maintenant que je l'avais à mes côtés, je sentais que c'était le cas. Et elle me parla de ce qu'elle avait appelé des « anciens clients » ? Ne me dites pas que … Reika, j'espère me tromper. J'espère que malgré le fait que tu as vécu dans la rue, tu n'as pas vendu ton corps … Instantanément après avoir entendu et compris que c'était bel et bien le cas, je sentis beaucoup de peine dans mon cœur, au plus profond de moi. Alors, elle fut obligée d'en arriver à de telles extrémités pour survivre, à l'époque … Je comprenais mieux ses paroles de la semaine dernière, lorsqu'elle me disait qu'un repas complet et sain lui convenait. Cette histoire qu'elle venait de me raconter implicitement, juste avec ces deux petits mots, m'atteignait anormalement. C'était comme si … comme si cela me concernait directement. Pourquoi ? Parce que Reika était spéciale à mes yeux ? Ou pour une raison qui m'échappe? Tout ça me préoccupait.


Cette dernière semaine, pendant que j'étais indisponible pour elle car Kyrie m'avait demandé d'établir un plan de travail que je devais leur exposer pour savoir si j'étais capable de gérer plusieurs internes ou non, j'avais énormément pensé à elle. J'étais allée lui coller un petit message sur la porte de son bungalow, ne sachant pas quand elle y était ou non, la prévenant de mon absence. Je n'avais pas pu lui envoyer de texto pour la prévenir, car je n'avais pas son numéro, jusqu'à aujourd'hui. Reika réveillait en moi des sensations qui m'étaient encore inconnues jusque là. Est-ce que c'était ça, l'instinct maternel ? Je savais ce que cela faisait d'avoir une sœur et une petite amie, mais ce que je ressentais là ne semblait être ni l'un ni l'autre : c'est la raison pour laquelle je penchais plutôt sur ça. Mais d'un autre côté, je me sentais encore gênée de l'avoir vue presque nue. Est-ce que cela venait de mon orientation sexuelle ? Il est vrai que j'avais toujours été un peu embarrassée de voir des corps féminins en tenue d'Eve, mais pas à ce point. Je me sentais comme une jeune adolescente qui découvrait un peu tout ça … C'était vraiment dérangeant. J'allais devoir faire une vraie introspection quand je serai seule à nouveau : ça en devenait urgent. Je devais identifier le plus vite possible ce qu'était ces sensations, auquel cas je ferai sans doute mal mon travail, et je ne pouvais pas me permettre de laisser tomber Reika. Cela faisait déjà presque une semaine que j'avais retardé mes visites à cause de ce qu'on m'a demandé de faire. J'allais devoir rattraper ce temps perdu. Allez Eirin, concentre-toi sur ça …


J'avais apprécié que ma protégée tente de me faire me sentir « mieux », mais avec son histoire de clients, c'était un peu raté, il fallait l'avouer. C'était curieux, cette impression d'avoir été blessée personnellement … J'étais déjà si attachée que cela à Reika ? Est-ce que je prenais mon travail trop à cœur ? Je ne pouvais plus faire machine arrière de toute façon, j'avais déjà promis à ma rousse de donner le maximum de moi-même. Et comme je suis une femme d'honneur … Le trajet avait été très calme et silencieux. Moi dans mes pensées, et Reika dans les siennes, probablement. J'avais quand même pu sentir que bien qu'elle avait l'air toute contente et émerveillée, quelque chose n'allait pas. Quelque chose qu'elle enfouissait en elle, mais qui voulait sortir. Et ce n'était pas Deadly, sinon, elle ne serait pas là, toute souriante, l'air fascinée comme une petite fille devant le marchand de glaces. Je pense qu'elle voulait me parler de quelque chose en particulier, mais qu'elle n'osait pas. Lui rendant son sourire, je l'écoutais me donner ses instructions. Donc elle allait devoir s'acheter des vêtements et de la pharmacie … Non seulement Deadly était indésirable, mais en plus elle lui coûtait beaucoup d'argent … Une question me taraudait l'esprit. J'hésitais un peu à la lui poser, de peur de lui retirer sa bonne humeur, mais au final je le fis quand même. Ma curiosité finira par me perdre, un jour ...



« Pas de souci, je te suis. Tu dis à cause de Deadly … Est-ce que … c'est elle qui t'a causé toutes ces cicatrices ? Elle te lacère avec ses ongles, ou avec un objet ? Oh, et pour tout à l'heure, c'est juste que je ne voulais pas passer pour une voyeuse. Je respecte ton intimité, et tu n'avais peut-être pas envie d'être vue comme ça par moi. Alors, je m'en excuse. »


J'avais délibérément séparé Deadly de Reika en disant « ses ongles ». L'une n'était pas l'autre. Elles partageaient certes le même corps, mais ce sont deux personnes bien distinctes. L'une est un parasite, l'autre sa victime. Reika était comme une très belle pomme, bien appétissante. Mais à l'intérieur, quelque chose la pourrissait. Quelque chose dont elle n'a pas eu le choix de vivre avec. Quelque chose qui la corrompt contre sa volonté. Je n'arrêtais pas de la regarder. En ce moment, personne n'aurait pu dire qu'elle avait vécu son passé actuel et qu'elle était schizophrène. Elle ressemblait à une adolescente normale, sans histoire. C'était pour moi une preuve suffisante que sans Deadly, sa vie irait bien mieux. Elle était capable de la repousser, la preuve avec la semaine dernière … Il fallait juste trouver comment, et réitérer l'exploit. J'étais totalement prise par mes pensées, je réfléchissais à cent à l'heure, je me questionnais, je cherchais des pistes pour aider Reika, aussi, je n'étais pas très réactive, contrairement à mon habitude. Je fus rappelée à l'ordre par la voix de ma rousse, qui semblait vouloir créer un dialogue avec moi. Je m'en voulais d'autant plus d'être amorphe maintenant … Cependant, sa dernière question, qu'elle masqua derrière un voile de glace, me surpris. N'avait-elle pas lu mon mot ?


« Oui, excuse-moi, je vagabondais un peu dans ma tête … C'est possible, je ne saurais pas te dire si c'est plus cher ici que sur le continent, parce que cela ne fait qu'une semaine que je suis arrivée à Kyrie, et je ne suis jamais allée en France auparavant. Si tu n'as pas assez, je veux bien t'avancer un peu d'argent … Mais n'abuse pas non plus, d'accord ? Pour te répondre d'abord, je t'avais prévenue que je serais prise entre cinq jours et une semaine à cause de l'administration de Kyrie, et que j'attendais que tu m'envoies un SMS pour qu'on puisse se voir en fin de journée, comme je t'avais initialement annoncé. J'avais écris ça sur un bout de papier que j'avais scotché à la porte de ton bungalow, comme je n'avais pas ton numéro … Je suppose donc que tu n'as pas pu le lire, sinon, tu ne m'aurais pas dit ça. Désolée. »


C'était donc ça qui la dérangeait … Le fait que je ne sois pas venue la voir durant six jours … Son malaise n'était que le fruit d'un malentendu, et heureusement en un sens. Ce n'était pas vraiment grave du coup, ça aurait pu être pire. Mon comportement d'un peu plus tôt aurait pu la vexer, ou la blesser même. Après tout, son corps était différent, à l'image d'un champ de bataille pour beaucoup de personnes. Moi, je ne partageais pas cette vision. Certes il était abîmé, mais j'avais envie d'en prendre soin. Le corps et l'esprit sont intimement liés, il faut prendre soin des deux. Je ne savais pas trop comment Reika se voyait. Elle voulait que je lui pose des questions ? Eh bien il était temps de s'y mettre. Je me remis à sourire malicieusement, un peu revigorée maintenant que j'avais compris que le petit mal-être qu'elle ressentait n'était au final pas grand-chose. Histoire de détendre l'atmosphère, je décidai de remettre sur le tapis son apparente bonne humeur masquée derrière un masque de fer lorsqu'il s'agissait de parler de moi.


« En tout cas, tu as l'air bien contente que je sois là avec toi. Je crois que le fait que tu te caches derrière une fausse distance veut me dire que tu m'en veux de ne pas avoir été près de toi, je me trompe ? »


J'aimais beaucoup taquiner les gens que j'aime. Qui aime bien châtie bien, n'est-ce pas ma petite rousse ? Tu vas en faire les frais à l'avenir … Mon regard était à l'image de mon sourire : empreint d'une lueur vive et espiègle. Reika avait trouvé ce qu'il lui fallait, et il semblait qu'elle ne manqua pas d'argent pour payer ses achats. Une fois ceci fait, je l'accompagnais jusqu'à une boutique de vêtements, située quelques boutiques plus loin.


« Alors, qu'est-ce que tu penses de moi ? Sur tous les plans s'entend. »


C'était plus une question pour rire et l'embêter un petit peu. Il était facile de deviner qu'elle m'appréciait et qu'elle aimait ma compagnie. Il suffisait de voir son grand sourire sincère qu'elle tentait parfois de dissimuler derrière une fausse distance, à laquelle je ne faisais d'ailleurs aucunement attention. Je regardais moi aussi les vêtements proposés. Après tout, autant profiter de sortir avec Reika pour lui demander son avis.


« Tu portes plutôt quoi comme style de vêtements habituellement ? Je suppose que tu ne portes pas ou peu de robes ? »


A la voir comme ça, c'est vrai qu'elle n'avait pas trop l'air de l'archétype féminin. Après, de là à dire qu'elle négligeait son apparence, je n'étais pas d'accord. Elle avait plutôt l'air de soigner un minimum son image. Je me demandais à quoi elle ressemblerait dans une robe … Cette idée me fit sourire. Un sourire bien étrange, doux et mystérieux à la fois ...

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MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Mer 30 Juil - 0:06



Depuis que nous étions parties de l’internat, nous avions peu parlé avec Eirin mais elle m’avait tout de même posé quelques questions et la première concerna, comme on pouvait s’y attendre, Deadly. Mes cicatrices semblaient la troubler et je ne pus m’empêcher de caresser celles encore visibles sur ma joue par réflexe. Elle ne semblait encore rien savoir sur moi.


« Pas de souci, je te suis. Tu dis à cause de Deadly … Est-ce que … c'est elle qui t'a causé toutes ces cicatrices ? Elle te lacère avec ses ongles, ou avec un objet ? Oh, et pour tout à l'heure, c'est juste que je ne voulais pas passer pour une voyeuse. Je respecte ton intimité, et tu n'avais peut-être pas envie d'être vue comme ça par moi. Alors, je m'en excuse. »


« Pour tout à l’heure je t’ai dit que ce n’était pas grave, c’était un accident. Ensuite pour Deadly, c’est son moyen de garder le contrôle le plus longtemps possible sur moi. Elle apparaît durant mes moments de tristesse, de doute, de peur,… La douleur est le seul moyen qu’elle a pour rester maître de mon corps. Elle le mutile donc avec tout ce qu’elle trouve. La première fois elle avait brisé le miroir de la salle de bain et m’a entaillé les bras et les jambes, c’est là où j’ai aussi eu ma blessure à la joue. La seconde fois, elle a saisi un ciseau et m’a coupé les cheveux et la peau de mon ventre. Ça a été ainsi de suite, toujours dans la surenchère.  Quand elle ne trouve pas objets contondants, elle utilise en effet mes ongles ou mes dents pour me faire mal.
Eirin, ne dit jamais que c’est son corps. C’est le mien et elle n’est qu’un parasite. Je ne lui appartiens pas, quel qu’en soit la manière d’accord ? »



Là-dessus j’étais stricte. Je ne donnais pas à Deadly l’autorisation d’exister. Elle était dans ma tête, juste dans ma tête.  Elle devait y rester. Je la dissociais de moi qu’après un de ses méfaits car après tout, c’est elle qui tuait. Pas moi. Lâchant un soupire, je décide de ne plus y penser. Ce n’est pas le moment. J’avais une fin de journée agréable à passer avec Eirin aujourd’hui.

Les articles que j’avais choisis étaient peut-être un peu trop onéreux mais ils étaient nécessaires. Une fois à la caisse j’y laisse une grande partie du peu d’argent que j’avais mais je ne pouvais pas faire autrement. Et puis j’avais prévenu la jeune femme, si j’avais besoin d’argent, je ne me gênerais pas pour lui en emprunter. Et oui j’ai bien dis emprunter. J’étais quand même quelqu’un d’honneur et je ne voulais pas avoir de compte à rendre par la suite.


« Oui, excuse-moi, je vagabondais un peu dans ma tête … C'est possible, je ne saurais pas te dire si c'est plus cher ici que sur le continent, parce que cela ne fait qu'une semaine que je suis arrivée à Kyrie, et je ne suis jamais allée en France auparavant. Si tu n'as pas assez, je veux bien t'avancer un peu d'argent … Mais n'abuse pas non plus, d'accord ? Pour te répondre d'abord, je t'avais prévenue que je serais prise entre cinq jours et une semaine à cause de l'administration de Kyrie, et que j'attendais que tu m'envoies un SMS pour qu'on puisse se voir en fin de journée, comme je t'avais initialement annoncé. J'avais écrit ça sur un bout de papier que j'avais scotché à la porte de ton bungalow, comme je n'avais pas ton numéro … Je suppose donc que tu n'as pas pu le lire, sinon, tu ne m'aurais pas dit ça. Désolée. »


« Quel papier ?... »


Elle m’avait donc prévenu de son absence. Je me trouvais bien bête de lui en avoir voulu. Quelqu’un avait dû arracher le papier par méchanceté ou il a du s’envoler avec le vent. J’étais stupide. Je me sentais tellement ridicule que je pouvais sentir mes joues en feu. J’avais honte. J’étais tellement puérile et je m’en voulais. C’était certain. Je quitte donc la pharmacie en glissant les articles dans mon sac et en évitant soigneusement le regard de l’éducatrice.


« En tout cas, tu as l'air bien contente que je sois là avec toi. Je crois que le fait que tu te caches derrière une fausse distance veut me dire que tu m'en veux de ne pas avoir été près de toi, je me trompe ? »


« Euh… Je… Je ne vois pas de quoi tu parles ! Et puis d’abord j’ai juste besoin de ton argent. La pharmacie m’a ruinée. Et si tu es là c’est pour faire ton travail, c’est tout ! » déclarais-je sur la défensive, encore plus rouge que mes cheveux.


Mes sentiments se voyaient-ils tant que ça ? Arrivait-on à lire en moi comme dans un livre ouvert ? Je suis sure que c’est une sorcière qui possède des pouvoirs psychiques. Je ne vois pas d’autres explications possibles… Ou alors je devrais peut-être essayer de calmer mes émotions ? Non, ça ne peut venir que d’elle. C’est son boulot de lire dans mon cerveau après tout non ?...


« Alors, qu'est-ce que tu penses de moi ? Sur tous les plans s'entend. »


Cette question me ramena à la réalité et je me mis à la fixais bizarrement. Qu’est-ce qu’elle sous-entendait par « sur tous les plans » ? Est-ce qu’elle me voyait comme… ? Non impossible, j’étais bien trop jeune. Mais elle ne m’avait pas dit qu’elle n’était intéressée que par les filles ?... Mon teint rouge ne décolla pas et je me forçais à fixer le bout de mes chaussures. Je n’avais eu qu'une relation qu’avec une fille : c’était Missa et c’était sous la contrainte. Je secoue la tête. Eirin ne voulait certainement pas parler de ce genre de chose. Je me faisais des idées. Ou alors elle me cherchait ? Je décide alors de ressortir la carte du désintérêt et du froid.


« Juste une femme envahissante. » Lui répondis-je simplement.


A présent, nous nous dirigions vers la boutique de vêtements à quelques mètres de là. Ici les vêtements ne coûtaient presque rien car il s’agissait d’une friperie. Ça me suffisait amplement. Je me mis alors à fouiller dans le bac de tee-shirt à trois euros, perdue dans mes pensées. Ce fut une nouvelle fois l’éducatrice qui m’extirpa de ces dernières.


« Tu portes plutôt quoi comme style de vêtements habituellement ? Je suppose que tu ne portes pas ou peu de robes ? »


Je la dévisageais une nouvelle fois comme si elle venait de m’annoncer que la tomate est bel et bien un légume. Finalement je détache mon regard et reprends ma fouille.


« Au cas où tu ne l’aurais jamais remarqué, je ne porte que des pantalons. C’est bien plus pratique, plus chaud et… »



Un sourire malicieux prit place sur mes lèvres, à mon tour de la taquiner.


« Les robes et les jupes c’était quand je me prostituais. Plus simple à retirer, ça allait plus vite… et plus courtes elles étaient, plus les clients appréciaient…» lui dis-je en m’amusant à appuyer mes mots en guettant sa réaction.


Me trouvait-elle dégoutante à présent que je disais la chose clairement ? C’était probable et qu’importe. Elle me cherchait, elle m’a trouvé. Puis si je pouvais jouer de ça, ça pourrait être amusant. Riant intérieurement, je choisis plusieurs tee-shirts, pantalons et vestes avant de me diriger vers la cabine d’essayage.  Une fois à l’intérieur, je ferme le rideau de la cabine et commence à me dévêtir.


« Au fait pour les sous-vêtements, j’irai en prendre des neufs dans une autre boutique. Ça sera plus hygiénique. Et promis je t’épargne le porte-jarretelle… »  lui lançais-je d’une voix légère.


A l’intérieur de la cabine, je riais en silence. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ris de bon cœur. Ça faisait du bien un peu de douceur dans ce monde de brutes. Je ressortis un peu plus tard avec cinq tee-shirts, deux pantalons et une veste.

« Il faudra que tu m’avances de dix euros, la pharmacie m'a ruiné. »





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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Jeu 31 Juil - 3:48

La plus puissante des armes destructrices ? Les mots.




Je sentais que cette journée allait franchement être bizarre, et que ni elle, ni moi allions en ressortir tout à fait indemnes. Vous savez, cette sensation d'avoir un drôle de pressentiment ? C'est exactement ça que je ressentais actuellement. Je passais de l'état perturbée à celui de joyeuse, avant de replonger dans les émotions négatives. Je n'étais pas dans le coup, alors que je le voulais pourtant … Et cela me faisait faire des erreurs grossières. J'analysais mal, trop succinctement les réactions de Reika, et cela était en train de me coûter cher. Pas nécessairement sur le plan relationnel, mais personnel. Elle n'avait pas l'air de m'en vouloir d'avoir personnifié Deadly à part, mais c'était un sujet sensible dans lequel j'avais complètement mis les pieds dans le plat et détruit tous les objets de porcelaine autour. Je ressentais ses mots faire écho dans mon corps. Elle était calme mais ferme. Mais ce n'était pas son ton de réprimande qui m'atteignait, non … C'étaient ses mots. Ses descriptions. Mon empathie prenait le dessus. Ce qu'elle avait vécu, elle me le faisait vivre au travers de son histoire, de sa voix. La douleur permettait donc à Deadly de garder le contrôle ? Et si c'était ça, l'origine de sa présence ? Et si c'était parce que Reika souffrait que Deadly arrivait à sortir ? Apparemment, d'après ma protégée, cela semblait correspondre, lorsqu'elle était triste, qu'elle était perdue ou qu'elle avait peur … Tous ces sentiments étaient reliés à une même chose : la souffrance. L'être humain souffre lorsqu'il pleure, il souffre lorsqu'il ne sait pas quoi faire, il souffre lorsqu'il est terrorisé et qu'il s'imagine mourir ou se faire blesser. C'était peut-être la solution … ? Faire en sorte que ma rousse soit protégée de toute douleur … C'était peine perdue.


L'humain est voué à se faire du mal. Il a été conçu pour vivre en société, mais l'individualisme et l'égoïsme de chacun fait qu'ils se marchent les uns sur les autres. Ils se détruisent mutuellement, dans un cercle vicieux lui-même entrelacé dans une spirale funeste. Je n'ai pas foi en l'humanité. Paradoxal, n'est-ce pas ? Et pourtant, malgré ce manque de foi, je suis là, avec une adolescente dont je suis apparemment le seul espoir, en train de l'aider. Ou tout du moins, faire de mon mieux pour lui apporter mon aide. Je me torturais déjà beaucoup trop. J'étais allée bien trop loin dans mon implication. Et ce n'était que la deuxième fois que je te voyais, Reika … Pourquoi est-ce que je me jette corps et âme dans cette bataille que je ne pourrais jamais gagner ? Si ma piste est la bonne … Alors il n'y a pas de remède. Il n'y a pas de solution. Bien sûr, il en existera des  temporaires, mais jamais de définitive. Tant qu'il y aura des humains, il y aura de la peine et de la souffrance. Tant qu'il y aura des humains, il y aura de la haine et de la violence. Mais tant que je serais en vie, je lutterais de toutes mes forces pour préserver Reika de tout ça. Il était hors de question qu'on la touche ou qu'on lui fasse du mal. Je répondis d'un petit signe de la tête à sa réprimande, comme honteuse d'avoir gaffé. Deadly n'existait que lorsqu'elle prenait le contrôle de son corps, c'est noté.


Maintenant, nous avions inversé les rôles. C'était moi qui souriais, et elle qui avait l'air honteuse. Elle semblait si enfantine, à fixer ses pieds, rouge comme une pivoine … Comme si elle retombait en enfance. Etait-ce donc au final un sentiment maternel que je ressentais pour Reika ? Peut-être … C'était ce qui me semblait le plus clair. Mais cet attachement me posait trop de questions auxquelles je n'arrivais pas à répondre. Leurs solutions m'échappaient totalement. Excès de zèle, destinée, âmes liées, coup de cœur … ? Tant de possibilités et si peu de données pour enfin mettre un terme à ce tourment que je m'infligeais depuis que j'ai posé les yeux sur elle et que je sais en partie ce qu'elle a vécu ...C'était infernal. Chassant ces idées négatives de ma tête, je l'avais taquinée avec mon hypothèse de départ. Sa réponse ne me déçut pas : c'était maintenant certain qu'elle s'était attachée à moi. Je souriais légèrement. Reika, tu es si mignonne à rougir comme ça pour si peu … Pour si peu … C'était assez étonnant d'ailleurs. Elle n'avait pas rougi lorsqu'elle m'avait parlé en vitesse de sa relation d'amitié avec Missa. Certes, j'étais son éducatrice personnelle, mais … Se pourrait-il qu'elle ait d'autres idées derrière la tête ? Me voyait-elle différemment du fait de mon statut ? Qui étais-je pour elle ? C'est pour cela que je lui avais en fait posé ma question. Je voulais savoir ce qu'elle pensait de moi. Et autant je ne fus pas déçue de sa réaction à ma taquinerie, là je fus totalement frustrée qu'elle ait éludé ma question.


Une femme envahissante, alors que c'était elle qui m'avait invitée à faire les boutiques auprès d'elle ? Pourquoi tu te caches derrière ce masque, Reika ? Qu'as-tu à cacher ? Qu'est-ce que tu crois accomplir en me sortant la carte de la distance ? Tu crois peut-être que je vais abandonner et que je resterai loin de toi ? La réponse est non. Tu auras beau me rejeter le plus loin possible, je serai toujours dans ton ombre, sois-en assurée. Ton comportement ne colle pas à ce que tu souhaites. Tu sais pertinemment qu'à l'heure actuelle, je suis ta seule lueur d'espoir. Alors pourquoi vouloir s'en débarrasser ? Tu n'es pas logique, Reika, pas du tout. Tu es paradoxale. Je veux bien que tu aies peur de t'attacher, mais c'est déjà la cas. Refuser d'admettre la vérité ne te fera que du mal. Et te faire du mal, c'est la porte ouverte à Deadly. Tu le sais, alors pourquoi fais-tu ça inutilement ? Mystère … Je lui dis d'un ton calme et doux, fidèle à moi-même :



« Une femme envahissante avec qui tu aimes visiblement la compagnie … Ca ne te va pas de te cacher. Tu voulais qu'on soit honnêtes entre nous, non ? Tu en as honte ? »


Je voulais attirer son attention sur la futilité de se cacher honteusement derrière ses sentiments. Si elle m'appréciait, qu'elle me le dise … Pourquoi fallait-il toujours compliquer les choses ? Il suffisait simplement de quelques mots pour arrêter les tortures inutiles … Et surtout, limiter les risques d'apparition de Deadly. Je savais qu'un jour j'y ferai face, mais je n'avais pas envie de la voir maintenant. J'avais assez à faire avec ma rousse, et j'avais l'impression que quelque chose m'échappait. Quelque chose d'essentiel. Elle me répondit à propos des vêtements qu'elle portait. Et j'aurais préféré ne jamais lui avoir posé cette question, au final. Elle me renvoya en pleine face son passé de prostitution. Et ses mots, la tournure de ses phrases me firent mal. Horriblement mal. C'était comme si on m'avait transpercé le cerveau d'un millier d'épines, et qu'on s'était saisi de mon cœur dans sa paume, le serrant de plus en plus fort. J'avais envie de vomir. J'avais mal au ventre, au cœur et à la tête. Ca m'avait frappé de plein fouet. Ca m'avait tellement prise au dépourvu que mes réactions furent visibles tout le long de mes pensées sur mon visage. J'étais blessée, profondément. Je fis volte-face, encaissant la douleur et la violence du choc. Mes yeux s'embuèrent de larmes, qui roulèrent finalement sur mes joues. Heureusement qu'elle ne me voyait plus, puisque je prétextais m'intéresser à quelques articles tout en lui tournant le dos. Ma gorge se nouait, ma bouche s'asséchait. Instinctivement, ma main se posa au niveau de mon cœur, et le serra doucement mais fermement par-dessus ma veste. Je baissai la tête, fermant les yeux, me retournant et allant me réfugier dans la cabine juste à côté de la sienne. Je faisais tout pour retenir mes sanglots, mais sans grand succès. Reika devait m'entendre … Elle me lança une taquinerie plus gentille, mais je n'avais plus envie de rire.


J'étais vraiment atteinte. Quelque chose s'était cassé en moi, je le sentais très clairement. Reika, pourquoi as-tu fais ça ? Pourquoi le prends-tu autant à la légère ? Ca ne te fait donc rien d'avoir été considérée comme un objet ? Un simple objet, un jouet qu'on s'amuse à casser encore et encore pour sa seule satisfaction ? Je me doute que c'était une nécessité vu que tu as vécu dans la rue, mais pourquoi avoir choisi ces mots … ? Ne me dit pas que cela t'avait plu, je ne te croirai pas. A quoi tu jouais !? Tu voulais te venger de ma taquinerie ? C'était réussi. Et pourtant, je ne t'en voulais pas. Je restais là, assise, vidant mon corps de ses larmes petit à petit, le plus silencieusement possible. Je pleurais, elle riait. Se doutait-elle du mal qu'elle venait de me causer ? Non, je ne pense pas ... Cela dura quelques minutes, avant que le torrent se tarisse. M'essuyant le visage avec un mouchoir, je sortis de la cabine une fois calmée. Reika était là. Je lui fis un sourire pour la rassurer, si elle m'avait entendue. Je ne voulais pas qu'elle s'en soit aperçue, mais bon … Sait-on jamais. Pour lui prouver que c'était passé le cas échéant, je rebondis sur ce qu'elle m'avait dit dans sa cabine sur un air
léger et joyeux. Sortant un billet de dix, je lui répondis.



« Dix euros … Les voilà. Pourquoi tu voudrais m’épargner le porte-jarretelles ? Ca ne te plaît pas comme sous-vêtements ? Tu préfères plutôt quoi ? »


C'était intime et osé comme question, mais ce n'était pas important. Après tout, nous étions deux filles, on pouvait tout à fait discuter de ça … En plus, nous avions la même taille. Nous pourrions très bien nous échanger des vêtements si elle le voulait. J'avais quelques ensembles de sous-vêtements que je n'avais jamais mis, pour certaines raisons que je n'étalerai pas. Autant qu'ils servent à quelqu'un qui les utiliserait, non ?

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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Lun 4 Aoû - 4:50



Même derrière mon masque, Eirin voyait juste comme toujours. J’avais beau me montrer froide et distante, la jeune femme s’entêtait à vouloir se rapprocher de moi. C’était son travail, certes. Après tout à quoi m’attendais-je ? A ce qu’elle prononce deux mots magique et pouf ! Plus de Deadly ! Sérieusement ?...


« Une femme envahissante avec qui tu aimes visiblement la compagnie … Ca ne te va pas de te cacher. Tu voulais qu'on soit honnêtes entre nous, non ? Tu en as honte ? »


« Honte de quoi ? Je ne vois pas pourquoi. C’est juste… une ancienne habitude. »


Elle a raison. Je devais faire l’effort d’être honnête envers elle et surtout envers moi-même. Je lui devais au moins ça. Après tout, elle allait tout donner pour m’aider et ce, je le rappelle, au péril de sa vie. Une crise non maîtrisée et c’est fini. Cette simple pensée me fit frissonner. Il n’était pas question que cela se produise, plus jamais. Tuer quelqu’un est une chose mais si en plus cette dernière voulait naïvement vous aider… Je ne pourrais pas le pardonner à Deadly et surtout je ne pourrais pas ME le pardonner. J’étais malgré moi responsable des actions de mon parasite et c’était à moi de la contrôler, brider son emprise sur moi, et la faire taire à tout jamais.


Pourquoi veux-tu absolument que je disparaisse ? Tu ne comprends pas que je fais tout ça dans notre intérêt. Cette femme derrière le rideau de la cabine n’est pas ton amie ! Elle ne le sera jamais, elle se sert juste de toi et se servira de ton cas pour propulser sa carrière une fois que vous m’aurez tuée. Une fois que je ne serais plus là, elle partira et tu seras de nouveau seule, comme avant ma naissance.


Il est vrai que je n’y avais pas pensé mais elle avait raison. Une fois guérie, Eirin partira et nous nous comprendrons moins bien Missa et moi. Je serai peut-être seule mais ça sera au moins pour moi l’occasion de tourner une page de ma vie, d’avoir un nouveau départ et d’être enfin… comme les autres. Je quitterai surement Kyrie comme j’aurai la majorité et j’irai vivre ailleurs. Ça ressemblait plus à un rêve qu’autre chose présentement et malheureusement, cette délicieuse utopie me laissait un goût amer en bouche. Je devais redescendre sur Terre. Soudain je me rendis compte qu’il y avait un drôle de bruit de fond et pas n’importe lequel : il s’agissait de pleurs. Qui pouvait bien fondre en larmes ici ? Était-ce Eirin ? En tendant l’oreille, j’arrive à localiser leur source : la cabine juste à côté de moi. Ça ne pouvait pas être elle, elle m’attendait en face… N’est ce pas ?

En sortant de la cabine d’essayage, je remarque l’absence de mon éducatrice. Alors c’était vraiment elle qui… qui… Était-ce de ma faute ? Je m’en suis immédiatement voulu. Peut-être que je n’aurais pas dû lui parler comme ça. Je devais m’excuser et, alors que je m’apprêtais à tirer le rideau, elle sortit avant et me tendit un billet.


« Dix euros … Les voilà. Pourquoi tu voudrais m’épargner le porte-jarretelles ? Ça ne te plaît pas comme sous-vêtements ? Tu préfères plutôt quoi ? »


« Euh je… enfin… J’en ai jamais vraiment porté. C’était trop cher et je préférais claquer mon fric dans un bon sandwich. Je n’ai donc pas vraiment de préférence. Je ne connais que des sous-vêtements classiques… »


Je me sentais bizarre de ressasser mon ancienne vie de précarité à présent. Mais elle avait l’air de vouloir en savoir un peu plus et j’allais jouer le jeu en évitant à présent d’évoquer mon ancien gagne-pain. Je me dirige donc à la caisse accompagnée de la jeune femme aux yeux encore rouges puis nous sortons, les articles glissés dans mon sac.


« Si t’es prête à m’avancer un peu plus, je pourrais bien me laisser tenter par ce genre d’article. »


Nous arrivâmes enfin devant une boutique de lingerie. L’intérieur possède une décoration très féminine, pour ne pas dire trop et l’air empestait le parfum de la vendeuse. Qu’importe, je ne comptais pas y rester trop longtemps. Sans plus attendre, je commence à arpenter les rayons et à choisir plusieurs articles plus ou moins frivoles. Une fois ma sélection faite, je reprends place dans une cabine et essaye les dessous.


« Tu me donneras ton avis Eirin. » l’avertis-je avant de sortir dans une première tenue.


J’avais revêtu une guêpière violette accompagnée de chaussettes hautes noires qui moulaient parfaitement mes courbes. Je fixe la jeune femme en mimant un défilé.


« Un peu trop non ? »


J’esquisse un léger sourire et retourne me changer, ressortant peu après avec le fameux porte-jarretelles blanc. J’avoue avoir pris ce dernier pour la blague même si je dois admettre qu’il me sied à merveille également. Mais une fois de plus, il était bien trop voyant par rapport à ce que je portais habituellement. Je ris devant l’éducatrice.


« Fini de jouer, je vais choisir de vrais dessous « mettables » à présent » lui promis-je en retournant essayer autre chose.


Je ressortis finalement avec un simple ensemble en dentelle noire.


« Et celui-là qu’en penses-tu ? Le shorty est plutôt sympa non ?»


Je me regarde un moment dans la glace. Je ne voyais face à moi qu’une jeune fille au corps abîmé qui essayait de se mettre en valeur mais le vêtement ne faisait pas tout. Ces cicatrices. Mes cicatrices sur mes bras, mes jambes, mon ventre et mon cou. Maintenant que je me voyais ainsi, je trouvais le contraste bien ridicule. Est-ce ce qu’on appelle un complexe ? Surement. Je me sentais bête à vouloir essayer d’être jolie, je n’y arriverai jamais. Pas avec toutes ces marques blanches sur ma peau.


« Oublie, on s’en va. » déclarais-je en me rhabillant et en laissant tous les articles dans la cabine.


Je repars rapidement, le regard rivé sur le sol. Je n’avais jamais fait attention à moi. Des vêtements étaient des vêtements et des sous-vêtements, des sous-vêtements. Pourquoi vouloir d’un coup faire attention à ce genre de chose ? Surtout quand on sait le corps que je possède. Toutes ces blessures témoignant de la présence de Deadly, des crimes qu’elle a commis, du sang sur mes mains. C’était tout simplement stupide.


« J’imagine que tu ne veux pas rentrer maintenant. Moi non plus. Allons à la buvette juste à côté ou si tu as des emplettes à faire aussi c’est le moment. » lui proposais-je.





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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Jeu 7 Aoû - 15:53

Changements impossibles




Quelque chose m'avait effleuré l'esprit pendant que je pleurais pour évacuer la douleur que Reika venait de m'infliger, plus ou moins consciemment, suite à ce qu'elle m'avait dit un peu plus tôt. Se cacher était une habitude pour elle ? Pour se défendre ou se mentir à elle-même ? Elle s'enfermait dans une bulle de mensonges contre les autres, mais pas que. Elle s'y emprisonnait seule, et c'est pour cela qu'elle était aussi seule. Mais je pouvais comprendre les raisons qui l'ont poussée à faire ça. La peur de tuer à nouveau, de laisser Deadly remporter une victoire de plus sur son esprit, de reprendre conscience baignant dans le sang d'une victime de plus … Il y avait de quoi traumatiser. Je ne pouvais pas lui en vouloir, de toute façon. Ses intentions étaient louables à l'origine, puisqu'elle voulait protéger les autres et se protéger elle-même. Mais Reika, tu oublies une chose … S'isoler, ce n'est pas une solution. Seule, tu ne t'en sortiras jamais. Seule, Deadly sera ton unique compagnie. Seule, tu ne pourras l'empêcher de sorti de son antre et de te dominer. Car seule, tu douteras, tu seras triste d'être abandonnée, tu auras peur de mourir sans que personne ne se soucie de ça. Et ça, je ne le permettrai pas. Tu as beau tenter de me repousser tout en m'attirant à toi, tu veux de mon aide sans reconnaître la vouloir, tu as beau faire celle qui se fiche de ma présence et me blesse, je sais qu'au final, tu es bien contente que je sois là, tu crois en moi et ma capacité à t'aider. Tu as foi en moi, et je ne compte pas te décevoir, ma rousse. Ca, tu peux en être assurée.


Revigorée par ces pensées, je séchais mes larmes, et sortis de la cabine enfin. Elle avait l'air surprise un peu, les bras ballants comme si elle allait ouvrir les rideaux de ma cabine. Apparemment, je fus plus rapide. Elle m'indiqua, encore un peu étonnée, qu'elle ne s'était jamais vraiment intéressée aux sous-vêtements un peu plus élaborés qu'une culotte et un soutien-gorge .. C'était compréhensible en fin de compte, j'aurais dû y penser plus tôt … Après tout, elle avait vécu une grande parti de sa vie dans la rue. Elle n'avait pas forcément de quoi s'en acheter, préférant manger, comme elle me le confirma. Je ne répondis rien à ça, baissant légèrement la tête, un sourire triste sur les lèvres. Quelque part, une partie de moi refusait le fait qu'elle a dû vivre comme elle a vécu pour survivre. Qu'on l'ait traitée comme un vulgaire morceau de viande à farcir. Qu'elle ait connu la faim, le froid, la maladie peut-être, et probablement d'autres choses peu recommandables, ça m'était insupportable. Inconsciemment, ma main s'était placée sur ma poitrine, au niveau de mon cœur, et serrait a veste avec force. Oui, j'avais mal de savoir que ma Reika avait eu cette vie-là, alors qu'elle ne l méritait tout simplement pas. C'était injuste : elle voulait s'en sortir, mais au lieu d'avoir des solutions, elle a eu d'autres problèmes. Pourquoi ce sont toujours les personnes les plus volontaires et méritantes qui s'en prenaient plein la gueule ? Fallait-il vraiment être un rebut de la société pour vivre heureux ? C'était triste de penser comme cela, mais apparemment, c'était ce qui se passait …



« Pourquoi pas, je veux bien te faire un petit cadeau après tout. Tu n'as pas dû en avoir beaucoup, alors c'est l'occasion de te faire plaisir. »


J'avais donc payé pour ses quelques vêtements. La jeune adolescente m'entraîna ensuite dans une boutique de lingerie. Instantanément, j'éternuais. Plusieurs fois de suite. Le parfum de l'unique vendeuse était vraiment fort … J'avais du mal avec ça. Ca me piquait le nez, et mes yeux, déjà rougis par ma petite crise de larmes de tout à l'heure me brûlaient légèrement. Oh non, ne me dites pas que je faisais une allergie … Ce serait le comble. En soupirant un peu et me mouchant, je suivis la jeune rousse, après avoir jeté le mouchoir dans une poubelle à l'entrée. Ma protégée m'avertit qu'elle me demanderait mon avis, tout en se faisant une petite sélection d'articles. Je crus observer que Reika regardait attentivement là où mes yeux se posaient et où je manifestais de l'intérêt sur les articles que je voyais pour choisir quelque chose d'à peu près correspondant. Soit je psychotais, soit effectivement elle choisissait sciemment dans mes goûts pour ME plaire. Mais qu'est-ce que je suis en train de penser, là … Je psychotais. C'était clair, net et précis. J'éternuais encore un peu pendant qu'elle se changeait, puis je faillis m'étouffer en la voyant ressortir. Oh mon dieu. Je frissonnais fortement en la voyant ainsi vêtue. Les chaussettes hautes, c'était clairement mon péché mignon. Et là, associé à cette guêpière, qui laissait un peu de transparent … Une douce chaleur m'électrisa, des pieds à la tête.


« Euh … Ben, je … Non … Non, c'est vraiment … Ca te va bien … Très bien même ... »


Trop bien, j'aurai dit. En plus, elle me faisait un vrai défilé, avec quelques poses … Non, stop, stop, STOP Eirin ! Je la vis sourire, visiblement satisfaite de l'effet qu'elle avait sur moi dans ces tenues. Lorsqu'elle rentra dans la cabine, je me mis une grande gifle. Ca au moins, ça me recadrerait les idées en place. Bon sang, elle avait dix ans de moins que moi ! Je ne pouvais pas l'observer comme je venais de le faire ! Et puis … J'avais des instincts … maternels avec elle … non ? Je m'assis, perturbée par ces nouvelles sensations qui venaient en opposition avec ce que j'identifiais jusqu'à présent comme de la maternité. Ce n'était que parce qu'elle portait des sous-vêtements sexy qui me plaisaient, hein ? Oui, c'était sans doute ça. C'était même sûrement ça ! Face à la cabine, j'attendais que Reika sorte à nouveau. Et là encore, je manquais de m'étouffer. Le fameux porte-jarretelles … Blanc, et le soutien-gorge assorti. Et un peu transparent … L'avait-elle vu ? J'ouvris un peu la bouche, ma respiration et mon cœur s'étant tous les deux un peu accélérés. Je rougis un peu, n'arrivant pas à soutenir son regard. J'avais honte, et un peu plus chaud maintenant. Un peu ? Que dis-je … Beaucoup … Et elle se mit à rit devant mon air … Elle se moquait de moi en plus !


« Ca te va superbement bien … Je ne vois pas ce que tu veux dire par mettables, mais bon. Ces ensembles l'étaient tout à fait, tu sais ... »


Non, non et non, ça n'allait pas … Je ne voyais plus ma rousse comme une fille adoptive ou une petite sœur. Je la voyais comme une personne à mon goût. Et ça, ça me faisait peur. Ca me terrorisait, même. Je n'avais pas peur d'aimer, mais c'était le fait qu'elle n'était encore qu'une adolescente, et que j'allais bientôt avoir la trentaine … Je ne pouvais pas être m'attacher à elle comme ça. Mais après tout, ce n'était que son corps, dans ces tenues qui me faisaient cet effet ? Oui, je l'avouais, je ressentais un peu de désir pour elle depuis le début de son défilé. Et ce malgré le fait que j'avais très bien vu ses cicatrices. Je savais qu'elles étaient là. Je les avais vues lors de sa démonstration de mode. Et pourtant, là où d'autres auraient été rebutés, je ne l'étais pas. C'était son corps, le témoignage de son passé, de sa maladie, de son identité. C'était certes un héritage glauque en un sens, mais je lui trouvais un côté fragile. Et il n'y avait que ça qui comptait. Finalement elle revint avec un troisième ensemble, en dentelle noire. Mais … Elle voulait me faire mourir ou quoi !? La dentelle, ce que je préfère … J'en avais moi-même beaucoup dans le style. J'adorais ça. Et cela lui allait tellement bien … Je tremblais un peu, imperceptiblement pour elle, mais je le sentais clairement. Une très légère et douce chaleur naissait en moi. Ce n'était plus le coup de chaud, c'était persistant. Je secouai un peu la tête, un peu plus rouge, ma respiration s'accélérant encore un peu. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas été dans cet état …


« Oui, j'adore. En même temps, la dentelle, c'est ce que je préfère … Ca te va … vraiment bien ... »


Je me levai, essayant de détourner le regard vers d'autres ensembles, avant d'éternuer encore un peu. Je tournai la tête de nouveau vers Reika, qui se regardait dans la glace. Elle avait l'air triste. Je m'approchai d'elle, sachant parfaitement ce qui n'allait pas. Ses « horribles » cicatrices contrastaient tellement avec ses tenues qu'elles devaient la gêner. C'était la première fois qu'elle avait l'occasion de se voir comme ça, dans ce genre de tenues. Peut-être prenait-elle enfin conscience qu'elle était une jeune fille avant toute chose ? Peut-être que s'imaginer qu'au final, elle pouvait faire des choses normales, comme toutes les autres filles de son âge, venait de la percuter de plein fouet ? Mais voilà, elle n'avait pas le corps ni l'esprit d'une adolescente lambda. C'était certainement un problème pour elle.


Le cœur battant, mes yeux rivés sur son corps, elle put me voir arriver à mon tour, derrière elle, dans le reflet de la glace. Mes doigts fins effleurèrent sa peau, à chaque endroit où je pouvais voir une cicatrice. Je commençai par celles sur ses bras, faisant le tracé lentement, délicatement, toujours en fixant ce corps abîmé mais plaisant à regarder. Puis celles que je pouvais atteindre sans trop me baisser sur ses jambes. Je remontai ensuite, la retournant doucement, touchant son cou là où Deadly l'avait brutalisée. Elle avait dû souffrir et passer très près de la mort plus d'une fois … La pauvre … Mes yeux se posèrent sur son ventre nu, là où une énorme balafre la taillait. Je la touchai à cet endroit aussi, y plaçant ma main paume à plat, les yeux rivés dessus. Pour finir, je la regardai dans les yeux, retirant ma main de son ventre, caressant du revers de l'index et du majeur sa dernière cicatrice sur sa joue. Elle se défit de ce moment, se rhabillant dans la cabine. Je soupirai lorsqu'elle me dit d'oublier. La regardant partir, l'air honteuse et triste, les yeux rivés sur le sol, je pris toutes les affaires dans la cabine qu'elle avait laissé là. De toute façon, j'avais remarqué pendant qu'elle se rhabillait qu'elle avait retiré ses propres sous-vêtements pour essayer ceux de la boutique. Je ne pouvais pas les laisser ici, alors j'allais les lui offrir tout de même. Question d'hygiène, mais aussi parce qu'elle les portait très bien. Vraiment bien même, et qu'elle aussi, elle avait le droit de se faire plaisir et de plaire. Après avoir payé les articles, je rejoignis Reika, cachant le sac dans mon dos. Je m'assis à côté d'elle, sur un banc de la galerie marchande, toujours en cachant le sac plein d'ensembles sexy. Je souris lorsqu'elle prit la parole. Elle parlait pour moi, c'était mignon.



« Ah, tu imagines que JE ne veux pas rentrer maintenant ? Depuis quand tu parles pour moi ? Mais tu as raison pour cette fois. Je n'ai … Ah … Ah … ATCHOUM ! »


Petite crise d'éternuements. Je faisais bel et bien une foutue allergie, super … En soupirant, je sortis de ma poche des antihistaminiques. Problème : je n'avais pas d'eau. J'avais oublié ma bouteille à mon bungalow. Bravo Eirin, toi qui es censée penser à tout … J'avais les yeux qui me brûlaient maintenant, et je n'arrêtais pas de cligner des yeux. Super, je devais ressembler à un zombie maintenant.


« Désolée, je fais une petite allergie au parfum de la vendeuse je crois … Va pour la buvette. Tu as faim, soif ? Tu veux qu'on partage une glace peut-être ? Après, j'aimerais bien faire un magasin d'intérieur, mon grand bungalow est un peu vide et triste, comme je suis toute seule dedans et qu'il est prévu pour trois personnes … J'ai envie de le décorer un petit peu. Tu pouras m'aider comme ça à choisir quelques petites choses, qu'est-ce que tu en dis ?  Oh et tant que j'y pense, tiens. Je te les offre. Ils te vont à ravir, vraiment, et puis de toute façon comme tu les as porté directement sans tes propres sous-vêtements, les règles d'hygiène font qu'ils auraient été incompatibles à la vente. Considère ça comme un cadeau de ma part ... »


Oui, drôle de cadeau. Mais c'en était un tout de même. Je lui tendis le sac, toute souriante. Puis, nous allâmes vers la buvette, et j'y achetai une bouteille d'eau, prenant également ce que voulait Reika dans ma commande. Je pris mes médicaments, et alla m'installer à une table à deux. Nous étions les seules clientes à cette heure. Je m'attendais à ce qu'elle me pose des questions sur pourquoi j'avais effleuré ses cicatrices tout à l'heure, alors je me préparais à y répondre. Reste à voir si cela n'avait pas trop mis la jeune rousse mal à l'aise, ou si elle ne voulait pas en parler. Nous verrons bien cela.

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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Lun 25 Aoû - 3:18


 

A la sortie de la petite boutique de lingerie, je me sentais un peu bizarre. C’était un sentiment indescriptible mais je savais qu’est ce qui en était la cause : Eirin. L’épisode dans la cabine m’avait perturbé. Alors que je me trouvais bien ridicule dans cette lingerie fine, l’éducatrice peu farouche est entrée et a commencé à caresser chacune de mes cicatrices comme si elle avait tout de suite su quelle était l’origine de ma gêne. Sa main chaude effleurant ma peau abîmée effectuant comme un touché salvateur. Cela m’avait tout d’abord surprise. Ce contact doux et presque intime… Non je devais m’imaginer des choses. Pourtant son regard dans le miroir ne mentait pas : elle m’observait et m’admirait ainsi, pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie belle.

Seulement à présent, c’est le fait que ce soit la jeune femme qui m’ait fait ressentir ça qui me perturbe. N’avions-nous pas franchis une certaine limite ? A moins que ce ne soit complètement innocent et dans ce cas-là j’avais faux sur toute la ligne ? Je ne savais pas vraiment. Comme je n’avais pas vraiment d’amis, je ne peux pas réellement savoir où sont ces limites. Non, je devais surement me tromper. Après tout, n’était-elle pas de dix ans mon ainée ? Une telle chose était donc absurde… n’est-ce pas ? Pourtant, après toutes ces années à la rue, si j’ai bien appris une chose c’est de faire confiance à mon instinct et ce dernier me hurlait que mes relations avec Eirin n’étaient plus celles de simples éducatrice-délinquante. Je ne pouvais m’enlever de la tête son regard ardent parcourant mon corps avec une lueur d’envie, de… désir ? Je rougis à cette idée. Vraiment il faut que j’arrête de me faire des films bizarres de la sorte. J’étais en manque ou quoi ?


« Ah, tu imagines que JE ne veux pas rentrer maintenant ? Depuis quand tu parles pour moi ? Mais tu as raison pour cette fois. Je n'ai … Ah … Ah … ATCHOUM ! »


Les éternuements intempestifs de la jeune femme me ramenèrent à la réalité. Elle faisait une allergie au parfum ? Je savais qu’on n’aurait pas dû aller dans cette boutique. Toutefois, elle concède à me suivre à la buvette pour se poser y prendre un pot tout en me proposant de continuer nos emplettes vers des magasins d’aménagement où elle pourra y choisir des meubles pour son bungalow. Il est vrai qu’elle n'était arrivée que récemment pourtant j’ai l’impression qu’elle est là depuis toujours, elle fait entièrement partie de Kyrie. On dirait que je me suis attachée… peut être un peu trop ? Pour l’instant je ne veux pas y penser, je devais passer la journée avec elle alors pourquoi me torturer l’esprit ? Autant s’amuser un maximum.

Soudain, elle me tend un mystérieux paquet dont le logo est loin de m’être inconnu. Ne me dites pas que… Et si. Elle avait profité de mon inattention pour acheter mes essais et me les offrir par la suite. Je demeure hébétée quelques secondes devant le sac en papier plein de lingerie fine.  Finalement je le pose à côté de moi.


« Tu n’aurais pas dû… »


Pourtant au fond de moi, ça me faisait plaisir. Quelque part, si elle me les avait offert, c’est qu’elle me trouvait belle, attirante… Peut-être qu’elle veut me voir une nouvelle fois dedans ?... Et on retourne à mes doutes. Reika arrête de te faire des idées ! Si j’avais pu, je me serais rafraîchi les idées en me collant une beigne mais bon… pas la peine de paraître encore plus folle. Je bois mon cola glacé en espérant me reprendre mais c’est moi ou il faut chaud là ?


« Bon allons y. Sinon on ne rentrera jamais. »


J’avais besoin de bouger, je me sentais vraiment de plus en plus bizarre et impossible de mettre les mots dessus. Mais après tout, avais-je vraiment envie de savoir ? Je pense déjà avoir peur de ma réponse. Il fallait que je me change les idées. Décidément qu’est ce qui n’allait pas chez moi ?! Je saisis mon sac avec le paquet de lingerie et me lève, entraînant Eirin avec moi.


« Pour tes meubles tu as une idée précise de ce que tu veux ? Déjà je suppose qu’il faudra des meubles pas trop imposants… et pas trop cher ? Tu préfères quelque chose de coloré ou sobre ? Moderne ou rustique ? On se fera livrer le mobilier à Kyrie. »


Mes paroles s’enchaînent comme pour cacher mon malaise. Ça devait se voir comme le nez au milieu de la figure. J’espère juste qu’elle ne me posera pas de question là-dessus. De toute façon si elle le fait, je ferai tout pour ignorer sa question. Elle lisait si facilement en moi que ça me faisait presque peur. Mais quelque part c’était également rassurant : elle me comprenait et ça me soulageait. Nous arrivâmes finalement devant la boutique dans laquelle je jette un œil.


« Y’a pas beaucoup de clients, allons-y. Si tu sais ce que tu veux, ça sera vite réglé non ? »





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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Mer 27 Aoû - 0:25

Trop loin ...?




Je repensais encore à ce moment privilégié entre nous dans cette cabine. Le temps s'était arrêté à ce moment-là, je le ressentais comme tel. Mais qu'est-ce que j'avais bien pu faire … ? Avec le recul, j'étais allée bien trop loin. Est-ce que je devais me rattraper et remettre un peu de distance entre elle et moi ? Ce n'était pas trop tard, si ? Tout ça c'était ma faute, évidemment.A trop prendre les choses à cœur, on en arrive à faire des erreurs de jugement. J'en avais fait une. Chouette pour une débutante … Première interne, première bourde. Bravo Eirin. La prochaine fois, reste à ta place d'éducatrice. Tu n'es pas là pour copiner avec les internes. Où était le juste équilibre ? Est-ce que je devais être omniprésente, mais inaccessible, ou rester loin d'eux tout en restant disponible à chaque instant ? Ma plus grande peur à l'heure actuelle, c'était que Reika ne se soit trop attachée à moi, au point qu'elle dépende de moi. Le jour où j'aurais d'autres internes à m'occuper, je ne pourrais plus être là exclusivement pour elle comme je l'étais. C'est ma faute … Et je ne savais pas comment réparer cette erreur. C'était franchement problématique. La dernière des choses que je voulais était de faire du mal à cette petite. Elle avait déjà largement assez souffert pour une vie. Et si elle se trompait déjà vis-à-vis de ma proximité avec elle ? S'imaginait-elle des choses entre nous ? Si c'était le cas, alors il était trop tard. Je ne pouvais plus faire marche arrière. C'était terminé, ma faute était irréparable, et je devrais en assumer les conséquences. Mais revenons-en à des pensées plus positives. Après tout, il fallait que je profite un peu de cette après-midi en compagnie de ma belle Reika.


Même si elle ne me l'avait pas forcément montré facialement parlant, je me doutais bien que mon cadeau lui faisait plaisir. Après tout, elle avait eu l'air de vraiment s'amuser à essayer toutes ces petites tenues tout à l'heure. Ces ensembles lui allaient tous bien, malgré ses cicatrices. Mais s'il y avait quelque chose de positif dans ce moment intime passé dans la cabine avec elle, c'est qu'elle avait pris conscience qu'elle était humaine avant tout, et non pas un monstre de foire. Elle avait un corps, deux bras, deux jambes, deux yeux, des cheveux et tout ce qui composait un être humain. Elle avait le droit de plaire. Et elle plaisait à au moins une personne : moi. Je la trouvais plutôt belle, oui, je n'avais aucune honte à l'avouer. Tout comme j'avais trouvé belle la petite sœur de Warren sur la photo de famille qu'il avait gardée, où elle était encore jeune. Je n'avais aucune arrière pensée en pensant cela. Enfin, je l'espère … C'est fou quand même. Autant j'arrive à bien discerner les gens, à les analyser, à les comprendre, je suis presque une étrangère pour moi-même. Ou bien je me mentais simplement ? Je n'avais strictement aucune idée du lien que je partageais avec Reika. Est-ce que j'étais en train de m'engager sur un chemin dangereux et interdit ? Etait-ce simplement de l'ambiguïté ? La seule chose certaine, c'est qu'on s'entendait quand même beaucoup, toutes les deux. Je devrais arrêter de réfléchir comme ça pour le moment. Reika voulait me voir aujourd'hui, je me devais de lui offrir une disponibilité à cent pour cent. Visiblement, elle s'impatientait. Je l'observais en même temps depuis tout à l'heure. Elle semblait … perturbée ? Bizarre ? Mal à l'aise ? Elle devait se poser des questions elle aussi … Et voilà Eirin, bravo, bien joué ! Je soupirai un peu, et me leva, marchant à ses côtés en direction du magasin.



« Oui, j'ai déjà une petite idée. Je voudrai quelque chose de clair, dans les teintes beiges, un peu comme ma veste. Quelque chose d'assez géométrique, plutôt carrées ou rectangulaires. J'aime quand les choses sont ordonnées … Mais depuis quand tu fais l'agent immobilier, ma petite Reika ? »


Je souris, la taquinant un peu volontairement pour la détendre. On dirait vraiment qu'elle avait un balai profondément enfoncé dans les fesses, ça ne collait pas à ce qu'elle m'avait déjà montré.


« Ca devrait être vite fait oui, j'ai besoin d'une table pour manger sur le devant du bungalow, une table de chevet, et pas mal de plantes et quelques tableaux, éventuellement. Je préférerai des paysages froids, enneigés. Ca me rappellera mon pays. Tiens, si jamais tu vois des plantes vertes qui te plaisent, ou quelques trucs de décorations que tu trouves sympas, montre-les moi ... »


Je lui souris, et m'avançais dans les rayons, regardant quelques articles. Reika papillonnait à côté de moi. Je regardais d'abord les plantes. C'est ce qui allait prendre le plus de place. J'en mettais beaucoup, peut-être trop, mais j'aimais ça. Les fleurs m'intéressaient énormément, c'en était devenu une passion. J'avais pris un petit bonsaï pour la future table de chevet. Une plante carnivore également, pour ce qui servait de salon. Comme ça, les mouches et moustiques qui viendraient le midi et le soir autour du repas seraient mangées, et je n'aurais pas à utiliser de produit. J'avais pris un caddie spécial à l'entrée pour pouvoir poser les articles dessus. Je regardai Reika en même temps. Elle était mignonne, à fureter entre les rayons comme ça. J'avais l'impression qu'elle était toute émerveillée un peu, ou qu'elle prenait très à cœur ses recherches.


« Dis, tu avais l'air perturbée tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il y a ? Et ne fuis pas ma question. J'ose espérer que ce n'est pas ma faute, mais si c'est le cas, j'aimerai savoir ce qui ne va pas, que je puisse corriger le tir. Tu sais, tu es ma toute première personne dont je m'occupe pleinement en tant qu'éducatrice, et même moi j'ai encore à apprendre. Et qu ide mieux placé que toi pour me dire ce qui ne va pas ? Soit sincère, s'il te plaît. Je veux savoir si tu veux que je continue comme je le fais, ou si tu veux que je me réajuste un petit peu, je suis ouverte à tes critiques. »


Etait-ce ma façon de faire mon travail qui la mettait mal à l'aise, ou bien était-ce plus personnel ? Je devais savoir. Je voyais bien que tant que je n'avais pas la réponse à cette question, je me torturerai l'esprit. Je prenais la chose trop à cœur, c'était certain … Mais jusqu'à quel point ? Je m'engageais corps et âme comme je le lui avais dit. C'était mal ? Elle devait me le dire. Je crois qu'au final, c'est moi qui me suis perdue en chemin. Et ce n'était que ma première semaine … Allez Eirin, reprends-toi. Tu corrigeras le tir de toute façon. Nous étions à présent dans le rayon des cadres et tableaux. Il y en avait quelques-uns qui représentaient exactement ce que je cherchais : des montagnes enneigées, des forêts de glace, Toronto. Je pris les trois sans discuter, mais si Reika avait des suggestions, j'étais prête à les entendre.


« Tu sais, je serai ravie de te recevoir chez moi après le s cours de temps en temps, si tu le souhaites. Mon bungalow est pour trois personnes à la base, alors tu imagines, je me sens un peu seule. Ca serait sympa et agréable de t'avoir chez moi. Tu es de bonne compagnie, et je t'avoue que je me sens seule. On pourrait faire encore plus ample connaissance là-bas, si ça te dit. »


Je lui souris sincèrement et chaleureusement. Tout ce que je disais, je le pensais. En toute innocence évidemment. Je regardai de nouveau les tableaux, et décidai d'enchaîner avec un autre sujet. Ca me permettrai de lui en dire un peu plus sur moi, si ça l'intéressait.


« J'aime beaucoup la neige. Ca représente tellement de choses pour moi … Tu as déjà pu en voir ? C'est vraiment quelque chose de magnifique et de génial. Comme je viens du Canada, j'ai eu la chance d'en voir très régulièrement. Je me souviens qu'en hiver, souvent le matin, ma mère préparait des pancakes au sirop d'érable. C'est vraiment bon le sirop d'érable. Et puis on peut faire plein de choses avec, ça a beaucoup d'utilité. Je te ferai goûter si tu veux ! »


La neige … Un des symboles phares du Canada. On pensait logiquement au sirop d'érable, aux caribous et à la neige lorsqu'on évoquait mon pays. Et le sirop d'érable … J'avais évoqué ce produit typiquement canadien d'une certaine façon, qui pouvait laisser apercevoir un double sens, mais ça, je ne l'avais pas saisi tout de suite … Quoi qu'il en soit, on s'en servait beaucoup, dans pas mal de recettes. C'était certes un peu cher, mais tellement bon ! Je serai tellement ravie si Reika acceptait de venir de temps en temps me rendre visite, tout comme mes futurs protégés … Je leur ferai un petit déjeuner ou un goûter comme ma mère nous en faisait, à Roxanne et moi. Un peu comme une vraie petite famille …

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MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥] Mer 27 Aoû - 16:59


 

« Oui, j'ai déjà une petite idée. Je voudrais quelque chose de clair, dans les teintes beiges, un peu comme ma veste. Quelque chose d'assez géométrique, plutôt carrées ou rectangulaires. J'aime quand les choses sont ordonnées … Mais depuis quand tu fais l'agent immobilier, ma petite Reika ? »

« Je… Je m’intéresse à tes choix car je vais t’aider à trouver après tout. C’est normal non ? » me défendis-je


Elle voulait donc des articles beiges tout en évitant les courbes. Très bien, j’allais l’aider à trouver ça et pas pour me faire apprécier ou je ne sais quoi, mais juste parce que je lui devais bien ça après lui avoir fait payer mes articles, c’était la moindre des choses. Je vais une liste mentale des articles qu’elle me demande : une table d’extérieur, une table de chevet et de nombreuses plantes et tableaux. Pourquoi pas après tout, j’espère juste réussir à choisir des articles qui lui plaisent et pour cela je devais taper dans le style « paysage de neige et caribou ». Très bien, ca pouvait se faire !


« Pas de soucis, je te donnerai ce que je trouve. »


Après un petit quart d’heure de « patrouillage » intensif entre les rayons, je reviens finalement avec deux plantes : un fuchsia en pot et un yucca d’un mètre ; un petit guéridon en pin et table d’extérieur en métal blanc forgé avec des chaises de jardin assorties. Je pense que ça rendra bien sur son palier. Toute fière de ma trouvaille, je reviens à Eirin pour lui montrer mes choix. Après je m’attaque aux tableaux mais pas de suite car Eirin semble vouloir me parler.


« Dis, tu avais l'air perturbée tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il y a ? Et ne fuis pas ma question. J'ose espérer que ce n'est pas ma faute, mais si c'est le cas, j'aimerai savoir ce qui ne va pas, que je puisse corriger le tir. Tu sais, tu es ma toute première personne dont je m'occupe pleinement en tant qu'éducatrice, et même moi j'ai encore à apprendre. Et qui de mieux placé que toi pour me dire ce qui ne va pas ? Soit sincère, s'il te plaît. Je veux savoir si tu veux que je continue comme je le fais, ou si tu veux que je me réajuste un petit peu, je suis ouverte à tes critiques. »

Moi qui redoutais sa question… Je rougis légèrement. Elle voulait vraiment que je lui dise tout et que je sois sincère avec elle? Une boule se forma dans mon ventre. Devais-je vraiment lui en parler ? Non. Oui. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n’ai jamais su. RHAAAAAA !!!!! Ma tête bouillonne. Allez Reika, t’as réussi à vivre dehors malgré tous les dangers et tu as peur d’une éducatrice ? Sérieusement ? De toute façon je m’inventais une histoire, c’était certain. Jamais elle ne m’approcherait avec de telles intentions. Quelle fille stupide je suis.


«J’étais perturbée pour autre chose. Ne t’inquiètes pas, tu n’as rien à voir avec ça et saches que tu t’en sors bien. » la rassurais-je en évitant son regard.


Ce n’est pas beau de mentir… Tant pis je me rattraperai plus tard. Je dépose les articles dans le chariot d’Eirin sans plus de cérémonie et repars à la recherche de meuble et de tableau. Il faut vraiment que je me calme sinon Super-Educatrice va encore lire dans ma tête et là ça ne sera pas bon, pas bon du tout. Je n’avais pas peur qu’elle découvre mes doutes c’est juste que… ça me gênait. Toutes ces pensées salaces sur Eirin et moi… Je me cogne contre un des rayons et fais tomber des rideaux suspendus. RHA CETTE HISTOIRE ME REND VRAIMENT FOLLE !! Et puis pour une fois ce n’est pas la faute de Deadly. D’ailleurs ça fait un long moment que je ne l’ai pas entendu… C’était plutôt inquiétant. Pourtant je ne pressentais pas qu’elle allait sortir. Comment était-ce possible ? Il faudra absolument que j’en parle à Eirin, ce n’était pas normal d’être… ben justement normale !


« Deadly ?... » Tentais-je de demander à voix haute.


Le vendeur qui m’aidait à ranger les rideaux me regardait d’un drôle d’air. Après tout ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude de ce genre de regard. Je lui fais clairement comprendre de laisser tomber et repars avec une paire de rideaux en lin. Ça devrait lui plaire. Je reviens donc une nouvelle fois vers la jeune femme avec un air plus perplexe que la dernière fois. Où était Deadly ?


« Tu sais, je serai ravie de te recevoir chez moi après les cours de temps en temps, si tu le souhaites. Mon bungalow est pour trois personnes à la base, alors tu imagines, je me sens un peu seule. Ça serait sympa et agréable de t'avoir chez moi. Tu es de bonne compagnie, et je t'avoue que je me sens seule. On pourrait faire encore plus ample connaissance là-bas, si ça te dit. »

« Seule ?... Plus ample connaissance ?... »


J’avais donc raison ? Non je délirais. Ce n’était pas possible. Je commençais à avoir chaud, ils n’avaient pas la clim dans ce putain de magasin ?! Alors que je me torturais sérieusement l’esprit, j’entends la jeune femme blablater sur de la neige, l’hiver, du sirop d’érable… Que répondre à ça ? D’ailleurs c’est moi ou sa voix était empreinte de désir ?... Je devais absolument partir ou je risquais de faire une bourde.


« Ouais ouais j’aimerai bien aller au Canada. Mais là je dois y aller sinon je… je… je vais louper les maths. A plus tard ! »


Je lui donne les rideaux et cours presque vers la sortie sans même la regarder. Durant ma fuite héroïque je ne peux m’empêcher de me sentir un peu mal quand même. L’abandonner comme ça alors qu’à la base elle aurait dû me ramener à Kyrie au lieu de sécher avec moi. Elle avait été super gentille avec moi depuis le début et en retour je me montrais odieuse. J’avais honte.

J’étais à présent sortie du magasin et je me sentais encore plus mal. Comment rattraper le coup ? Déjà j’allais retourner voir le prof de math et m’excuser, ça me permettra de culpabiliser un peu moins. Soudain, une idée me vint. J’attrape mon téléphone et pianote rapidement sur les touches. Finalement je repars, le sourire aux lèvres. Je me sentais déjà plus légère. Qu’est ce que je pouvais être bête, bien sur que je me faisais des idées !
Mais en attendant, où était Deadly?

FIN






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Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]

MessageSujet: Re: Drôle d'après-midi entre une éducatrice et sa protégée ... [PV Reika ♥]
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